Voici les penny stocks qu’il faut surveiller

Rédigé le 31 mai 2011 par | Biotechs et Medtechs, Mid et Small Caps Imprimer

Les penny stocks, ce sont des entreprises qui valent moins de 1 euro. Dans l’imaginaire de l’investisseur, les penny stocks sont souvent très volatiles — et donc très risquées. Est-ce vrai ?

Je vais vous faire une réponse de Normand — que je ne suis pas : oui,… et non.

Souvent, les investisseurs se ruent sur ce genre de titre dans l’espoir de faire une plus-value rapide. Etrangement, ils pensent qu’il est plus facile de passer de 0,09 euro à 0,11 euro que de 9 euros à 11 euros — ou de 90 à 110 euros. Pourtant, la variation est identique. Tout est affaire de psychologie.

Donc l’attrait psychologique de ces titres pas cher (je ne parle pas de valorisation mais bien du prix du titre) fait qu’ils subissent de fortes variations à la moindre dépêche. Parce qu’en plus, vous vous en doutez, les penny stocks n’ont pas la même capitalisation boursière que TOTAL ; donc lorsqu’une masse d’investisseurs arrive sur le titre, ou s’en désengage, cela fait du remous.

Mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : en dehors de certaines phases bien déterminées, elles ne sont pas spécialement volatiles ou risquées. Car les penny stocks sont en général très liquides. C’est-à-dire qu’il n’est pas rare de voir certains jours 2% à 3% du capital changer de mains, ce qui est beaucoup. En fait, vous pouvez entrer et sortir vite de la valeur — ce qui est un critère vital quand vous investissez. Surtout l’achat de tels titres ne nécessite pas beaucoup d’argent. Avec 730 euros, par exemple, vous pouvez acheter 1 000 titres ST DUPONT. Avec 140 euros, vous pouvez acheter 1 000 actions CIBOX.

Les penny stocks, risquées et volatiles ? Pas plus que les autres valeurs

Ce qui est vrai, par contre, c’est qu’il y a des périodes délicates, comme quand certains fonds cherchent à se positionner et à ramasser de grosses quantités pour pas cher sur certaines des penny stocks liquides, quitte à manipuler les cours. L’Autorité des marchés financiers (AMF) veille et la réglementation est la même pour tout le monde, que ce soit pour les blue chips ou pour les penny stocks… mais sur ces périodes, la volatilité est grande. Tenez regardez le volume en ce moment sur ST Dupont — il y a très certainement des fonds qui s’intéressent au dossier.

Mais c’est rare car, comme je vous le disais dans un précédent article, les fonds préfèrent généralement rester à l’écart des penny stocks. Ce cas mis à part, et en dehors de ces phases dans lesquelles les fonds flairent la bonne opportunité et vont spéculer, il n’y a pas plus de risque que pour les autres small caps. Mais comme d’habitude, il faut séparer le bon grain de l’ivraie et choisir les sociétés à fort potentiel.

En général, ces sociétés ont des capitalisations boursières inférieures à 150 millions d’euros (mero), sauf à de rares exceptions près — je vous reparle d’un cas à part un peu plus loin.

Depuis quelques jours, c’est l’effervescence sur certains dossiers (1855, ST Dupont). Je vais donc vous en parler et vous dresser un panorama des penny stocks qui cotent sur le marché français.

Inventaire des penny stocks françaises

Parmi la trentaine de sociétés cotées valant moins de 1 euro, j’ai volontairement écarté les entreprises, dont la capitalisation est inférieure à 4 mero et dont les volumes quotidiens échangés restent très faibles.

J’ai donc écarté par exemple GROUPIMO (immobilier), PROVENTEC (chimie de spécialités), SAFWOOD (construction et fabrication de produits en bois), MILLIMAGES (films et série d’animation), BAC MAJESTIC (films) ou encore DIGIGRAM (produits et systèmes audionumériques).

Je ne vous parlerai pas non plus de DIAGNOSTIC MEDICAL puisque j’en ai déjà fait une longue analyse le 10 mai dernier. J’ai déjà aussi longuement évoqué Acheter-Louer suite à ma rencontre avec son P-DG Fabrice Rosset.

J’ai également écarté CESAR le spécialiste des masques et cotillons, en pleine augmentation de capital* actuellement et dont j’ai longuement souligné le côté risqué.

Enfin, je ne parle pas non plus de BENI STABILI, une foncière italienne, filiale de la Foncière des Régions dont la capitalisation boursière atteint 1,4 milliard d’euros. On est loin de notre monde passionnant des small caps avec cette foncière étrangère.

Voici donc pour l’inventaire à la Prévert des valeurs sur lesquelles je ne reviendrai pas…

Attaquons désormais celles dont je vais vous parler aujourd’hui et vendredi, car elles font l’actu du moment et il y a très certainement des coups à jouer.

ST DUPONT (FR0000054199 – DPT) : un PER délirant !

Je vous ai longuement parlé depuis quelques jours de la hausse fulgurante du spécialiste du luxe (briquets, stylos, maroquinerie).

Regardez : depuis le 1er janvier, le titre a gagné 261,9%… au point que sa capitalisation boursière atteint maintenant 322,9 mero. L’action, après un plus bas à 0,20 euro, est montée jusqu’à 0,99 euro pour se stabiliser autour de 0,75 euro. Une évolution hallucinante (et je pèse mes mots) eu égard aux fondamentaux de l’entreprise.

