Comment parier sur la victoire des Bleus

Rédigé le 5 décembre 2013 par | Apprendre la Bourse Imprimer

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Et un, et deux, et trois-zéro ! En se qualifiant pour la Coupe du monde 2014 au Brésil, l’équipe de France de football a réussi un sacré exploit : remonter le moral de tout un pays secoué par les licenciements et le ras-le-bol fiscal. On ignore souvent que les résultats de ce genre ont aussi des conséquences sur les marchés financiers. Heureusement, la recherche académique explique comment l’investisseur peut profiter des performances sportives de son équipe préférée.

Les Bleus connaîtront vendredi leurs adversaires à la Coupe du monde de l’an prochain. Le tirage pourrait être explosif pour la France, étant donné qu’elle se trouvera dans le troisième chapeau aux côtés des nations africaines. Car c’est bien joli d’avoir terrassé l’Ukraine, la 20ème nation du football selon la FIFA, mais avant leur rencontre, les Bleus (alors 21ème) n’ont finalement enregistré que leur première victoire contre un pays mieux classé qu’eux depuis… 2006 ! Heureusement, cette victoire leur a permis de repasser dans le top 20, à la 19ème place.

Sept ans sans succès probant, ça fait long – comme diraient certains ; ce qui explique leur position délicate avant ce fameux tirage. Exemple du pire : tomber sur le Brésil (1er chapeau), les Pays-Bas (2ème chapeau) et les Etats-Unis (4ème chapeau). Scénario de la chance : tomber sur une équipe européenne relativement faible du 2ème chapeau (Grèce ou Bosnie, par exemple) et espérer décrocher la Suisse ou la Belgique dans le 1er chapeau.

Attendez… quoi ? La Suisse et la Belgique, les deux petits voisins font partie des huit meilleures nations du football mondial ? Même devant l’Italie et l’Angleterre qui se trouvent dans le 2ème chapeau ? D’après la FIFA, c’est ce qu’il se passe quand on ne perd pas un seul match en qualification. La Suisse, par exemple, est même invaincue depuis 14 rencontres et a réussi à battre – depuis 2006 et la dernière victoire probante de la France – des équipes telles que l’Espagne, l’Allemagne et le Brésil. Ni plus, ni moins.

Enfin, faire le fier avec la "Nati", c’est quand même un exercice quelque peu risqué, surtout quand c’est plus le coeur qui parle que la tête.

Bref. Arrêtons un moment ces discussions de comptoir, et consacrons-nous à la recherche académique et aux enseignements que peut en tirer l’investisseur. Car, oui, plusieurs groupes de chercheurs en finance se sont intéressés à mesurer l’impact des résultats sportifs sur les marchés. En voici donc une petite sélection.

But, boom & bust

A ma connaissance, aucun papier n’a été spécifiquement consacré aux résultats de l’équipe de France. Dommage, car depuis le sacre planétaire de 1998, son parcours ressemble fort à une succession de "booms" (1998, 2006) & "busts" (2002, 2010), comme disent les Anglophones. Une volatilité qui aurait mérité de trouver son penchant sur le marché actions.

Pour notre première étude*, des chercheurs se sont concentrés sur des places fortes du ballon rond, où la défaite est encore plus mal vécue qu’en France. Il s’agit, d’après les auteurs, de l’Angleterre, de l’Espagne, du Chili et de la Turquie. Des passionnés en puissance. Ils ont alors évalué l’effet de compétitions internationales sur la performance et la volatilité des marchés de ces quatre équipes.

Il en ressort que lorsque des équipes espagnoles et britanniques perdent contre des rivaux étrangers, les bourses de ces pays dégagent des performances en baisse et les investisseurs montrent une plus grande aversion au risque. La situation au Chili et en Turquie est un peu différente dans la mesure où les équipes ne connaissent pas le même succès international. Mais comme le football est le sport numéro un, les victoires provoquent des performances supérieures sur les marchés et davantage de prise de risque.

