Une forte baisse en perspective pour Numericable ?

Rédigé le 29 septembre 2015 par | Big caps, Toutes les analyses Imprimer

Hier, alors qu’avec mes collègues Cécile Chevré et Simone Wapler, nous discutions des risques d’un endettement trop important, Simone revint sur le cas de Numericable (FR0011594233) et de son actionnaire majoritaire le groupe Altice, dirigé par Patrick Drahi :

« Emblématique est la trajectoire du financement d’Altice, le groupe de télécoms de Patrick Drahi : d’acquisitions en rachats par effets de levier, la dette d’Altice atteint désormais… 45 milliards d’euros selon Alphavalue. Pour donner un ordre d’idée, 45 milliards d’euros équivalent un peu près à 10 fois les pertes liées au scandale Kerviel ou à  un quart des recettes annuelles de TVA de la en France.

Ceux qui ont un peu de mémoire se souviendront des aventures du boulimique Jean-Marie Messier à la tête de Vivendi, juste avant l’éclatement de la bulle internet en 2000.

 M. Drahi a en commun avec M. Messier de ne parler que d’Ebitda (résultats avant intérêts de la dette et amortissements). C’est comme si vous parliez de vos revenus en oubliant de parler des remboursements de vos prêts. Cet Ebitda est aujourd’hui de 9 Mds€, autrement dit : un tiroir-caisse de 9 Mds€ pour Mds€ de dettes…

Chose curieuse, M. Le Marché semble avoir fait le même calcul. « On a rarement vu de tels ratios dans cet univers. Patrick Drahi fait le pari que la croissance de l’Ebitda de l’entité acquise – excédent brut d’exploitation – sera suffisante pour ne pas faire exploser ses ratios de dette. En clair, qu’il va arriver à mieux gérer Cablevision que ses prédécesseurs », comme l’indiquait Les Echos le 17 septembre. »

En ce mardi à la bourse de Paris, Numericable (FR0011594233) chutait de plus de 6% ce matin pour s’inscrire dans les plus fortes baisses journalières. Constat qui tend donc à conforter leurs propos. D’autant que, graphiquement parlant, le titre reste inscrit dans un canal descendant en place depuis mars dernier (visible en noir). Et tant que la zone horizontale des 46,50/47 € (visible en pointillés horizontaux) n’est pas franchie, le risque restera orienté à la baisse en direction des 40 €.

Ce seuil, correspondant au contact avec le bas dudit canal, devra susciter une réaction acheteuse… sous peine de voir la baisse s’accélérer rapidement vers les 34 €.

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Mathieu Lebrun
Mathieu Lebrun
Rédacteur en Chef d'Agora Trading

Mathieu Lebrun est analyste financier. Il commence sa carrière chez Fortis Banque pour intégrer la table de négociations sur devises au sein de la salle des marchés du groupe Natexis Banques Populaires. En 2004, il intègre un cabinet de conseil sur produits dérivés en tant qu’analyste technique et obtient son diplôme d’Analyste Technique délivré par la STA (Society of Technical Analysis).

Depuis près de 10 ans, il s’est forgé une solide expérience sur les marchés financiers. En juin 2013, il décide de créer un service de trading simple et efficace : Agora Trading. Pour ses abonnés, il combine à merveille sa lecture des différentes classes d’actifs et leur corrélation pour en tirer le meilleur. Vous pouvez ainsi vous positionner en toute simplicité, en exploitant des outils de trading ultra-efficaces, les certificats Turbos.

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