Un PIB britannique de rêve qui masque des faiblesses qui ne font pas rêver

Rédigé le 9 novembre 2018 par | Statistiques et données macro Imprimer

Le désastre du Brexit promis il y a deux ans aux Britanniques finira bien par s’abattre outre-Manche, mais pas tout de suite. Le PIB y enregistre une accélération de 0,6% au troisième trimestre (à comparer avec +0,3% en France et probablement pas plus que zéro en Allemagne), soit +1,5% par rapport en glissement annuel… C’est même le meilleur score depuis le quatrième trimestre 2016.

Croissance du PIB britannique par trimestre

ONS

Les statistiques de l’Office des statistiques nationales (ONS) démontrent que le PIB a été dopé par la vitalité du commerce extérieur (+0,8%) et la consommation (les dépenses des ménages ont grimpé de +0,5%) mais, signe plus inquiétant, l’investissement des entreprises s’est contracté de 1,2% au troisième trimestre (contre 0,2% anticipé, après un ralentissement déjà assez marqué au premier semestre).

Graphe sur la variation du PIB du Royaume-Uni depuis 2008

Croissance du PIB britannique trimestre par trimestre (en bleu) et en glissement annuel (en jaune). Source : ONS

Un ralentissement à prévoir

La Banque d’Angleterre prévoyait elle aussi +0,6% de croissance sur la période mais anticipe une division par deux du rythme séquentiel (à +0,3%) sur les trois derniers mois de l’année, malgré la période des fêtes, propice au commerce de détail.

Mais le secteur à surveiller au quatrième trimestre sera l’immobilier/la construction, alors que les taux hypothécaires risquent d’être contaminés par la hausse qui se poursuit aux Etats-Unis (la barre des 5% vient d’être franchie) tandis que beaucoup d’entreprises réduisent la voilure à Londres et délocalisent tout ou partie de leurs équipes sur le continent.

Monter les prélèvements ou les baisser, deux façons opposées de courir au désastre

Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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