L’effet de la victoire est plus fort lorsqu’on ne s’attend pas à gagner.

L’enseignement à tirer de cette étude ? L’investisseur aurait dû jouer la hausse du marché s’il estimait que la France n’est pas un grand pays de football et que sa victoire contre l’Ukraine aurait constitué une surprise…

Petit maître, grands effets

Bien sûr, pour qu’un résultat sportif influence l’orientation des marchés, il faut qu’il concerne un sport majeur, capable de renverser l’humeur d’un pays. La puissance de ce phénomène peut être étudiée en Inde, par exemple, où le sport numéro un – le cricket – est pratiquement une religion sur le sous-continent. Chaque victoire déclenche un 12 juillet 1998, là-bas.

Une étude* a d’ailleurs établi qu’il existe une relation asymétrique entre les résultats de l’équipe nationale dans les test-matchs et la performance des actions sur la bourse indienne. En résumé, une victoire indienne déchaîne les foules, mais n’a pas d’impact significatif sur le marché. En revanche, une défaite de l’équipe de cricket envoie le marché dans le rouge. Et encore plus fortement si la star du cricket, Sachin Tendulkar, jouait ce jour-là. Pour vous donner une idée du phénomène, Tendulkar est aussi populaire que Platini, Pelé, Zidane, les deux Ronaldo, Cruyff, et Maradona cumulés. Le "petit maître" (c’est son surnom) vient de prendre sa retraite, la bourse indienne devrait donc connaître des lendemains de défaite moins pénibles. Imaginez les conséquences si l’équipe indienne de cricket avait vécu l’équivalent de la défaite des Bleus en finale de Coupe du monde 2006, avec le fameux coup de tête de Zidane…

Les sponsors crient victoire

En tout cas, les plus soulagés après la qualification des Bleus pour le mondial brésilien sont certainement leurs sponsors, et TF1 (FR0000054900) en particulier, qui a acquis les droits de diffusion pour la bagatelle de 130 millions d’euros. Un investissement qui aurait été difficile à rentabiliser si le téléspectateur tricolore avait dû consacrer son temps de cerveau disponible à regarder jouer l’Ukraine à Rio. Pire, la Suisse ou la Belgique – ces satanés voisins.

En parlant de sponsoring, une troisième étude* a analysé dans le moindre détail les liens entre les résultats des sept principales équipes nationales européennes lors des compétitions internationales et l’évolution du cours boursier de leurs sponsors. Plus le match est important et son résultat inattendu, plus l’impact sur le cours de l’action des sponsors est massif.

Sachant que le titre TF1 a progressé de 5% au lendemain de la victoire contre l’Ukraine à Paris, on peut en déduire que le marché a été surpris de la qualification française. Après le match Aller des barrages, il y avait de quoi… (TF1 avait d’ailleurs clôturé la séance du lundi suivant sur une baisse de 2,9% à la Bourse de Paris). Même si nous n’avions pas modélisé cette victoire dans notre algorithme, nous avions recommandé à nos clients d’acheter l’action TF1 le matin du match Retour dans notre service. Un gain de 5% sur une journée est toujours bon à prendre ; quoique sur l’ensemble de notre portefeuille français (qui détient vingt titres), l’impact est finalement limité. Nos abonnés qui nous suivent depuis le début de cette année l’attesteront, puisqu’ils ont gagné, à fin novembre, 31,4% en suivant à la lettre notre portefeuille dynamique. Il reste d’ailleurs quelques places pour ceux qui apprécient une approche scientifique à l’investissement.

Pour les autres principaux sponsors des Bleus, l’effet est moins marquant. Carrefour (FR0000120172) a progressé de plus de 5% lors des sept séances ayant suivi la qualification, mais le titre était dans un trend haussier. Vivendi (FR0000127771) (maison-mère de SFR) et Crédit Agricole (FR0000045072) ont tous deux ouvert en hausse le mercredi 20, sans confirmer.

