Comment investissent les professionnels pendant l’été ?

Rédigé le 9 juillet 2015 par | Toutes les analyses Imprimer

Les marchés, c’est comme les citrons : « il fait trop chaud pour travailler… » Dans les années 1980, une boisson citronnée basait sa publicité sur la difficulté de presser des agrumes sous un soleil tapant (et proposait d’ajouter simplement de l’eau à son concentré pour obtenir une citronnade).

C’est pareil sur les marchés : pendant les vacances, il fait trop chaud pour investir efficacement. Les performances reculent, et l’étude* que je décrypte aujourd’hui vous explique pourquoi. Il y est question d’état d’esprit collectif et de lenteur.

Selon cette étude, le mois qui suit les principales vacances scolaires, les marchés ont tendance à sous-performer de 0,5% à 1% par rapport à une période normale. Le phénomène est d’autant plus intéressant que les grandes tendances macroéconomiques (PIB, chômage, etc.) et les résultats des entreprises ne subissent pas la même saisonnalité.

Qu’un petit porteur soit moins actif pendant ses vacances, ça paraît assez logique. Qui veut se préoccuper des marchés lorsque l’on séjourne sur une île ensoleillée, allongé sur un transat devant un décor de maquis et un concert de cigales (comme je le suis alors que je rédige cette chronique) ? En revanche, on pourrait s’attendre à ce que les institutionnels s’organisent un minimum pour trouver un bon remplaçant…

Eh bien non : même les professionnels, pourtant payés pour cela, ont eux aussi de la peine à s’organiser. D’après nos chercheurs, qui se focalisent sur la France, les Etats-Unis et la Chine, les investisseurs institutionnels baissent significativement leurs activités durant les vacances, la période estivale et celle de Noël en tête. Un exemple concret : suite à une annonce de résultats faite durant ces périodes de vacances, les institutionnels achètent 8% en moins, vendent 14% en moins et vendent à découvert 18% en moins qu’habituellement.

Un peu trop relax les pros ?

Pire encore, les remplaçants des traders (pour ceux qui en trouvent un) n’ont pas vraiment la tête à ça, si je puis dire. Cette recherche démontre en effet que la baisse de performance provient d’un manque d’attention du marché, pris collectivement. Et que fait un trader moins concentré ? Il réagit moins vite aux nouvelles. Ce qui est la principale cause de sous-performance, selon nos chercheurs : les (mauvaises) nouvelles sont plus lentement incorporées dans les cours.

Comme quoi, sous la chaleur de l’été, tout prend davantage de temps, et cela se ressent dans les courbes…

Bel été à vous !

* L’étude mentionnée dans cet article, et bien d’autres encore, peut être consultée en vous enregistrant sur notre page spéciale “Agora”.

Mathieu Lebrun
Mathieu Lebrun
Rédacteur en Chef d'Agora Trading

Mathieu Lebrun est analyste financier. Il commence sa carrière chez Fortis Banque pour intégrer la table de négociations sur devises au sein de la salle des marchés du groupe Natexis Banques Populaires. En 2004, il intègre un cabinet de conseil sur produits dérivés en tant qu’analyste technique et obtient son diplôme d’Analyste Technique délivré par la STA (Society of Technical Analysis).

Depuis près de 10 ans, il s’est forgé une solide expérience sur les marchés financiers. En juin 2013, il décide de créer un service de trading simple et efficace : Agora Trading. Pour ses abonnés, il combine à merveille sa lecture des différentes classes d’actifs et leur corrélation pour en tirer le meilleur. Vous pouvez ainsi vous positionner en toute simplicité, en exploitant des outils de trading ultra-efficaces, les certificats Turbos.

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