Pourquoi un tel retard sur les small ?

Rédigé le 20 août 2012 par | Biotechs et Medtechs, Mid et Small Caps Imprimer

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Le 26 juillet dernier, je vous donnais quelques conseils de base pour passer un été tranquille car, bien qu’optimiste, il vaut mieux toujours être préparé au pire.

Finalement, le rebond a eu lieu, permettant au CAC 40 de passer en trois semaines de 3 060 à 3 500 points (oui, ca y est, les 3 500 ont été atteints !). Vous faites le calcul, et constatez qu’en moins d’un mois, le CAC 40 a gagné plus de 14% (et 10,50% depuis le 1er janvier). Une spectaculaire performance due essentiellement à un changement psychologique sur les marchés – dû bien évidemment aux quelques petites phrases savamment distillées de Mario Draghi sur la volonté inébranlable de la BCE d’assurer la pérennité de la zone euro. Nous avons donc échappé à un nouvel été meurtrier et les regards se tournent maintenant vers Jackson Hole, où se tiendra à la fin du mois la réunion des banquiers centraux. C’est lors de ce colloque en 2010 que la Fed avait décidé du fameux QE2… En cette mi-août, les marchés anticipent clairement un nouvel afflux de liquidité.

Résultat : nos marchés semblent sur une meilleure pente avec par exemple une détente des taux longs espagnols et italiens. Seul l’euro ne fait pas encore preuve d’une grande vigueur en se traînant autour des 1,2380 mais nos grandes exportatrices ne semblent pas s’en plaindre…

Moi qui suis un grand optimiste – ce qui fait parfois rire du côté de BFM Business quand j’interviens –, j’ai l’impression tout de même que le plus gros de la crise est passé, ce qui n’exclut pas une certaine volatilité et même des périodes de consolidation. N’oubliez pas que l’indice parisien valait plus de 4 000 points début 2011 !

Maintenant, comment ont réagi les mid & small durant cet été d’euphorie ?

Eh bien, les petites et moyennes capitalisations ont connu des parcours très contrastés. L’indice CAC Mid & Small a gagné 6,9% sur la période (5 950/6 360 points) et prend près de 12,50% depuis le 1er janvier. Match quasi-nul contre le CAC 40 donc. Les investisseurs ont surtout racheté les plus grosses capitalisations parmi lesquelles Altran ou encore CNP Assurances et même Faurecia… Et oui ces valeurs figurent dans l’indice Mid & Small aussi bizarre que cela puisse être…

Par contre, la déception est grande sur les small caps avec un compartiment totalement à l’écart de la hausse d’été. L’indice CAC Small n’a pris que 5,3% depuis le 25 juillet et s’adjuge un petit 2,75% depuis le 1er janvier. Pourquoi alors un tel écart, une telle contre performance alors que je ne cesse de vous dire combien le potentiel des small est important ?

Nous allons essayer de comprendre ce phénomène.

Tout d’abord, rappelez-vous les déclarations du patron de la BCE. Si vous êtes un institutionnel ou un gros gérant et que vous avez des dizaines de millions de liquidités à placer… vers quoi allez-vous ? Vous les mettez tout d’abord sur les plus grosses capitalisations – celles qui sont le plus exposées à l’amélioration d’un contexte macro-européen, et notamment sur des bancaires qui avaient lourdement chuté et ont donc d’autant plus fortement rebondi depuis trois semaines (+32%). Or, il n’y a pas de bancaires dans le monde des small caps – si ce n’est la BANQUE TARNEAUD (FR0000065526) ou les Crédit Agricole de région, sur lesquels il n’y a aucun volume.

Secundo, les investisseurs finaux, notamment les gérants de fonds, sont désormais complètement à l’écart des small caps en ce moment et la période estivale n’encourage absolument pas les prises de position.

Enfin, il y a eu très peu de publications dans notre compartiment de référence, contrairement aux valeurs plus importantes. Certes, on a maintenant de nombreux chiffres d’affaires trimestriels mais peu d’indications sur la rentabilité. De sorte qu’il n’est pas aisé dans ces conditions de se positionner. Traditionnellement, la période estivale est très calme sur les small caps et, lorsque j’étais chez Euroland, on nous encourageait vivement à prendre nos vacances au mois d’août pour cause d’absence des gérants.

Cette période de latence devrait durer jusqu’à début septembre, date à laquelle on aura les premiers résultats semestriels et surtout les premières guidances sur l’exercice en cours alors que le PIB de la zone euro s’est contracté de 0,2% au deuxième trimestre en raison de la récession dans les pays du sud. Profitez donc de vos derniers jours de répit, car la rentrée sera brûlante !

Bonne fin de vacances à tous.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

En savoir plus sur La Lettre PEA et Mes Valeurs de Croissance.

7 commentaires pour “Pourquoi un tel retard sur les small ?”

  1. […] je revenais sur l’évolution des indices au cours des dernières semaines. Je vous disais que les small caps n’avaient absolument pas participé à l’allégresse […]

  2. […] Cette désaffection pour les small caps ne manque pas de rendre la profession morose. Jeudi dernier, je me suis rendu à un forum organisé par N-Finance, un broker de plus en plus actif sur le segment des small caps. De nombreux gérants comme ceux de Financière Uzes ou encore de Cogefi étaient présents et me confiaient, dans leur grande majorité, qu’ils se tournaient désormais vers les midcaps car le marché des small était actuellement… […]

  3. […] Cette désaffection pour les small caps ne manque pas de rendre la profession morose. Jeudi dernier, je me suis rendu à un forum organisé par N-Finance, un broker de plus en plus actif sur le segment des small caps. De nombreux gérants comme ceux de Financière Uzes ou encore de Cogefi étaient présents et me confiaient, dans leur grande majorité, qu’ils se tournaient désormais vers les midcaps car le marché des small était actuellement… C’est vrai que les volumes d’échange à part sur des titres comme ARCHOS (FR0000182479) ou autres ARTPRICE.COM (FR0000074783) sont extrêmement faibles sur ce segment. […]

  4. […] n’est pas le seul en ce moment à être dragué par les banques d’affaires. Le désintérêt pour les small caps et le peu de fusions-acquisitions depuis quelques semaines obligent certains banquiers à penser à […]

  5. […] n’est pas le seul en ce moment à être dragué par les banques d’affaires. Le désintérêt pour les small caps et le peu de fusions-acquisitions depuis quelques semaines obligent certains banquiers à penser à […]

  6. […] sur des valeurs liquides, dont ils peuvent se dégager facilement. C’est ce qui explique le retard des small caps depuis quelques mois, comme je vous l’ai déjà dit. Et puis, leurs critères de sélection restent très stricts, […]

  7. […] sur les cours alors que la contrepartie fait défaut ? Eric Lewin en parlait déjà dans ses articles à la mi-août comme étant un souci sur les small […]

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