Passez à l’achat sur les bancaires

Rédigé le 9 septembre 2011 par | Big caps Imprimer

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Tous les jours, et dès 16h00 au 0899 88 20 36* Philippe Béchade analyse pour vous les marchés, les rumeurs qui animent les salles de trading, et vous propose SA stratégie pour profiter ou contrer les mouvements boursiers __________________________________________________________________________________________________

Ne dites pas à ma mère que j’achète des valeurs bancaires… elle croit que je suis trafiquant d’armes en Colombie.

Blague à part, il apparaît aujourd’hui plus difficile de faire acheter une valeur bancaire européenne à un gérant d’OPCVM que de faire avaler une amanite phalloïde à un mycologue chevronné.

Pour exprimer sans détour notre vision des choses et planter le décor, une correction de -50% des principales banques inscrites au CAC 40 intègre un scénario pire que la faillite de la Grèce.

La Fed à la rescousse des banques US Ce magnifique épouvantail ne suffit plus à expliquer à lui seul pourquoi le Crédit Agricole s’est retrouvé, le mardi 5 septembre, 10% plus bas que son précédent plancher historique des 6 et 9 mars 2009, en pleine capitulation post-Lehman.

A l’époque, toutes les banques occidentales dévissaient alors que celles qui cotent à Wall Street étaient relativement épargnées… pas encore de contagion planétaire à l’horizon. Et cela ne devrait pas survenir au cours de la prochaine quinzaine car la Fed a publié mercredi soir un Beige Book sans surprises (bonnes ou mauvaises), soulignant que l’activité serait hésitante et/ou déclinante dans bon nombre de régions américaines. Elle ne devrait donc pas différer la mise en place de stimuli monétaires au-delà du 20 septembre prochain.

C’est une confirmation des attentes de Wall Street et les banques US devraient en être les principales bénéficiaires. Cette fois-ci, plutôt que des rachats de Bons du Trésor, la Fed devrait absorber des MBS (dérivés de crédit immobilier) directement auprès de leurs émetteurs. Cela devrait soulager le bilan des banques car ce sont des actifs à risque sur lesquels de lourdes provisions peuvent s’avérer nécessaires…

La Fed dispose pour sa part d’une couverture « no limit » et personne ne lui demande de renforcer son ratio tier one en fonction des dépréciations potentielles auxquelles elle s’expose.

Qu’en est-il des banques européennes ? Leurs contreparties américaines devraient retrouver des marges de manoeuvre en matière de refinancement interbancaire et d’absorption de produits structurés.

En ce moment, les échanges entre établissements de crédit européens sont pratiquement au point mort, les émissions obligataires des entreprises sur le marché primaire sont quasi inexistantes depuis le début de l’été, faute de pouvoir impliquer des « banques chef de file ». Le stress généré par la question grecque mobilise toutes les énergies et gèle la plupart des initiatives.

Le versement de l’aide promise en juillet à la Grèce – l’Allemagne n’y ferait plus obstacle – devrait débloquer la situation. C’est le scénario à privilégier mais il n’est pas encore gravé dans le marbre (sinon les bancaires vaudraient déjà 50% de mieux et cela n’effacerait même pas la moitié des pertes des trois derniers mois).

D’après les derniers éléments qu’elles ont communiqués aux marchés et à la BCE, les valeurs bancaires ne capitalisent même plus leur valeur d’actif et offrent un rendement supérieur à 7% (pour mémoire, les opérateurs télécom affichent entre 9 et 11%). Pourtant, même à ces prix de braderie, sans précédent depuis octobre 2008 ou mars 2009, plus personne n’en veut.

Pour être honnêtes, même au plus bas de la première débâcle qui s’est achevée vers le 10/11 août, nous n’en voulions pas non plus. Certes, le scénario aurait pu être celui d’une reprise en « V » (comme en mars 2009) mais il y avait un risque bien plus grand d’observer une réédition des phases baissières de mi-janvier puis d’octobre/novembre 2008. Et c’est exactement comme cela que tout s’est déroulé.

Quel potentiel de rebond ? Après trois vagues de capitulation en l’espace d’un mois et de nouveaux plus-bas annuels, le potentiel de repli supplémentaire semble bien moins considérable que le potentiel de rebond (c’est purement mécanique). Prenez l’exemple du Crédit Agricole qui vient de perdre 7 euros en quatre mois. Il lui sera plus facile d’en reprendre 3,5 (la moitié du terrain perdu) que d’en perdre autant (pour aboutir à une rechute sous le seuil des 2 euros qui rapprocherait le titre de la penny stock).

Et si jamais l’analyse technique admettait – en se basant sur l’exemple de Lehman ou de Citigroup – que le Crédit Agricole puisse perdre encore plus de la moitié de sa valeur, cela impliquerait que la communauté financière considère la « banque verte » en faillite. C’est une hypothèse qui peut être formellement écartée dans la mesure où l’Etat français ne peut se permettre que la seconde banque du pays soit considérée comme insolvable.

