PBOC : Plus qu’une semaine avant le krach express de Pékin?

Rédigé le 12 octobre 2017 par | A la une, Asiatiques, Toutes les analyses Imprimer

Huitième carton plein pour Wall Street ce mercredi… Car même si la progression semble surnaturellement lente, la régularité compte peu de précédents historiques, et les investisseurs ne détectent aucun signe de fragilisation du marché avec un VIX ancré sous les 10.

Ce scénario, qui défie les lois du marché et les capacités d’analyse du prix Nobel d’économie Richard Thaler, indique la perception d’une absence de risque…. Ce qui pourrait se justifier soit par une situation idéale de paix, d’amour et de prospérité mondiale (ce qui ne se manifeste qu’en de rares occasions depuis un siècle… et se dire que la période actuelle en fait partie peine à nous arracher un sourire jaune)… soit par une complaisance et un aveuglement qui ne peut se comparer qu’aux années 1928/1929 ou 1998 et 1999.

Mais comme à chaque fois que les exubérances irrationnelles de 1929 ou 1999 sont évoquées, les commentateurs rappellent que les cohortes de boursicoteurs frénétiques mus par les « esprits animaux » sont cette fois absents… Ils pourraient même affirmer « complètement absents » en termes d’impact sur la hausse des indices.

Je m’explique : les courtiers, assureurs, gérants d’OPCVM voient bien progresser les encours provenant des particuliers (il existe un engouement réel pour Wall Street depuis l’élection de Donald Trump – mais si, mais si : même Robert Shiller le constate !). Cependant ces liquidités ne représentent qu’une infime partie du gonflement de la capitalisation boursière globale.

Les flux – ceux qui permettent d’écraser la volat’, ceux qui permettent de racheter entre 700 et 750 Mds$ de titres à Wall Street chaque année, soit l’équivalent de 80% du QE de la BCE – sortent tout droit des presses des banques centrales. De nombreux articles mentionnent les 2 000 Mds$ injectés chaque année par les banques centrales… et omettent de préciser « occidentales ».

PBOC Krach de Pekin Le robinet à liquidités de la PBOC est ouvert en grand

Car ce qui marquera 2017, c’est l’ouverture en grand du robinet à liquidités de la PBOC, la Banque centrale de Chine, bien déterminée à soutenir la croissance coûte que coûte pour conforter la stature de champion de la croissance que Xi Jinping souhaitait incarner afin de s’assurer une reconduction triomphale à la tête de l’empire du Milieu.

Passé le 18/19 octobre, les jeux seront faits et la PBOC pourra arrêter d’offrir aux banques et aux marchés les liquidités permettant de maintenir Shanghai entre 3 350 et 3 390 et aux spéculateurs de faire flamber les prix de l’immobilier (+10% en moyenne en 1 an, dont des hausses de +20% dans les grandes métropoles).

Car il n’échappe pas aux autorités de Pékin que la situation devient délétère : +40% des nouveaux prêts consentis par les banques étaient hypothécaires en 2016, c’est complètement déséquilibré ! Il faut évidemment calmer le jeu dans ce domaine. Des restrictions ont bien été mises en place dès le mois de juin, avec une hausse des taux, un apport initial pour l’achat d’un logement relevé de 30 à 40%, l’impossibilité de le revendre avant un délai fixé par avance et sous réserve d’une autorisation officielle, le contrôle pur et simple des prix, etc.

En ce qui concerne l’impact des injections des 9 derniers mois, leur efficacité sur l’activité globale décroît un peu plus nettement depuis le milieu de l’été : les ISM (directeurs d’achats) sont moins exubérants, la balance commerciale se dégrade (au profit de l’Allemagne, un grand classique) et les excédents avec les Etats-Unis se contractent (faiblesse du dollar oblige).

La PBOC va-t-elle noyer les marchés ?

En fait, l’éléphant (immobilier) dans le corridor (chinois) masque tellement la lumière qu’il en est devenu invisible aux yeux des marchés et donc du VIX. La bulle semble pourtant prête à éclater en Chine, toutes les initiatives de la PBOC semblent y concourir… Mais les experts balayent ce péril du revers de la main : c’est un problème interne à la Chine qui n’a aucune chance d’impacter la croissance mondiale, ni en 2017, ni en 2018 !

Et puis, d’après eux, nous avons le temps de voir venir : le VIX ne se comprime pas sous les 10 par hasard ! En effet, il n’y a nul hasard, et les banques centrales y veillent avec fébrilité.

Pas de hasard donc, mais quelle fuite en avant dans un aventurisme monétaire dont aucun banquier central ne connaît (ou ne souhaite connaître) l’issue ?

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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