Parrot qui rit, Archos qui pleure

Rédigé le 16 mai 2017 par | Actions, Mid et Small Caps Imprimer

Hier (lundi) fut très particulier – et peut-être très emblématique – pour deux sociétés de la Tech françaises : Archos et Parrot.

D’un côté Archos (FR0000182479), positionné dans les tablettes et smartphones, a connu un premier trimestre épouvantable marqué par une baisse de 38% de son chiffre d’affaires, à 25 M€. Ses ventes de tablettes en France et en Allemagne se sont effondrées… On peut d’ores et déjà dire qu’il n’y aura pas de croissance sur l’ensemble de l’année… alors que 2016 avait déjà été une mauvaise année : le CA avait reculé de 2,6%.

Très logiquement, l’action s’est effondrée quasiment sur son plus-bas historique, qui date de 2004 à 0,72€…

ARCHOS Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Déjà considérée comme une penny stock, Archos avait de plus en plus de mal à attirer certains types d’investisseurs, les grosses gestions n’ayant pas le droit de s’y intéresser. Nul doute que les derniers résultats dissuaderont les derniers courageux à venir sur le dossier.

Mes prévisions s’avèrent donc assez justes sur ce titre : une société de la taille d’Archos ne peut pas rivaliser avec les Apple et Samsung. C’est juste impossible, tant la force de frappe des géants est énorme… Sauf à inventer un nouveau business model que la direction est pour l’instant incapable de trouver.

Par contre, nous avons eu une très bonne surprise du côté de Parrot (FR0004038263). Dans mon service MicroCaps Fortunes, nous avons tenté un pari. Nous nous étions positionnés le 30 novembre pour jouer une amélioration des résultats. Bingo : le 6 janvier, le titre marquait un récent plus-haut à 11,60€ ! Nous étions largement et très rapidement en gain… et puis catastrophe : la publication du dernier trimestre a été catastrophique. Voici ce que j’écrivais alors à mes abonnés :

Alors que nous gagnions plus de 27%, la publication du chiffre d’affaires du quatrième trimestre a fait l’effet d’une douche froide. L’activité du groupe ressort à 85 M€ sur les trois derniers mois de l’année, alors que les analystes attendaient 100 M€. Parrot va tailler dans ses effectifs en supprimant 290 emplois dans son activité Drones (sur un total de 845 dans cette activité, soit 34%). Cela représentera des coûts exceptionnels de 45 M€ et environ 20 M€ de dépréciations d’actifs sont provisionnés dans les comptes 2016.

Bien entendu, le groupe va revoir en profondeur sa stratégie et se détacher un peu des drones grands publics, trop concurrentiels avec notamment le Chinois DJI qui n’hésite pas à brader les prix pour conquérir des parts de marché.

Je dois dire que j’enrage un peu… car j’ai été trop gourmand. Notre timing d’achat était le bon mais nous avons péché par excès d’optimisme et nous avons redonné tout notre gain au marché.

Nous avons finalement décidé de conserver pour jouer une amélioration des trimestriels. Et vu la nouvelle envolée du titre hier (+10%), je suis content et rassuré par mon choix.

PARROT Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Si vous me lisez dans La Bourse au Quotidien, vous savez que j’avais souvent vivement critiqué le positionnement de Parrot sur les drones civils : ce marché est très concurrentiel mais très déflationniste. La stratégie du groupe de baisser ses prix pour pouvoir conserver ses parts de marchés face aux Chinois m’avait inquiété et laissé dubitatif. Comme je vous l’ai dit, les résultats de la fin 2016 semblaient me donner raison… mais peut-être avais-je parlé trop vite.

Le premier trimestre a été marqué par des signaux encourageants dus à un changement de business model… Parrot se désengage un peu du B to C sur ses drones, pour essayer de positionner sur le B to B. Sur les trois premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires a atteint 28,6 M€, en hausse de 79% : la branche drones professionnels affiche une progression de 73% à 9,7 M€ ! Mais ce n’est pas tout ! La marge brute est passée de -36,3% (oui vous avez bien lu : les produits ont été vendus à perte) à +39,8%.

Le groupe – dirigé par Henri Seydoux – a travaillé son mix produit et son repositionnement sur les drones professionnels est en passe de réussir. De plus, une meilleure sélection de ses réseaux de distribution semble là aussi payer.

Alors bien sûr, le résultat opérationnel courant reste déficitaire, mais il n’est plus que de 18,8 M€ contre une perte de 41,5 M€.

L’exercice 2017 s’annonce donc bien meilleur : la direction a confirmé ses objectifs de chiffre d’affaires et d’amélioration des résultats – même s’ils devraient rester encore en perte. Ce n’est qu’en 2018 que la société devrait voir son résultat repasser dans le vert. A présent, toute la problématique du groupe est de bien gérer son cash, actuellement de 174,7 M€… (59% de sa capitalisation boursière).

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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