Peugeot ressort ses griffes…

Rédigé le 16 avril 2009 par | Big caps Imprimer

Je sais, le secteur automobile fait beaucoup parler de lui, et le contexte est très tendu. Mais, mais…  Je vous propose aujourd’hui de tenter un coup sur Peugeot. Vous le savez maintenant, si le premier de mes arguments est technique, il y a d’autres facteurs :

– tout d’abord, le titre Peugeot est celui qui présente la meilleure performance du CAC40 depuis le début de l’année avec un très joli score de +55% contre un CAC négatif à -7,3%. Il est assez loin devant le Crédit Agricole qui culmine tout de même à +33% ;

– le groupe a enregistré une hausse de 11,9% de ses ventes de véhicules sur le marché français au mois de mars contre une hausse de 2,9% pour l’ensemble du marché français et un repli de 6,5% à données comparables ;

– dans le domaine d’avenir certain qu’est l’environnement, PSA a indiqué qu’à partir du mois d’avril 2009, deux millions de véhicules Peugeot et Citroën pourront utiliser un nouveau carburant, l’E10 bientôt disponible dans les stations services françaises ;

– enfin, et toujours dans ce secteur porteur, Peugeot lancera deux voitures hybrides et une électrique au début 2011.

Je n’insiste pas plus en vous rappelant la situation très difficile du secteur, notamment avec les déboires énormes du géant General Motors. Vous en êtes conscient, et si je m’attache aujourd’hui à jouer Peugeot, c’est un pari spéculatif que la configuration technique m’a permis de détecter.

Regardons où en sont les cours d’un point de vue graphique, et voyons ce qui me fait jouer un scénario immédiat plutôt optimiste :

Graphique de Peugeot

Fin de la vague de baisse initiée en juillet 2007 Une forte tendance haussière nous emmène jusqu’en mai 1987. A partir de là, nous avons clairement une consolidation dite « en triangle » que j’ai notée pour vous a, b, c, d, et e sur le graphique.

Après ce triangle, une nouvelle impulsion haussière logique est venue se mettre en place à partir d’octobre 1996. On distingue, sur la fin, le net ralentissement, matérialisé par un canal légèrement ascendant, qui montre bien l’essoufflement des cours.

C’est alors que, sur les sommets historiques de juillet 2007, le titre s’est violemment retourné allant jusqu’à perdre plus de 83% de sa valeur !

La première évidence technique qui m’apparaît désormais est que le rebond actuel est désormais trop important pour ne pas avoir validé la fin de la baisse initiée en juillet 2007. Toutefois, et j’y reviendrai plus tard, ce rebond ne remet pas en cause la tendance de fond de long terme qui reste baissière.

Le graphique que je vous propose est sur une base logarithmique et, en prenant en considération la base linéaire pour le calcul des retracements, on constate qu’on ne peut « théoriquement » valider la fin de ladite baisse qu’en ayant dépassé les 24,60 euros. C’est pourquoi là encore je reste prudent.

Que nous disent les indicateurs ? Pour bien faire apparaître le triangle précité, et avoir une bonne vue d’ensemble, le graphique ci-joint est pris sur une base mensuelle.

Si je le prends en base hebdomadaire, le RSI a dépassé une forte oblique baissière en place depuis le début de la crise, et vient tout juste de rentrer en territoire positif (passage au-dessus de la ligne de neutralité à 50%).

Sur une même base, le MACD s’est lui aussi retourné en s’affranchissant d’une forte oblique baissière. Même s’il reste pour le moment légèrement négatif, il n’en demeure pas moins bien orienté.

Du côté de ma moyenne mobile à 21 périodes, celle-ci a été largement dépassée au cours du rebond actuel, et je rappelle qu’elle servait de résistance assez pertinente au cours de la chute précédente.

Enfin, les volumes sont en hausse, plaidant pour ce scénario positif à court terme.

