Point sur les services pétroliers

Rédigé le 5 février 2013 par | Apprendre la Bourse Imprimer

L’un des faits marquants de la semaine dernière a été le décrochage du secteur des services pétroliers. En cause, le profit warning de l’Italien SAIPEM (IT0000068525) — et la sanction à la Bourse de Milan a été retentissante.

Pendant près d’une heure trente, le titre n’a pas pu coter tant il y avait de vendeurs. Et quand la cotation a finalement pu se faire (vers 10h30 seulement), c’était sur une baisse de 35% ! Dans le détail, qu’est-ce que le marché a sanctionné ?

Grosse rechute de SAIPEM
La compagnie italienne, spécialisée dans la recherche et le forage pétrolier, a revu à la baisse ses prévisions pour 2013. Et pas qu’un peu : les projections du groupe ressortent inférieures de moitié en moyenne par rapport aux attentes des analystes. Cela est dû à des contrats moins rentables d’une part mais également en raison de la réduction de nombre de grands projets dans l’offshore.

Il faut dire que certains éléments propres au groupe italien expliquent cette déconvenue. En effet SAIPEM vient de changer de direction suite à la démission en décembre du directeur général, soupçonné de corruption. Pour les clients potentiels, pas très engageant, vous en conviendrez…

C’est dans ce contexte que l’ensemble du secteur en Europe a plongé mercredi dernier. TECHNIP (FR0000131708) a par exemple chuté de 7%. Les intervenants redoutent que le premier concurrent de SAIPEM ne subisse la même sanction lors de la publication de ses comptes le 21 février prochain. Il faut dire que dès début janvier certains courtiers commençaient à se montrer prudents sur la valeur française.

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C’était par exemple le cas de Cheuvreux qui, le 8 janvier dernier, invitait les investisseurs à la méfiance en dégradant son conseil sur le titre à « sous-performance ». L’intermédiaire financier jugeait alors le consensus beaucoup trop optimiste concernant les objectifs 2013 de TECHNIP. L’actualité sur SAIPEM la semaine dernière semble lui donner raison. CM-CIC craignait d’ailleurs que TECHNIP donne des estimations pour sa branche « subsea » inférieures au consensus.

C’est en effet justement la branche sur laquelle SAIPEM s’est montré particulièrement prudent pour 2013…

Fin de surperformance boursière…
En tant qu’Investisseurs Zen, nous cherchons à rentrer sur ce genre de valeurs chères dans l’idée de les revendre encore plus chères. Mais en ce moment, je pense que le jeu devient dangereux et que le risk/reward d’une prise de position sur la plupart de ces surperformers est défavorable. Dit autrement, il y a un gros risque de baisse en cas de déception.

Le cas de SAIPEM en est un bel exemple. Il faut dire que le PER de SAIPEM était de plus de 25 depuis quelques semaines. Comprenez, le titre paye 25 fois ses bénéfices attendus. Autant dire qu’avec un ratio cours sur bénéfice aussi exorbitant, il n’y a pas de droit à l’erreur. Plus proche de nous, dans le CAC 40, la tendance prise par GEMALTO (NL0000400653) depuis le début de l’année en est une autre illustration.

Aussi belle soit-elle, il faut savoir ne pas surpayer une société en Bourse durant certaines phases de marché.

Pour en revenir au secteur parapétrolier, tout ne me semble pas bon à mettre à la poubelle à ce stade.

Au contraire, une valeur française, qui plus est un peu moins présente dans le « subsea » justement et qui avait déjà rassuré en fin d’année, pourrait bien tirer son épingle du jeu et profiter indirectement d’un remaniement. La valeur en question, avec un PER raisonnable cette fois (autour de 10), pourrait selon moi relativement bien s’en sortir dans les semaines qui viennent.

Si vous voulez en savoir plus et nous rejoindre pour nos prochaines interventions (cela ne vous demandera que 20 minutes maximum chaque lundi soir), c’est par ici.

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Mathieu Lebrun
Mathieu Lebrun
Rédacteur en Chef d'Agora Trading

Mathieu Lebrun est analyste financier. Il commence sa carrière chez Fortis Banque pour intégrer la table de négociations sur devises au sein de la salle des marchés du groupe Natexis Banques Populaires. En 2004, il intègre un cabinet de conseil sur produits dérivés en tant qu’analyste technique et obtient son diplôme d’Analyste Technique délivré par la STA (Society of Technical Analysis).

Depuis près de 10 ans, il s’est forgé une solide expérience sur les marchés financiers. En juin 2013, il décide de créer un service de trading simple et efficace : Agora Trading. Pour ses abonnés, il combine à merveille sa lecture des différentes classes d’actifs et leur corrélation pour en tirer le meilleur. Vous pouvez ainsi vous positionner en toute simplicité, en exploitant des outils de trading ultra-efficaces, les certificats Turbos.

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Un commentaire pour “Point sur les services pétroliers”

  1. Comme déjà mentionnée dans un courriel antérieur, le prix du bbl va se stabiliser durant plusieurs années voir baisser par l’apparition du gaz et du brut de schiste. Et donc tout se qui est développement lié au pétrole (dans le sens large du terme) entre dans une période de « récession »

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