Elle peut perdre de l’argent – au lieu d’en gagner – si un défaut de la Grèce l’oblige à passer plusieurs milliards de provisions (le chiffre paraîtrait énorme mais elle en a les moyens), elle pourrait voir une partie de ses fonds propres partir en fumée… mais dans ce cas, l’Etat déciderait de la recapitaliser d’urgence car aucune menace systémique ne saurait être tolérée et le même raisonnement vaut pour la Société Générale, Natixis ou encore Dexia.

Voyons maintenant ce que nous suggère le graphique du secteur bancaire. Ce dernier affiche -40% depuis le début de l’année et -50% en deux mois au moment où nous écrivons ces lignes. A 310 points, l’indice sectoriel est au plus bas depuis le 12 mars 2009, bien plus bas que les 377 touchés au pire de la crise post-Lehman, le 21 novembre 2008.

Graphique: valeurs bancaires

Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Après que l’indice soit repassé de 600 points le 4 juillet à 300 points le 6 septembre, quel pourrait être le prochain support ? Historiquement, il n’y a plus que les 250, le « plus-bas absolu » du 9 mars 2009, soit un risque de perte de -20%.

Un peu d’audace ! Ou se situent – symétriquement – aujourd’hui les résistances ? A 380 points (zénith du 1er septembre) puis à 400 points (palier testé le 15 août). Cela représente donc un potentiel de rebond de +20 à +33%. Et nous ne parlons pas là d’obstacles majeurs !

Les plus grosses résistances n’apparaissent en fait que vers 455/460 points (planchers de juin 2010) et c’est précisément sous ce seuil que la débâcle s’est amorcée le 2 août.

Et comme vous le constatez facilement, c’est un niveau algébrique situé très exactement à mi-chemin entre les plus-hauts du début de l’été et les récents plus-bas inscrits début septembre. Sauf à considérer que la moyenne mobile à 20 jours – qui gravite actuellement vers 370 points – est infranchissable, un retracement de 50% de la baisse estivale est un objectif réalisable, sinon prudent (il correspond actuellement à la MM50).

Et nous ne parlons même pas du retracement de 50% des pertes depuis le zénith annuel des 677 points de la mi-février, ce qui ramènerait les bancaires au contact du plancher des 485 points de la seconde moitié du mois de juillet. Alors, soyons audacieux !

*1,35 euro par appel + 0,34 euro / minute. Depuis la Belgique : composez le 09 02 33110, chaque appel vous sera facturé 0,75 euro / minute. Depuis la Suisse : composez le 0901 801 889, chaque appel vous sera facturé 2 CHF / minute.

_______________________________Pour vous aider dans vos trades________________________________

Avez-vous ces cinq valeurs en portefeuille ?

Elles pourraient être la clé des profits en 2011, malgré la crise : solidement, facilement et en toute simplicité. Mettez-les au fond de votre portefeuille, oubliez-les… et rendez-vous en fin d’année pour voir où en sont vos profits !

Tout est là…

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

3 commentaires pour “Passez à l’achat sur les bancaires”

  1. Ne faites pas confiances aux banquiers.
    L’aventure de la banque Fortis nous a laissé un goût amer fin 2008
    Pour « éviter la faillite », l’état (belge) a injecté de l’argent (prise de capital) et BNP Paribas a racheté la banque pour une croute de pain (la bonne affaire!)
    Les actionnaires ont par contre été complètement lessivés.
    L’action valait plus de 20 Euros six mois avant la « faillite » et j’en ai acheté à 5 Euros une semaine avant.
    Le lendemain de la prise de contrôle par BNP Paribas , l’action Fortis ne valait plus que 0,5 Euros.
    On avait transféré le reste de la pourriture dans le nouveau « véhicule » Fortis qui existe toujours.
    Ne faites pas confiance aux banquiers, aux politiciens et aux financiers. Vous allez vous faire plumer.

  2. Depuis que j’ai cessé de lire Nicolas Miguet (Achetez de l’eurotunnel, disait il à l’époque ou c’était la mode…) Je n’ai jamais vu de site boursier contenant autant de conseils faux. Sur le bancaire le marché est TRES volatil et la semaine est pleine d’évènements susceptibles de le faire plonger, en particulier la visite en Grèce de la troika mercredi la réunion eurogroupe vendredi et la réunion du CA du FMI vendredi également. Quand les cours sont aussi volatils soit on risque gros en jouant soit on ne joue pas,s mais on ne dit certainement pas « c’est le moment d’acheter »…

  3. […] vous le disait vendredi dernier : passez à l’achat sur les bancaires et ayez un peu d’audace ! Non, nous n’avons pas perdu la tête. Je vais […]

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