Samba, siesta ou via ?

Vous me direz, c’est bien beau tout cela, mais à quoi faut-il s’attendre sur les marchés à l’avenir ? Et en particulier du 12 juin au 13 juillet 2014, pendant la Coupe du monde au Brésil. Pour tenter de répondre à cette question, ces chercheurs* ont montré que durant la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud, le niveau d’attention des traders déclinait de manière significative pendant la retransmission des matchs.

Cette étude montre surtout que durant les rencontres, les bourses des pays engagés se déconnectaient significativement des marchés internationaux. Alors que la norme veut que Wall Street dicte largement la tendance sur les autres places, ce ne sera donc vraisemblablement plus le cas pendant les matchs des Bleus en juin et (peut-être) juillet prochains.

Paradoxalement, la qualification de l’équipe de France pour le Brésil a déjà infligé une sous-performance aux investisseurs sur le marché français. En effet, un échec aurait coûté sa place au sélectionneur Didier Deschamps. Or ce genre de décision provoque en général une hausse de 0,8% du marché, comme le démontre ce papier*. Mais le CAC 40 a reculé de 0,09% le 20 novembre. Les auteurs de cette recherche ont étudié 53 cas de renvois ou de démissions d’entraîneurs de clubs anglais cotés en bourse entre 2000 et 2009. Une démission engendre, en moyenne, un recul de 0,5% du cours le lendemain de l’annonce et l’effet négatif se poursuit un mois environ, pour une perte totale d’environ 8%.

Normal, une équipe devrait mieux performer sans le mauvais entraîneur qui mérite d’être viré, alors que le départ d’un coach de qualité, peut-être pour diriger une équipe plus huppée, assombrit les perspectives de l’équipe, et donc de l’action. Quant à savoir dans quelle catégorie se range Didier Deschamps, je vous laisse spéculer.

* Toutes les études mentionnées dans cet article, et bien d’autres encore, peuvent être consultées en vous enregistrant sur notre page spéciale "Agora".

 

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sylvainfrochaux
sylvainfrochaux
Directeur de la recherche chez Straight from The Lab

Sylvain Frochaux est le directeur de la recherche chez Straight from The Labet fondateur de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/). Il est surnommé par ces pairs le « Japonais blanc » de la finance, en raison de son caractère jusqu’au-boutiste et de son parcours de vie.

Après des études brillantes à HEC Lausanne (où il finit premier de sa volée, avec notamment une thèse de master en économétrie financière), il se dirige vers le Japon pour y effectuer son doctorat. De retour en Suisse, il devient responsable de l’analyse financière et de la recherche académique pour le quotidien financier L’Agefi.

En 2009, il quitte le journalisme pour créer le groupe Straight from The Lab (https://ra113.infusionsoft.com/go/sftl/Agora/) qui a pour objectif de rendre accessible, aux investisseurs privés, les dernières recherches en finance. En 2013, après trois ans de recherche, il lance avec son équipe le service Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/), une solution d’investissement basée exclusivement sur l’analyse scientifique des marchés. Unique en son genre, cette stratégie fournit aux investisseurs un portefeuille clé en main, avec une garantie de performance (minimum 50% en cinq ans).

Toutes les études mentionnées dans les articles signés par Sylvain Frochaux peuvent être consultées en vous enregistrant sur la page commune des Publications Agora et de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so-agora/Agora/).

2 commentaires pour “Comment parier sur la victoire des Bleus”

  1. Comment parier sur la victoire des #Bleus ?
    Profitez de l’exploit de l’EDF qualifiéé pour la #CDM2014 au #Brésil
    >> http://t.co/xep8CvtoX9

  2. La victoire des Bleus? http://t.co/CNgAu0ISdg via @sharethis « La Suisse et la Belgique, les deux petits voisins francophones » … j’adore !

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