Petit précis sur le BFR

Rédigé le 26 juin 2012 par | Biotechs et Medtechs, Mid et Small Caps Imprimer

Vous avez sans doute remarqué que j’évoque assez souvent le BFR (le besoin en fonds de roulement) d’une entreprise. Je l’ai souvent évoqué en parlant d’ARCHOS (FR0000182479).

J’en ai également parlé, il y a quelques semaines, pour expliquer l’augmentation de capital réalisée par DMS (FR0000063224) qui a surpris beaucoup de monde tant elle était inattendue. (Vu la dégringolade du titre, on peut dire qu’elle a aussi déçu.)

En fait, cette notion de besoin en fonds de roulement est facile à comprendre. Le BFR est le résultat entre les décaissements et les encaissements de flux liés à l’activité de l’entreprise. Pour être plus précis, cela correspond à l’addition des stocks et des créances clients à laquelle on soustrait les dettes fournisseurs.

En général, le BFR est positif. Mais, dans certains cas comme dans la grande distribution notamment, il peut être négatif. En effet, les fournisseurs du secteur sont payés disons à soixante jours alors que les clients d’un supermarché payent comptant. La grande distribution est donc une activité qui génère automatiquement de la trésorerie. De plus, ce secteur a largement l’habitude de gérer ses stocks qui sont constitués bien souvent de denrées périssables. Donc, pour les Carrefour ou autres Casino, il y a quasiment jamais de problèmes liés au financement de l’activité – ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’autre soucis !

Mais revenons au cas le plus répandu du BFR positif… Rappelez-vous : on parle d’un besoin positif. Cela veut dire que les décaissements sont plus importants que les encaissements. Dans ce cas là, la société doit absolument dégager des fonds pour combler le flux négatif généré par le cycle d’exploitation.

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Plusieurs cas de figure sont possibles.

L’entreprise peut avoir une situation de trésorerie positive, ce qui lui permet de financer ce qui sont « des avances de trésorerie ».

L’entreprise peut avoir des relations de confiance avec sa banque qui font que celle-ci avance (moyennant commission bien sûr) la trésorerie nécessaire.

Sinon, l’entreprise fait appel au marché et lance une augmentation de capital destinée à financer son BFR. C’est typiquement le problème qui est arrivé à DMS. Comme me l’a expliqué récemment son P-DG Jean-Paul Ansel, les banques rechignent actuellement à étendre leurs prêts. Or, quand vous faites de la croissance comme DMS (+17% l’an dernier et +40% au premier trimestre), vous avez obligatoirement un décalage de trésorerie. Vous devez payer rapidement vos fournisseurs – en l’occurrence, ici, pour DMS il est question d’appareils médicaux – mais, par contre, vos clients ne vous payent pas tout de suite. Il y a donc une période durant laquelle vous êtes à sec en trésorerie.

ARCHOS a déjà eu ce problème dans le passé. Confrontée à une explosion de son chiffre d’affaires, la société devait faire fabriquer ses produits rapidement, donc avancer de l’argent sans pour autant les vendre tout de suite. Il fallait financer ses stocks. D’où les nombreuses augmentations de capital qu’elle a réalisées. Cette problématique a conduit la société à négocier en début d’année une ligne de financement PACEO auprès de la Société Générale ; c’est ce que l’on appelle également des equity lines. Ce sont des augmentations de capital réservées à un intermédiaire financier, étalées et fractionnées dans le temps… Mais pas facile de mettre ça en place lorsqu’on est une petite PME non cotée par exemple.

La grande problématique actuellement, que m’évoquent tous les dirigeants rencontrés, est bien sûr l’extrême frilosité des banquiers ; cela ressemble à mes yeux à un credit crunch. Les banques, confrontées à une dégradation de leurs marges, ne veulent prendre aucun risque, ce qui entraîne des lignes de crédit coupées pour certaines sociétés.

Bien entendu, à part DMS qui fut obligée de lever des fonds sur le marché pour cause d’incompréhension (doux euphémisme) avec ses banques, aucun patron rencontré ne veut être cité de peur d’avoir un effet boomerang… Les banques, furieuses d’avoir été montrées du doigt et citées dans la presse, seraient alors encore plus draconiennes dans leur politique de financement.

Relisez Jean de La Fontaine et rappelez-vous les animaux malades de la peste : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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6 commentaires pour “Petit précis sur le BFR”

  1. @SCConfidentiel
    Excellent article, très intéressant, avec Dms on va voir dans 8 mois.

  2. […] avec les banques partenaires. L’argent servira également à financer le BFR (tiens, tiens, ça ne vous rappelle pas mon article de cette semaine ?). Eh oui Lexibook (FR0000033599) fait partie de ces sociétés qui se développent à vitesse grand […]

  3. […] général une très faible marge avec un BFR négatif (pour bien comprendre ce qu’est le BFR, relisez mon article de fin juin). Tenez, CASINO (FR0000125585) par exemple, a une marge opérationnelle de l’ordre de 3,7% […]

  4. […] Lewin expliquait ce principe dans un article consacré au BFR de la grande distribution : ce secteur a la particularité d’avoir un BFR (besoin en fonds de roulement, donc […]

  5. […] et je suis assez négatif sur les levées de fonds qui ont pour but de rembourser une créance ou d’améliorer le fonds de roulement… Vous savez que des sociétés comme par exemple ARCHOS (FR0000182479) ont levé des fonds dans le […]

  6. […] Bien entendu, une telle faiblesse de la demande dans une industrie si capitalistique joue sur le besoin en fonds de roulement, avec une augmentation des stocks et une baisse des créances […]

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