Pourquoi la Bourse n’a plus rien à voir avec l’investissement

Rédigé le 23 juillet 2012 par | Apprendre la Bourse Imprimer

_____________________Pour vous aider dans vos trades______________________

Les gouvernements et les organismes financiers se préparent au pire… et vous ?

Les gouvernements, les grandes banques se préparent… Ils mettent en place des plans de prévention… se lancent dans des analyses, des projections, etc.

Découvrez vite six mesures d’urgence à prendre avant l’éclatement de la zone euro !

Tous les jours, et dès 16h00 au 0899 88 20 36* Philippe Béchade analyse pour vous les marchés, les rumeurs qui animent les salles de trading, et vous propose SA stratégie pour profiter ou contrer les mouvements boursiers.

L’heure est grave : les vacances approchent ! Il m’a donc paru indispensable de faire quelques mises au point qui, je l’espère, vous seront utiles lorsque, fin de semaine prochaine, vos chroniqueurs habituels interrompront leurs analyses quotidiennes pour deux semaines.

Je voudrais d’abord dissiper tout malentendu en ce qui concerne l’apparente contradiction entre les éléments conjoncturels que je décris et le comportement des indices boursiers.

Certains d’entre vous nous questionnent… sans prendre de gants : « Monsieur Béchade, vous nous décrivez un tableau économique très sombre, des problèmes d’endettement – selon vous insolubles – qui devraient déboucher sur une correction majeure… et, comme par hasard, chaque fois que vous échafaudez des scénarios baissiers, les marchés montent obstinément. Est-ce que vous ne devriez pas changer votre grille de lecture et admettre que les marchés ont finalement raison envers et contre tout ? »

Nous serions alors presque tenté de répondre par une pirouette en déclarant que… « oui et non ». Sauf qu’il est hors de question de considérer que notre diagnostic est erroné… CAR IL NE L’EST PAS. Nous n’affirmerons pas que les marchés se trompent puisque notre interprétation est la bonne. Il ne s’agit absolument pas de cela. Nous allons tout vous expliquer.

Premier élément : le marché ne joue qu’à très court terme

Nous évacuons également l’objection classique : « les marchés anticipent ». Cela fait longtemps qu’ils n’anticipent plus rien, sinon l’évolution des indices au cours des 5 prochaines minutes – soyons gentil, parfois des deux prochaines heures.

Un exemple ?

Tout était sur la table, à la vue de tous en juillet 2008 ou en juin 2011. Si les marchés avaient anticipé quoi que ce soit, ils auraient pris peur face à l’éclatement de la crise des subprime dès 2007 et auraient fui la zone euro dès la découverte (en décembre 2009 et mai 2010) de la faillite imminente de la Grèce et de la dislocation du mythe de l’unicité de valorisation des dettes souveraines de l’Eurozone.

Puisque 50 à 60% des transactions quotidiennes correspondent, depuis 6 ans, à des prises de position intraday, le marché n’a guère à se soucier du lendemain. Rien de fâcheux ne saurait les cueillir à froid durant la nuit. Il ne sert strictement à rien de s’exposer au risque de portage d’une position lorsque l’on appartient à une grande firme de courtage qui commence à travailler à 1 heure du matin en Australie, à 2 heures à Tokyo, Singapour ou Osaka, à 3 heures à Hong-Kong… pour finir à 22 heures à Wall Street et même à 23 heures en transactions électroniques sur le Nasdaq.

En face de chacun de vos trades, il y a de GROS traders

Vous, en tant qu’investisseur ou peut-être même trader actif, achetez et vendez du papier dans l’optique de gagner 10, 15 ou 20% sur une période comprise entre une semaine et un mois environ. Les traders institutionnels, qui vous offrent la contrepartie, auront débouclé leur position symétrique dans la seconde suivante et renouvelleront l’opération plusieurs milliers de fois par jour. La multiplication de ces aller-retour à haute fréquence, associée à des effets de levier qui donnent le vertige, leur permet d’engranger ces mêmes 10, 15 ou 20% avant même que votre avis d’opéré de la veille parvienne dans votre boîte aux lettres… et en maîtrisant presque totalement le risque puisqu’il s’agit d’un enchaînement d’opérations qui ne sont déclenchées que si le gain est quasi-certain (à 99%) au cours des prochaines microsecondes ou des 3 prochaines minutes (en cas de figure haussière identifiée par des logiciels experts).

Mais tout cela n’explique pour l’instant en rien l’apparente « divergence d’appréciation » entre l’actualité macroéconomique, les statistiques d’activité ou de consommation que perçoivent le « petit porteur » et les marchés.

Où sont les capitaux ? Sur un marché parallèle…

Vous avez forcément constaté que les volumes à Paris ne dépassent guère les 2,5 milliards d’euros par jour.

Retranchez déjà 500 millions au fixing de clôture (ce ne sont que des débouclements d’arbitrage) puis 50% de pur trading intraday et vous obtenez des échanges réels inférieurs au milliard de transactions réelles. Rajoutons tout de même 1 milliard (en comptant très large) de transactions sur des plateformes de trading anglo-saxonnes qui ne rentrent pas dans les statistiques d’Euronext et vous obtenez un total moyen de 2 milliards d’euros échangés sur les 40 valeurs du CAC (soit 50 millions par titre), ce qui reste un total ridicule.

Pour vous donner un élément de comparaison, le volume quotidien sur le seul titre APPLE tourne autour de 5 milliards de dollars (8 millions de titres échangés chaque jour en moyenne). Autre exemple, les volumes échangés sur IBM mercredi 18 juillet furent également supérieurs à ceux observés sur la totalité du marché parisien.

