Piège à baissiers sur le DowJones !

Rédigé le 7 octobre 2011 par | Analyses indices, Autres indices, US Imprimer

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Tous les jours, et dès 16h00 au 0899 88 20 36* Philippe Béchade analyse pour vous les marchés, les rumeurs qui animent les salles de trading, et vous propose SA stratégie pour profiter ou contrer les mouvements boursiers
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_______________________________Pour vous aider dans vos trades________________________________

J’EN AI MARRE !!!

J’en ai ASSEZ d’entendre parler des déficits des Etats-Unis… de la monnaie papier contre l’or… des Triple A ou Triple Z… des problèmes des PIIGS… et autres théories économiques ENNUYEUSES sur lesquelles vous n’avez AUCUN contrôle.

La vérité, c’est que si vous voulez faire des gains dans les marchés actuels, rien de tout ça n’a d’importance !

Il suffit juste d’aller chercher les opportunités ailleurs : je vais vous montrer comment…

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Un chartiste regarde ses graphiques. Il les parcours quotidiennement sans froncer les sourcils, l’équanimité devant les séquences haussières et baissières constitue la base d’une stratégie réussie où l’émotion ne l’emporte jamais sur la réflexion. Mais en de rares circonstances, il apparaît des cas de figure à en écraser sa souris d’ordinateur comme une vulgaire canette de soda vide ou à tomber de sa chaise tant les mouvements des cours semblent suffisamment violents pour faire basculer l’écran et chavirer la pièce toute entière.

C’est un peu ce genre d’aventure – et de mésaventure pour certains – qui s’est matérialisée à Wall Street le mardi 4 octobre entre 21h10 et 22H01. Revenons sur cette heure fatidique.

La dernière heure de cotation qui a tout changé…
Lundi 3 octobre : les vendeurs maîtrisaient fermement la tendance à une heure de la clôture.
Tous les signaux graphiques baissiers apparus lundi soir étaient confirmés : Mathieu vous parlait hier du S&P500 qui était sorti de son range des 1 110 points. Le Dow Jones perdait plus de 200 points vers 21h05, le S&P s’enfonçait donc vers 1 080 points, bien loin du support des 1 110 points, le Nasdaq écorchait le plancher des 2 300 après une franche cassure des 2 360. Et tout à coup, les portes de l’enfer se sont ouvertes sous leurs pieds.

En 50 minutes, le Dow Jones a repris 360 points en ligne droite et refranchissait les 10 720 puis les 10 800 points. Le Nasdaq passait en 40 minutes de -1% à +3%, et le S&P s’envolait 40 points vers les 1 124 points, invalidant ainsi un signal de vente qui semblait encore béton vers 21h30. Un vrai « bear trap » !

… était peut-être programmée par les dernières minutes la veille
Mais au fait, ces fameux signaux baissiers… ne s’étaient-ils pas matérialisés de façon un peu étrange – voire éminemment suspecte – lundi 3 octobre au soir ?

Eh oui, là aussi il fallait rester éveillé jusqu’à la clôture de Wall Street : tout s’est joué entre 21h49 et 22h01. Une vague de liquidations agressives faisait plonger les indices US de -1% au cours des 10 dernières minutes de cotations (un trou d’air sans précédent depuis début août).

Graphique: S&P 500
Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Les opérateurs ont alors été pris de panique avec la diffusion d’une nouvelle rumeur – non confirmée naturellement – de démission de Georges Papandreou en provenance de l’antenne allemande du Financial Times.

Jouez les statistiques économiques !

La publication du PIB US… du chômage ou encore des stocks de pétrole provoquent très souvent de brusques variations intraday…

Vu la rapidité des mouvements en question (quelques minutes), il est impossible d’en profiter manuellement, dans l’instant. Pourtant, notre spécialiste Mathieu Lebrun a une solution !

Découvrez sans plus attendre sa stratégie de trading…

Y aurait-il quelqu’un au bout de la main invisible ?
Ceci soulève toute une série de questions dont la portée va bien au-delà de ce petit cas particulier qui animait les conversations entre traders
. Pourquoi publier une « non-information » reprenant une rumeur circulant régulièrement dans les chancelleries depuis le milieu de l’été (Papandreou aurait envie de jeter l’éponge, il n’en peut plus de cette mission impossible que la Troïka lui impose) ?

Pourquoi le Financial Times Deutschland édite-t-il un tel article en milieu de soirée (21h45) alors que les Allemands ont fini de dîner depuis longtemps et sont sortis faire leur sport quotidien ? Qui s’est chargé d’attirer l’attention des salles de marché outre-Atlantique sur cette news (parmi des centaines d’autres) qui ne contenait pas d’informations reliées à un fait d’actualité : aucune rumeur de démission ne circulait lundi soir, ni en Grèce, ni en Allemagne ! Qui a déclenché des programmes de vente avec une telle brutalité – avec la ferme intention de pulvériser tous les supports moyen terme sur l’ensemble des indices US – sur la foi d’une simple dépêche dénuée de fond ?

