Pourquoi les small caps sont boudées par les analystes

Rédigé le 3 septembre 2013 par | Mid et Small Caps Imprimer

Moi qui suis un fervent défenseur des small caps – et ça, vous commencez à le savoir –, je trouve aberrant que les valeurs de ce segment boursier bénéficient de si peu de suivi. Certes, Gilbert Dupont, Arkeon, Bryan Garnier ou encore Invest Securities publient encore des analyses financières mais cela reste tout de même anecdotique eu égard au nombre de sociétés cotées.

En fait, pour tout vous dire, en dessous d’un certain niveau de capitalisation boursière, disons 50 millions d’euros, il est extrêmement difficile de trouver des analyses de qualité. Et cela, tout simplement parce que ces petites capitalisations ne font pas suffisamment vivre les brokers. Pour eux, le jeu n’en vaut pas la chandelle et ils rechignent donc à suivre certains titres.

Je m’explique. Parmi les activités propres au brokerage, on trouve tout ce qui a trait aux introductions en Bourse et aux levées de fonds. Bref tout ce qui s’apparente à du primaire où les commissions peuvent être exorbitantes mais dépendent du bon vouloir des émetteurs. Je me rappelle qu’à l’époque de mon passage chez EuroLand Finance, il pouvait être fréquent de prendre 4 à 5% de commission sur certaines opérations…

Prenons un exemple : une levée de fonds classique de 5 millions d’euros pour une IPO. Une telle opération peut générer entre 80 000 et 100 000 euros de commission. C’est énorme. Surtout si on se réfère au secondaire où c’est, jour après jour, un chemin de croix pour faire du courtage. Il faut bien comprendre que certains brokers cassent les prix et travaillent à 10 points de base… Cela veut dire tout simplement que, sur un ordre de 1 million d’euros, le broker touchera 1 000 euros de commission.

Mais, dans le monde des small caps, il est assez difficile de passer des ordres de 1 million d’euros tout simplement parce que les sociétés cotées sont en général trop petites. Il est clair qu’acheter 1 millions d’euros de Total – donc de gagner 1 000 euros – est bien plus facile que de trouver 1 million d’euros de SQLI (FR0011289040). Un broker qui reçoit un ordre de ce type aura bien évidemment un mal fou à l’exécuter…

Voilà pourquoi, à mon sens, les analystes délaissent les small caps. Cela d’autant que, quand un broker publie une analyse positive sur une société, c’est bien parce qu’il a le secret espoir que son titre fasse l’objet d’échanges animés en Bourse.

Prenons un autre exemple : il est 8h30 du matin, l’analyste X publie une étude attractive sur SQLI. Les vendeurs actions vont appeler tous leurs clients pour leur vendre l’idée en espérant que celle-ci générera du courtage. Mais, s’il n’y a pas de titres sur le marché, quel est finalement l’intérêt de publier une telle étude ? Aucun. Vous avez mobilisé un analyste pendant plus de deux jours pour, finalement, faire un courtage minimum. C’est un loose-loose complet.

Pour suivre une valeur peu liquide, le broker ne peut qu’espérer une levée de fonds ou une quelconque opération financière. Mais, si celle-ci n’arrive pas, comme c’est souvent le cas, le client ne rapporte rien. Comment voulez-vous que, dans ces conditions, le patron de la société de brokage encourage son analyste à suivre telle ou telle valeur s’il n’y a ni primaire, ni secondaire ?

Vous comprendrez pourquoi certaines sociétés échappent au radar. Malgré tout l’intérêt qu’elles peuvent présenter, leur manque de liquidité reste handicapant. Cela d’autant plus si aucune opération financière n’est à escompter… Voilà pourquoi de si nombreuses sociétés ne sont pas suivies et pourquoi d’autres sont suivies par des dizaines et des dizaines d’analystes financiers.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

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Un commentaire pour “Pourquoi les small caps sont boudées par les analystes”

  1. Et pourtant il y a de belles pépites @SCConfidentiel: Pourquoi les #smallcaps sont boudées par les analystes… http://t.co/nbuNUp8Lur

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