Poulaillon entre enfin en Bourse… par la petite porte

Rédigé le 1 décembre 2015 par | Interviews, IPO, OPA, opérations financières, Toutes les analyses Imprimer

Poulaillon, le spécialiste de la boulangerie et de la restauration rapide, connu, entre autre, pour la Moricette (une mini baguette à base de pâte de bretzel) va donc faire son entrée sur les marchés financiers.

Cependant cette IPO fut loin d’être de tout repos… Aussi un petit historique s’impose. Le 4 novembre dernier, le groupe indique vouloir lever 10 M€ pour financer notamment son programme d’investissements prévoyant un développement du réseau de ses points de vente ou encore la commercialisation d’une eau minérale à grande échelle, tirée de la source Velleminfroy en Haute-Saône…

Jusque-là tout va bien et la fourchette d’introduction en Bourse de l’entreprise alsacienne est alors comprise entre 7,06 et 9,54 €. Et puis patatras : le 19 novembre dernier, le groupe prolonge son offre jusqu’au 26 novembre en baissant fortement sa fourchette de prix de 5,10 € à 6,90 €.

L’épilogue de cette histoire a eu lieu en fin de semaine dernière avec le succès de l’opération moyennant un prix de 5,10 € soit le bas de fourchette pour une levée de fonds de 6,1 M€… Une réussite en demi-teinte, vous en conviendrez, car la levée de fonds est quasiment divisée par deux alors que les besoins financiers sont les mêmes.

Dès lors de nombreuses questions relatives au plan d’investissement se posent face à ce budget limité… Ainsi quelle sera la stratégie dans les eaux minérales ? Le développement hexagonal va-t-il être revu à la baisse ? Il n’y a pas encore de réponses précises à ces interrogations. Et pour l’instant, je ne sais pas si les 72 M€ de chiffre d’affaires, prévus pour 2017, seront vraiment atteints.

De même, Poulaillon indiquait, dans le document officiel de présentation de sa levée de fonds, vouloir distribuer des dividendes d’ici deux ans. Qu’en sera-t-il ? Car entre lever 10 M€ et 6,2 M€, il y a un écart important qui pourrait rien de moins que remettre en cause le business plan.

Il y a eu incontestablement une erreur de diagnostic financier de la part des banquiers de conseils, voire de la société, sur le plan de la valorisation initiale. Mais c’est souvent le propre des IPO, où certains dossiers sont survendus, quitte à enregistrer un effondrement de l’action après, comme par exemple dans le cas de Viadeo (FR0010325241 VIAD).

Bref, ne jetons pas trop fort la pierre à Poulaillon… Car, pour les actionnaires, il vaut clairement bien mieux que l’ajustement se fasse avant l’introduction qu’à sa suite, sous la forme d’une consolidation du titre.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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