Vous devinez aisément que l’essentiel des enjeux financiers ne se matérialise donc pas sur les actions du CAC 40 mais sur ses « dérivés ». Donc principalement sur les ETF, CFD, futures, options ou autres certificats à effet de levier (Turbos).

Et une toute nouvelle classe de dérivés (très complexes dans leur mise en oeuvre, ce qui exclut totalement leur emploi ou même leur compréhension par les investisseurs individuels) vient de naître : les « dérivés de volatilité » qui permettent de miser sur le rapport entre aversion et appétit pour le risque tel qu’il transparaît en analysant les positions acheteuses ou vendeuses sur l’ensemble des dérivés. L’une des stratégies phares des gros traders consiste donc à miser contre le consensus et pousser les cours dans la direction opposée à ceux qui ont élaboré une stratégie directionnelle (en levier à l’achat ou à la vente) sur des instruments à durée de vie limitée.

Je suis sûr que vous commencez à comprendre !

Au-delà même des « mauvaises nouvelles qui en deviennent des bonnes » dont je vous ai parlé la dernière fois, l’analyse de tout ce qui est invisible aux yeux des petits porteurs et de la plupart des gérants d’OPCVM permet de les plumer allégrement en orchestrant un mouvement de cours contrarien.

Rien de plus facile ! Les institutionnels disposent d’une couverture illimitée, de robots permettant de manipuler les carnets d’ordres et, au besoin, quelques titres influençant l’orientation des indices… et surtout, ils lisent dans le jeu de leurs adversaires comme si leurs cartes étaient transparentes.

Cas concret : les mauvaises nouvelles du moment poussent les marchés à la hausse. Logique…

Regardez ce qui se passe en ce moment. Un climat anxiogène lié à des profit warnings, des études économiques négatives et autres incertitudes macroéconomiques, débouche sur la multiplication des couvertures. Lorsque le stock de couvertures devient important, que le consensus devient uniformément baissier, c’est là que les cours se retournent mystérieusement à la hausse. (Le même processus s’applique à un marché qui devient exagérément confiant et qui manifeste une exubérance irrationnelle sur la seule anticipation d’une action des banques centrales… comme cela devient le cas en cette fin de mois de juillet.)

Autre exemple. Très discrètement (furtivement devrions-nous dire), se produit chaque troisième mercredi du mois l’expiration des contrats à terme sur la volatilité (laquelle sert à calculer la valeur des options, si vous voyez où nous voulons en venir). Et, comme par hasard, la plupart des mouvements incompréhensibles aux yeux du commun des mortels ont eu lieu dans les 24H qui ont précédé (ou suivi) de telles expirations.

Il est facile après coup de constater qu’aucune place n’était laissée au hasard. Si les petits porteurs et autres opérateurs secondaires étaient plutôt acheteurs de volatilité (aversion au risque) en début de mois, cette volatilité était impitoyablement laminée par une succession de séances de hausse sans aucun rapport avec la conjoncture. Si, au contraire, les opérateurs s’étaient montrés trop confiants (encouragés par quelques « sommets de la dernière chance » ou quelques bons résultats d’entreprise), les marchés enchaînent les séances de repli ou de capitulation… et les Turbo-calls sont désactivés les uns après les autres.

Attendez que le feu rouge repasse au vert

Conclusion, l’évolution du CAC 40 n’a plus qu’un lointain rapport avec l’actualité du jour et plus aucun rapport avec des anticipations de moyen terme. Tout ce qui est entrepris l’est dans une optique de quelques minutes (trading algorithmique) ou de quelques jours – surtout avant le troisième mercredi du mois.

Nous ne pouvons vous proposer une « loi » permettant de déterminer à coup sûr si la tendance sera bull ou bear durant cette période. Mais sachez simplement qu’il faut s’attendre à des mouvements de cours a priori inexplicables… Eh oui, il est vain et dangereux de s’y opposer.

Si vous êtes pris à contrepied, ne pestez pas contre vous-même, ne maudissez pas le mauvais sort, ne remettez pas en doute votre bon sens, ils ne sont pas en cause. Le marché actions est juste devenu un moyen de plumer les plus petits.

Patientez tout simplement, agissez comme si le feu venait de passer au rouge après avoir été vert 5 secondes alors que vous patientiez déjà depuis 2 minutes. C’est rageant… mais cela a été délibérément programmé pour permettre au bulldozer des stratégies sur volatilité de passer en trombe. Si vous grillez le feu, vous êtes mort ; si vous ne bougez pas, vous aurez juste perdu 3 minutes sur votre planning.

Si vous jouez des Turbos, évitez de les conserver autour du 20 ou 25 du mois si vous n’êtes pas dans le bon sens : rappelez-vous que le feu rouge s’allume… uniquement pour neutraliser la route que vous empruntez en attendant que le bulldozer réduise votre file de voitures à l’état de galettes de métal fumantes.

*1,35 euro par appel + 0,34 euro / minute.
Depuis la Belgique : composez le 09 02 33110, chaque appel vous sera facturé 0,75 euro / minute.

Depuis la Suisse : composez le 0901 801 889, chaque appel vous sera facturé 2 CHF / minute.

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TURBOS : avez-vous besoin d’aide ?

Sébastien Duhamel est spécialiste des produits dérivés comme les Turbos, et il vient de sortir une série gagnante de trois mois !

Après une période aussi troublée que les marchés, notre spécialiste a réajusté sa stratégie et les gains pleuvent : 20%, 55,49%, 23,53%, 40%… 71,43%, 53,33%… 32,72% !

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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