Soit il s’agit d’une simple coïncidence révélatrice de la versatilité des marchés (si vous pensez cela, mieux vaut éviter de « faire de la Bourse ») ; soit il s’agit d’une manipulation. Si vous doutiez de la manipulation de Wall Street lundi 3 au soir, il devenait très difficile de croire au hasard 24 heures plus tard avec le renversement de tendance dont je vous ai parlé. La dernière heure a littéralement « déchiré » les vendeurs à découvert : ils ont dû faire face à une remontée de 4% des indices en à peine 50 minutes, du jamais vu depuis le flash krach du 6 mai 2010.

De façon quasi miraculeuse : tous les signaux techniques suivis par les shorts depuis lundi soir furent invalidés.

Un bear trap dans toute sa splendeur
L’ampleur et la rapidité des rachats en panique démontrent que les vendeurs étaient probablement beaucoup trop nombreux. Ils n’ont peut-être pas tort de parier que Wall Street ira plus bas d’ici fin 2012 (les indices US ont perdu moitié moins de terrain que leurs homologues européens ces trois derniers mois). Mais ils ont eu tort d’avoir tous identifié le même signal baissier et d’avoir massivement shorté le marché en conséquence.

Voilà une piqûre de rappel pour ceux qui s’acharnent à croire que les forces antagonistes des marchés s’affrontent librement… et qu’un glorieux hasard préside à l’enchaînement des mouvements boursiers.

Nous avons assisté le 3 puis le 4 octobre à une nouvelle manifestation de « mains invisibles » pianotant sur de puissants ordinateurs de trading haute fréquence, capables de faire décaler les cours au moment opportun. Cela implique également la complicité de quelques amis dans les médias qui lâchent sur le Net la bonne rumeur au bon moment.

C’est comme cela que ça fonctionne ; et c’est pourquoi nous ne faisons jamais une confiance aveugle aux signaux techniques lorsqu’ils apparaissent trop évidents, servis par un timing trop parfait. C’est le meilleur moyen de se prendre une main invisible en pleine figure !

Signaux baissiers invalidés : nous penchons pour un rebond
Les vendeurs sont cependant intervenus sur le constat d’un signal baissier majeur sous les 10 720 points, en direction des 10 000 points puis des 9 700 points (le plancher du 30 juin 2010). Pas de chance… Vous avez compris que c’était un piège à baissier, et que ce fut sans un doute un faux signal de vente.

Le mouvement de correction amorcé fin juillet sous les 12 750 points durait depuis onze semaines (soit environ cinquante-cinq séances), ce qui constitue une durée maximum, quelles que soient les circonstances et la lourdeur des pertes lors des phases de krach depuis plus de deux décennies ! Cela n’a jamais empêché la tendance baissière de se poursuivre à moyen terme, mais pas sans qu’un rebond de 12 à 15% (en moyenne car cela peut aller jusqu’à +20% sur les planchers annuels) ne se matérialise durant quatre à huit semaines.

Compte tenu de cette sorte de règle qui attend toujours une exception pour être confirmée, les probabilités plaident fortement en faveur d’un rebond vers 11 550 points puis des 11 700 points (zénith du 31 août) et enfin des 11 900 points (ex-plancher du 15 juin dernier).

Mais c’est sans compter la main invisible qui se fera sans doute un plaisir de prendre le marché à revers !

*1,35 euro par appel + 0,34 euro / minute.
Depuis la Belgique : composez le 09 02 33110, chaque appel vous sera facturé 0,75 euro / minute.

Depuis la Suisse : composez le 0901 801 889, chaque appel vous sera facturé 2 CHF / minute.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

3 commentaires pour “Piège à baissiers sur le DowJones !”

  1. […] vendeuses. Mon collègue et ami Philippe Béchade parlait de “piège à baissiers” dans son dernier article. Peut-être… Pour moi, la chute ne pouvait tout simplement pas […]

  2. […] 1 100 points. Toutefois, nous avons eu une réaction haussière assez nette sous ce niveau mardi. Comme Philippe vous l’aura expliqué, la rupture aura donc été un piège pour les vendeurs (bear trap) à découvert qui ont du se […]

  3. […] positions vendeuses. Mon collègue et ami Philippe Béchade parlait de “piège à baissiers” dans son dernier article. Peut-être… Pour moi, la chute ne pouvait tout simplement pas […]

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