Pétrole : les raisons du décrochage | La Bourse au Quotidien


Pétrole : les raisons du décrochage

Rédigé le 12 juillet 2018 par | Matières Premières, Pétrole Imprimer

Cher lecteur,

Philippe Béchade et Mathieu Lebrun vous en parlent tous les deux dans leur article du jour : les cours du pétrole (qui rebondissent légèrement au moment où j’écris ces lignes) ont lourdement chuté hier.

Les facteurs de ce décrochage spectaculaire sont nombreux.

Je pense tout d’abord à LA grande affaire du moment sur les marchés, l’inévitable guerre commerciale, dont je vous disais hier matin qu’elle pourrait prendre une nouvelle dimension avec la publication par la Maison-Blanche d’une liste détaillée de 200 Mds$ de produits importés de Chine susceptibles d’être taxés à hauteur de 10%.

Sauf que Pékin n’a aucune intention de se laisser faire et dispose de plusieurs leviers qui, s’ils venaient à être activés, pourraient faire très mal à l’économie américaine. J’ai récemment évoqué la dévaluation artificielle du yuan, mais il y a aussi – les spécialistes auraient tort de l’oublier – ces 500 000 barils de brut américain que les Chinois importent chaque jour et qui sont de plus en plus sous la menace de sanctions de l’empire du Milieu…

Les Etats-Unis pourraient lâcher du lest sur le dossier iranien

Le regain de tensions voulu par Donald Trump entre les Etats-Unis et la Chine pourrait peser sur l’activité économique mondiale. En attendant de savoir jusqu’où ce duel sans merci nous mènera, l’Oncle Sam, devenu expert dans l’art de souffler le chaud et le froid, de saisir par le col avant de desserrer l’étreinte pour ensuite mieux reprendre à la gorge, pourrait laisser des pays importer du pétrole iranien, par-delà le rétablissement des sanctions à l’endroit de Téhéran, que le président américain a pris pour cible avant même son élection. C’est en tout cas ce qu’a affirmé le secrétaire d’Etat Mike Pompeo lors d’une interview accordée à Sky News Arabia.

Une telle concession n’est pas anodine, considérant que l’Iran est le troisième pays producteur de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole.

Elle explique elle aussi la baisse des cours du Brent (qui a accusé un repli de 6,9% au moment de la clôture du Nymex, du jamais vu depuis février 2016) et du WTI (qui a de son côté reculé de 5%), tout comme l’annonce par la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) de la réouverture de quatre terminaux pétroliers dans l’est du pays. Leur fermeture avait il est vrai entraîné une division de plus de moitié de la capacité d’exportation quotidienne de la Libye.

Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

De surcroît, les stocks hebdomadaires de pétrole ont chuté de 12,6 millions de barils outre-Atlantique lors de la semaine close le 6 juillet, contre une érosion de « seulement » 4,8  millions attendue par le consensus, et comme Philippe Béchade vous le dit, Donald Trump, encore et toujours lui, pourrait aussi convaincre l’Arabie saoudite et la Russie d’augmenter leur production d’or noir.

Ce qui achèverait de dissiper les craintes concernant un manque d’offre. Et, par extension, pourrait jeter les bases d’un pétrole durablement moins coûteux…

Bonne séance à tous,

Guillaume

Le VIX reste au plancher, tandis que le pétrole dégringole l’escalier

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Guillaume Duhamel
Guillaume Duhamel

Guillaume Duhamel suit l’actualité boursière au quotidien depuis plus de 5 ans. Historien diplômé de l’Université de Paris IV-Sorbonne et journaliste de formation, passé également par le sport et le développement durable, il voue un intérêt particulier aux small et midcaps, ainsi qu’aux secteurs de l’énergie et de l’aéronautique

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