Patrick Alexandre : « Le succès de l’IPO me laisse penser que notre produit est porteur »

Rédigé le 15 juillet 2014 par | Interviews, IPO, OPA, opérations financières, Mid et Small Caps Imprimer

patron CrossjectEric Lewin & Patrick Alexandre, PDG de Crossject (FR0011716265)

Vous connaissez à me connaitre : je ne suis pas grand spécialiste des medtech et biotech mais certains dossiers m’interpellent. Ce fut le cas de Crossject, le spécialiste dans la fabrication et la commercialisation de systèmes d’auto-injection médicamenteuse sans aiguille. Le groupe a mis au point un système de piqure sans aiguille offrant une rapidité d’action unique et une meilleure acceptation de la part des patients – notamment ceux qui ont une aversion à l’aiguille… Croyez-moi, j’en connais. Je voulais donc comprendre le procédé de cette société arrivée sur Alternext en février dernier via une levée de fonds de 17 M€. L’action est d’ailleurs l’une des rares sociétés récemment introduites à coter au dessus de son cours de Bourse (+30%). J’ai donc rencontré son PDG Patrick Alexandre, un après midi pluvieux de mai, dans un café proche de l’Opéra.

Pouvez-vous me dire comment vous est venue l’idée de Crossject et quelles ont été grandes étapes de votre société ?

En 1987 je suis sorti deSupélec. J’ai intégré un centre de recherche sur la sidérurgie en région parisienne avant d’être recruté par les laboratoires Fournier en 1997. Là, je me suis intéressé à un patch électrique notamment et c’est alors que j’ai décidé de me lancer. En 2001, j’ai créé en Crossject après avoir réalisé avec succès les premiers essais d’injection de médicaments sans aiguille en 1999.

Notre société a plus de douze ans et a franchi des étapes bien précises. Entre 2001 et 2010, l’accent a été mis sur la recherche et développement et le perfectionnement des caractéristiques de ZENEO. A partir de 2011, nous avons recentré la stratégie sur les molécules libres de droit via le développement d’un pipeline de produits en signant nos premiers partenariats. Nous avons décidé depuis de nous concentrer sur les produits que nous pouvions développer par nous même.

L’industrialisation est en cours et nous visons une mise sur le marché en 2015. L’idée de départ, c’était utiliser la pyrotechnie pour miniaturiser un device (stockage d’une grande quantité d’énergie dans un petit volume).

Vous parliez du Zeneo : pourriez-vous expliquer simplement ce qu’est votre produit ?

Le Zeneo est un système d’injections intradermiques, sous cutanées ou encore intramusculaires que nous avons mis au point, et qui est le plus avancé au monde. Il peut contenir des doses comprises entre 0,1 et 0,6 ml. Il suffit au patient d’insérer sa dose de médicament dans le boitier et c’est ensuite très facile à appliquer : on pose, on appuie et l’injection est faite. Plus d’erreur de dosage. C’est une vraie alternative. Nous nous positionnons sur des médicaments génériques et sur des traitements ponctuels : par exemple, vous vous savez allergique aux cacahuètes, vous en mangez une par mégarde et d’un coup, vous développez un choc anaphylactique. Eh bien grâce au Zeneo, que vous avez toujours sur vous, vous pouvez vous injecter le traitement vous-même et immédiatement. Ainsi, nous travaillons en partenariat avec des laboratoires pour commercialiser ces traitements via le Zeneo: pour la polyarthrite rhumatoïde, les chocs anaphylactiques et les migraines aigues.

Nous avons un partenariat de commercialisation avec le français Biodim et un autre acteur dont nous devons taire le nom par confidentialité. Une commercialisation des deux premiers produits est envisagée en 2015.

Nous bénéficions même d’une propriété intellectuelle solide jusqu’en 2026 à travers 26 familles de brevets.

Pourquoi être venu en Bourse et ne pas être resté dans le monde du private equity ?

Notre projet étant arrivé à une phase avancée de son développement, la technologie est prête et éprouvée et les premiers produits devraient être sur le marché fin 2015 : devenir une société cotée apporte une visibilité sans pareille et permet de toucher des publics plus larges, la cotation confère un statut de société installée. La forte sursouscription (4,4 fois) que nous avons eue est pour moi le signe que cette opération représentait une opportunité d’investissement attractive et que notre produit intéresse et est porteur. De plus, être côté en Bourse est un gage supplémentaire de crédibilité pour les investisseurs, surtout dans notre secteur très gourmand en capitaux.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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