Le pétrole est surévalué, mais profitons encore de la hausse !

Rédigé le 26 octobre 2009 par | Matières Premières Imprimer

Par Nicolas Martelin

Franchissant à la hausse la barre des 80$ lundi dernier à New York, et campant fermement au-dessus quasiment toute la semaine, le cours du pétrole recommence à faire parler de lui dans les cercles financiers. Loin des envolées lyriques de l’année dernière, les économistes semblent plus partagés, aujourd’hui, sur l’avenir des cours de l’or noir : sommes-nous repartis vers un baril à plus de 100$ ou s’agit-il seulement d’un excès d’euphorie ?

◊ A 70$ le baril, tout le monde est content

Dans son rapport spécial sur l’énergie publié lundi, le New York Times estime que 70$ par baril de brut léger constitue la nouvelle référence, le « niveau plancher » qui semble satisfaire tout le monde :

– les pays producteurs, pas mécontents d’avoir trouvé un prix d’équilibre qui rend le pétrole moins enclin aux attaques spéculatives et leur laisse ainsi le total contrôle des cours ;

– les compagnies pétrolières, qui peuvent « marger » sans que personne ne leur tape sur les doigts ;

– et, enfin, la majorité des consommateurs, ravie de constater une diminution des prix à la pompe par rapport aux pics que nous avons tous connus dernièrement.

Ce qu’avance le journal américain part donc d’un constat crédible ; seulement voilà, depuis la publication de ce rapport, le baril s’est envolé, franchissant même la barre des 80$ à New York.

Alors pourquoi sommes-nous au-dessus des 80$ ?

Sur ce point, les analyses fondamentales et techniques divergent… Techniquement parlant, le cours du light sweet crude (LCO) a cassé une résistante majeure à 76,20$, ce qui, selon les retracements, devrait propulser le cours vers les 83,60$ avant d’atteindre la barre symbolique des 90$. En effet, quand je regarde les graphiques, nous devrions marquer une pause autour des 83,60$ avant de poursuivre la marche en avant sur les 90$.

Le pétrole

J’aimerais bien croire en ce scénario… mais plusieurs données fondamentales me laissent sceptique.

Ce soudain regain d’intérêt pour l’or noir (que tout le monde semble délaisser au profit de l’or et des marchés actions) résulte davantage d’un sentiment d’optimisme — pour ne pas dire d’euphorie aveugle quant à la relance économique — que d’une véritable augmentation de la demande en pétrole. En effet, d’après les prévisions sur celle-ci, il me paraît difficile de préjuger d’une réelle reprise économique… La demande de pétrole reste, pour l’instant, anémique et ne devrait pas s’emballer dans un futur proche puisque l’OPEP prévoit une petite hausse de 0,80% seulement l’an prochain. Pas de quoi faire flamber les cours !

Si on ajoute au sentiment d’euphorie le désir de se débarrasser de dollars, dont le cours face aux devises principales est en perte de vitesse, on obtient un baril de pétrole attractif aux yeux des investisseurs. Regardez : le billet vert devenant moins attractif, les investisseurs cherchent davantage à se positionner sur des supports dont le prix est traditionnellement fixé en dollars (or et pétrole, principalement) — d’où la hausse constatée ces jours derniers.

L’histoire nous montre et nous enseigne que lorsque le graphique des cours s’éloigne des données fondamentales, jusqu’à contredire complètement les tendances macro-économiques, il y a formation de bulles spéculatives.

Jouons quand même la hausse, tant qu’elle dure.

Alors une bulle spéculative est-elle en train de se former sur le pétrole ? S’il est un peu prématuré pour l’affirmer, il me paraît clair que l’on est, en ce moment, bien au-dessus d’un cours logique, d’un « niveau plancher ». Bien sûr, la théorie du peak oil n’est pas moribonde et il viendra un moment où l’offre sera tellement insuffisante par rapport à la demande que les prix atteindront des niveaux jamais encore testés. Mais ce moment ne me semble pas encore venu…

… Ceci étant dit, comme le conseillent Simone et Marc dans L’Investisseur Or et Matières, pourquoi ne pas profiter de ce rebond spéculatif et investir rapidement sur des supports, bien sélectionnés ?

Mots clé : - - - - -

Laissez un commentaire