Pinault Printemps Redoute… le pire ?

Rédigé le 28 octobre 2008 par | Apprendre la Bourse, Big caps Imprimer

Voici un bel exemple d’analyse technique.

Un graphe qui parle de lui-même, et qui me dit que le titre PPR a rendez-vous autour des 21 euros dans les mois à venir. Pourquoi ? C’est justement ce que l’on voit à l’aide du graphique monthly (une barre représente un mois) ci-dessous :

Pinault Printemps Redoute

Quelle est la situation actuelle ?

A l’instar de mon précédent Billet sur le CAC40, on voit ici très nettement que la forte chute du titre depuis octobre 2007 marque un troisième temps au sein d’une large consolidation qui avait été initiée sur le plus haut historique de janvier 2000. Cette consolidation classique est annotée A, B et C? sur mon graphique. Et nous sommes en train de dessiner le dernier mouvement de cette phase, qui est donc la vague C. Il n’y a en effet plus aucun support technique permettant aujourd’hui d’envisager une autre configuration sur la valeur chère à François Pinault.

Les facteurs qui justifient ce scénario

Voici tous les niveaux de supports qui ont été enfoncés, plaidant ainsi pour cette hypothèse de consolidation majeure :

– tout d’abord, la moyenne mobile mensuelle à 20 périodes. Celle-ci (en rouge sur le graphique) a pu montrer sa pertinence par le passé — notamment dans la hausse jusqu’en janvier 2000 — et c’est en l’enfonçant nettement que le titre a engendré sa forte première vague de correction, notée vague A sur le graphique. Elle fut le premier élément déclencheur de la vague C ;

– ensuite, la franche cassure des deux fortes obliques de soutien ascendantes qui étaient en place depuis le point bas de janvier 1988 et qui ont, chacune, pu contenir les pressions vendeuses à de nombreuses reprises. C’est également le démarrage de la vague C qui en est venu à bout, finalement ;

– enfin, le passage récent sous le point bas de mars 2003 (noté par le bas de la vague A sur mon graphique) vient annihiler tout espoir que le déclin actuel puisse être un retracement quelconque de la hausse précédente (notée vague B).

Aussi, aujourd’hui, plus rien ne me semble pouvoir faire office de filet de secours, et gageons que l’hiver sera rude… pour le Printemps !

Jusqu’où peut-on tomber maintenant ?

L’objectif théorique semble ici ne laisser que peu de marge d’erreur, puisqu’il se situe très précisément entre les 23,70 euros et les 21 euros (par souci de clarté, et vu la proximité de ces deux niveaux, je n’ai fait figurer que le second sur mon graphique).

Mais à quoi donc correspondent ces deux niveaux ?

Les 23,70€ : il s’agit logiquement de la projection théorique de 100% de la vague A reportée au sommet de la vague B. Ce point est un point technique très fort. On le nomme parfois dans mon jargon « swing-move« . Il s’agit en effet d’un « mouvement » qui peut s’apparenter à une forme de swing, puisqu’il duplique un premier mouvement dans son amplitude.

Les 21€ : ai-je encore besoin de vous l’apprendre ? Il s’agit bien évidemment du très fort niveau d’overlap (ancienne résistance devenue support) qui avait d’ailleurs contenu les pressions acheteuses par trois fois : en mai 1987, en septembre 1989 et en janvier 1992, avant de servir de soutien en février et juillet 1994. Ce palier est donc un seuil clé à considérer très sérieusement.

Que devrait-il donc se passer ?Sans écarter un rebond technique intermédiaire (qui correspondrait, si vous êtes un puriste de la théorie elliottiste, à la vague 4 de ma vague C) et tant que les 45 euros ne sont pas nettement dépassés, on visera sans équivoque la zone pré-indiquée qui se situe entre les 23,70 euros et les 21 euros. Sur le plus long terme, seul le passage au-dessus des 65 euros pourrait aujourd’hui réinstaurer un biais haussier sur le titre PPR.

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marc-dagher
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