ST DUPONT a enregistré une progression de son CA de 14,7% sur l’exercice 2010-11 à 62,5 mero. La rentabilité est toutefois au rendez-vous… mais faiblement. Car sur les neuf premiers mois de l’année, ST DUPONT a enregistré un résultat net positif à 1,5 mero contre une perte de 4,4 mero sur la même période de 2009-10.

Imaginons que la société dégage au T4 un résultat net de 1,5 mero, ce qui serait une bonne surprise… Nous aurions alors un bénéfice net annuel de 3 mero pour une capitalisation de 322,9 mero ! Soit un PER de 107 pour une rentabilité nette de 5% (si ST Dupont dégage 1,5 mero au T4). Oui, vous ne rêvez pas.

A titre de comparaison, HERMES se paye 40 fois ses bénéfices pour une rentabilité de 17%.

Certains objecteront qu’une vague de fusions-acquisitions déferle dans le secteur du luxe avec par exemple BULGARI reprise par LVMH, CERRUTI par le Chinois TRINITY ou encore le chausseur anglais JIMMY CHOO racheté par l’Allemand LABELUX. D’autres diront que les montants des opérations des fusions-acquisitions réalisées depuis début janvier sont de 6 milliards de dollars, soit le double de l’ensemble de l’année 2010.

Il n’empêche, la valorisation  de ST Dupont demeure beaucoup trop élevée pour s’y risquer.

CIBOX INTERACTIVE (FR0000054322 – CIB) : du potentiel, dossier à surveiller

Le spécialiste dans la conception et la commercialisation de périphériques informatiques (graveurs de DVD, clés USB) connaît lui aussi un début d’année euphorique, même si n’ayant rien à voir avec ST DUPONT.

Son cours de Bourse a progressé de 40% depuis le 1er janvier pour s’établir à 0,14 euro. Et les volumes échangés sont très élevés avec par exemple 13% du capital au cours des cinq dernières séances.

Son actionnaire principal BTC BV possède 47%, mais rien n’est exclu d’autant que la capitalisation boursière du groupe n’est que de 13,8 mero.

L’an dernier, CIBOX a réussi à augmenter nettement sa rentabilité, avec un CA en légère hausse à 6,8 mero et un bénéfice net en progression de 110% à 0,7 mero. Voilà un bénéfice en forte hausse ! De sorte que son PER ressort à 19, ce qui reste élevé pour le secteur… Sauf si sa nouvelle stratégie — lancement d’un site de e-commerce dédié au stockage –, provoque une nouvelle amélioration de ses marges. Au T1, la stratégie commence à porter ses fruits avec par exemple une hausse de plus de 100% de son CA à 2 mero. CIBOX reste un dossier à suivre de très près, même si je déplore une communication a minima. Et je n’aime pas cela.

Je reviendrai sur d’autres dossiers vendredi. A bientôt !
* Décryptage : augmentation de capital 

Opération consistant, pour une société, à émettre des actions en plus de celles qui sont déjà en circulation et à les placer à titre onéreux auprès de ses actionnaires (opération « réservée ») ou de l’ensemble des investisseurs (opération « mixte » ou « ouverte »). Cette opération a pour objectif de renforcer les capacités financières de l’entreprise. Par exemple, en 2008, suite à l’affaire Kerviel, la Société Générale a eu recours à une augmentation de capital. Pour se donner un ballon d’oxygène financier, la direction a demandé à ses actionnaires (notamment salariés) de la soutenir en souscrivant de nouvelles actions pour un montant supérieur à 5 milliards d’euros.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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7 commentaires pour “Voici les penny stocks qu’il faut surveiller”

  1. […] représentaient les penny stocks, ainsi que leurs risques. Je vous avais parlé de deux dossiers : ST DUPONT (FR0000054199 – DPT) et CIBOX INTERACTIVE (FR0000054322 – […]

  2. après cette première lecture (intéressante) je constate que la publication est atteinte du même travers que les autres publications de la maison : le manque de concision ! Mon professeur de Français répétait sans cesse que l’économie des moyens est la marque de la maîtrise de l’expression.

  3. […] représentaient les penny stocks, ainsi que leurs risques. Je leur avais parlé de deux dossiers : S.T. DUPONT (FR0000054199 – DPT) et CIBOX INTERACTIVE (FR0000054322 – […]

  4. Pour pouvoir comprendre et respecter votre  » politique de commentaire », il faudrais pouvoir comprendre la langue anglaise ( que je ne maîtrise pas hélas).
    restons français….Dans notre hexagone
    Il vous reste à procéder à la traduction dans le langage de Voltaire.
    salutations.RD

  5. Lire  » Il faudrait » : faute de frappe dans le commentaire ci-dessus, envoyé sans relecture.
    Avec mes excuses.
    RD

  6. Est-ce que vous parlez seulement des small cap et penny stock de l’ Europe? J’aimarais avoir votre avis sur ceux des US et surtout ceux du CANADA. Je réside au CANADA et toutes vos recommandations sont faites sur les marchés d’ Europe. Je ne connais aucune banque au CANADA ( QUÉBEC ) avec laquelle je pourrais faire des transactions sur les bourses Européenne. Si quelqu’un en connait une , j’aimerais le savoir.

    Merci

    Y.B.

  7. Bonjour
    Eric Lewin se concentre en effet sur les small caps françaises. Il a non seulement une bonne connaissance des dossiers, mais tient en plus à rencontrer les dirigeants afin de compléter ses analyses. Ce qui serait difficile s’il traitait le marché US ou canadien.
    N’importe quel broker en ligne devrait vous donner accès au marché français. Interactive broker est des plus eprformants et plus compétitif.
    Cordialement,

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