Comment jouer Peugeot ? Tant que le support à 14,35 euros n’est pas nettement enfoncé, je joue la poursuite de la reprise. Ce niveau clé correspond au fort retracement de Fibonacci de 61,8% de la totalité du rebond.

L’objectif majeur de cet élan haussier se situe pour moi sur la zone des 32,75 euros. Niveau qui correspond par ailleurs à la fois au dernier overlap et à la fois au retracement traditionnel de 38,2% de toute la baisse.

Mais surveillez bien les 24,60 euros. C’est la première résistance à dépasser pour valider ce scénario, soit le premier retracement de Fibonacci de 23,6% de toute la baisse et les anciens sommets des vagues b et d du triangle.

Et attention : le moindre passage sous les 14,35 euros mettrait mon scénario haussier en question. En effet, cette cassure déclarerait la mise à mort du rebond en cours et rouvrirait la porte à la tendance baissière de plus long terme.

Il faudra alors viser un retour sur le seuil de support psychologique situé sur les 10 euros et correspondant également au point bas de la vague a du triangle analysé ci-dessus.

En clair : si vous voulez prendre votre pari sur le titre, positionnez-vous maintenant, surveillez la réaction des cours à 24,60 euros (prise de bénéfice !) et placez un stop sur les 14,35 euros.

Pouvez-vous jouer le rebond avec un produit dérivé ? Pour ma part, je ne prends pas de turbos call sur le titre car l’analyse que je viens de faire est sur du moyen terme. On peut parfaitement revenir sur les 16 euros sans invalider ce scénario, mais une telle consolidation serait bien trop importante sur un turbo (qui, je vous le rappelle, a un potentiel de gain énorme grâce à son effet de levier… mais a aussi une barrière désactivante). Donc, pas de turbo pour ce genre de trade.

Remarquez, d’une manière générale, je reste prudent en ce moment, et je suis peu passé à l’achat. Ceux qui me lisent au quotidien dans mon service semblent être contents et me remercient de ce choix, que beaucoup qualifient de raisonnable. « Vous avez entièrement raison. L’heure est à la patience. » m’écrivait Didier S. « Un grand merci, vous gardez toute ma confiance. », me disait Franck B.

« Merci pour cette analyse qui paraît pleine de bon sens ; rien ne sert de vouloir démarrer trop tôt dans une telle conjoncture. Alors vivement des jours meilleurs pour nous tous avec de belles tendances, car pour l’instant on a surtout l’impression que la probabilité la plus forte est d’être pris à contre-pied. », Laurent B.

Si je vous fais part de ces témoignages c’est pour bien vous faire comprendre un point essentiel de ma stratégie, et qui fait aussi mes succès, année après année. Quand il est trop dangereux d’être sur les marchés, surtout avec des produits dérivés, je reste à l’écart ! C’est ça (aussi) savoir prendre les bonnes décisions et garder la tête froide. Il ne s’agit pas d’avoir en permanence 5 lignes ouvertes juste par principe ou par plaisir de se donner des sueurs froides. Très peu pour moi. J’aime l’adrénaline des produits dérivés, mais quand j’en maîtrise le risque !

Or en ce moment, c’est un marché typique où l’on peut perdre beaucoup « en se prenant des portes de saloon« . Et tant que je n’ai pas de conviction forte dans un sens ou dans l’autre, j’ai beaucoup trop à perdre. Comme je le disais dans une alerte, hier, à mes abonnés « j’attends une nouvelle fois un signal suffisamment évocateur pour entrer à nouveau sur ce marché tumultueux, car si l’étau se resserre, il n’a pas encore indiqué son verdict. Verdict imminent. » Je passe donc les valeurs au cas par cas, reste très sélectif dans mes choix. Une fois qu’une tendance sera plus clairement définie, croyez bien que nous nous servirons largement, comme ce fut le cas encore en février dernier. Préparez-vous dès maintenant à en profiter !

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marc-dagher
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