Le S&P 500 superforme le MSCI Monde

Rédigé le 3 mars 2010 par | Autres indices Imprimer

Marc Mayor est expert en investissements éliminant le risque de marché. Retrouvez-le sur www.lecoindesinsiders.com/profits-garantis.html

Sommes-nous en train de vivre un nouvel effondrement financier ? A en croire les finances abyssales de certains pays d’Europe du Sud, on n’en est qu’à un cheveu. La gestion calamiteuse des fameux PIGS (Portugal, Italie, Grèce et Espagne… avec toutefois un petit bémol sur l’Italie qui résiste légèrement mieux que ces trois confrères du « Club Med ») est sur le point de mettre toute l’Europe à genoux.

Il faut sauver les membres de l’Union

Et ce ne seront pas quelques déclarations de bonnes intentions qui feront changer la donne. Quand un rôti de porc brûle, il vaut mieux s’en débarrasser. Mais, non, quelle horreur ! Imaginez-vous une Europe sans feta grecque ? Ce serait aller trop loin (même si au passage, l’Allemagne n’en voulait pas de cette Grèce qui allait jusqu’à compromettre le rêve européen).

Bref, maintenant, tout le monde est pris au piège. Se séparer de la Grèce, voire pire de l’Espagne et du Portugal, serait tout simplement une entrée dans un cauchemar sans lendemain. Le monde s’effondrerait, l’Europe pleurerait ses chômeurs et la gueule de bois durerait des décennies. Le choix est impossible, le problème insoluble. Même les eurosceptiques devront se mettre à l’évidence : il faut sauver les membres de l’Union.

Mais à quel prix ?

Et c’est là que le bât blesse. Vous pensez que les riches contribuables de Bavière vont accepter le diktat de Bruxelles pour payer l’irresponsabilité grecque ? Et celle des Espagnols, des Portugais, et je ne sais qui encore ? Car si le gouvernement grec peut se targuer d’avoir réussi à casser le Pacte, pourquoi d’autres pays n’en profiteraient-ils pas ?

Résultat des courses : l’Europe va mal. Très mal. Que faut-il faire alors pour tenter de sortir ses billes du lot ? Tout miser dans des lingots d’or, se précipiter sur des obligations d’Etat (encore cela dépend de quel Etat…), rembourrer à nouveau son matelas ? Les questions sont nombreuses… les réponses incertaines.

Comment nous prémunir de ce fiasco annoncé ?

Dans de telles situations, le premier réflexe est évidemment d’enlever un maximum de risque de marché.  Ce risque, tout investisseur le craint car il fait chuter même des titres prometteurs et sous-évalués. Il prend tout au passage. Si le marché chute de 40%, les meilleurs ne perdront que 20%, les moins bons 60%. Mais, au final, l’investisseur qui est exposé au risque de marché perd de l’argent. Voire beaucoup d’argent.

Pourtant, de simples techniques de money management, comme la formule de Kelly, associées à une stratégie « neutre au marché » permet d’effacer facilement 90% de risque de marché, voire 98% avec quelques filtres supplémentaires. Pourquoi s’en priver ?

Les Etats-Unis s’en sortent toujours mieux que nous

Enfin, pour revenir à nos moutons européens (restons polis), il est évident qu’une chute du Vieux Continent fera des dégâts sur l’ensemble des places financières. Les Etats-Unis en pâtiront immanquablement. Reste que New York sortira certainement la tête de l’eau avec une bonne longueur d’avance. Comme cela a déjà été le cas lors du dernier effondrement… qui a davantage précipité les autres Bourses mondiales au fond du trou que les indices phares américains. Alors que l’origine de la crise et de tous les maux était made in Etats-Unis.

L’injustice est cruelle. Le monde est mal fait. Le graphique ci-dessous vous le prouve. Il compare l’évolution de l’indice MSCI Monde (qui regroupe tous les indices au monde, en pondérant chacun par leur capitalisation boursière respective) avec celle du S&P 500.

Regardez bien ce qu’il s’est passé lors du dernier krach. Entre octobre 2008 et mars 2009 (le S&P 500 a alors perdu près de la moitié de sa valeur), la perte a été bien moindre que dans le reste du monde. Le ratio S&P 500/MSCI Monde a explosé sur cette période.

Graphique du ratio du S&P500et du MSCI Monde

Pourquoi ? Car, malgré tous leurs défauts, les Etats-Unis restent de très loin la première puissance mondiale. Economiquement, financièrement, et accessoirement militairement. Il leur suffit de tourner la manivelle, et des dollars s’impriment. Il leur suffit d’appuyer sur un bouton, et les Chinois viennent taper à leur porte pour acheter encore davantage d’obligations, par peur de voir leurs énormes réserves s’effriter.

Bien sûr, cela ne va pas toujours durer. La suprématie du dollar est menacée. Mais, à court et moyen terme, rien ne changera. Et les Etats-Unis en profiteront à chaque nouvel effondrement des marchés financiers mondiaux. Rappelez-vous d’ailleurs que lors du grand krach de l’automne 2008, c’est l’euro qui s’était effondré face au dollar, et non l’inverse. La monnaie unique était passée de 1,60 dollar à 1,25 en quelques semaines.

Maintenant, où en est-on ? Regardez à nouveau le graphique. Et posez-vous la question suivante : si les marchés mondiaux, et européens de surcroît, devaient chuter à nouveau, vaut-il mieux être investi dans le S&P 500 ou le CAC40 ? Et puis ensuite, n’est-il au final pas plus simple d’éliminer une fois pour toutes le risque de marché ?

Certaines techniques le permettent, comme être neutre au marché. Cela vous demande de pouvoir vader le S&P500 et des actions américaines. Pas évident non plus. Donc il vous reste à essayer d’investir à contre-courant des idées reçues, et détecter ce qui fera vaciller le marché — ou au contraire ce qui profitera de la crise. Reste à savoir bien vous armer avant la prochaine dégringolade.

[NDLR : et Marc Mayor travaille en ce moment à une stratégie d’investissement très SIMPLE et accessible à tous, qui consiste justement à détecter ce qui fera basculer les marchés, ce qui tiendra nos économies… et ce qui vous rapportera des profits. Loin de la stratégie neutre au marché, un peu complexe au début, Marc va bientôt vous permettre de suivre les conseils d’un ancien insider : lui-même ! Ouvrez l’oeil]

Marc Mayor
Marc Mayor

Marc Mayor est le fondateur et président d’Inside ALPHA, une entreprise helvétique spécialiste des approches financières éliminant le risque de marché (investissements dits « ‘neutres au marché »). Depuis plus de 10 ans, Marc analyse avec humour et sagacité le comportement des initiés de la Bourse, notamment dans les colonnes de sa rubrique hebdomadaire « Le Coin des Insiders », qui paraît chaque vendredi dans le quotidien financier L’Agefi (Suisse).

Auteur à succès, il préside aussi un cycle régulier de conférences réunissant des investisseurs, tant professionnels que privés, notamment sur le thème des métaux (de base ou précieux) et de l’énergie (fossile, nucléaire ou renouvelable).

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