Euronext : oui aux entreprises familiales, non à l’indice familial !

Rédigé le 11 décembre 2017 par | A la une, Indices, sociétés et marchés Imprimer

Euronext Family BusinessLors de son lancement par les autorités boursières, en catimini le 21 février dernier, l’Euronext Family Business a volontiers été présenté comme le 1er indice européen dédié aux entreprises familiales. L’idée ? Booster leur visibilité, bien sûr.

Et, parmi les 90 valeurs sélectionnées pour composer l’indice – cocorico ! – 65 sont françaises. Je pense notamment à Groupe Crit (FR0000036675), Seb (FR0000121709), Guerbet (FR0000032526) ou encore Bonduelle (FR0000063935).

Les entreprises familiales à l’honneur

La démarche est louable. Vous savez que j’apprécie particulièrement ce type d’entreprises et j’adhère parfaitement à l’idée de faire la promotion des valeurs fortes et fondatrices qui innervent chaque particule de ces sociétés : gestion rigoureuse, stratégie de croissance externe prudente, culture d’entreprise forte, transmission… et j’en passe.

D’ailleurs, le sujet bénéficie d’un certain engouement. Notamment auprès des sociétés de gestion qui cherchent à remettre le thème au goût du jour. Et, par la même occasion leur fonds maison type Oddo Génération, MAM Entreprises familiales, Palatine Entreprises Familiales et consorts. Gilbert Dupont a même organisé tout récemment un forum « valeurs familiales », réunissant autour de ce sujet gérants et entreprises.

Les gérants ne connaissent pas l’Euronext Family Business

Si j’encourage ce genre d’initiatives, concernant l’Euronext Family Business, je me pose la question de sa pertinence. Vraiment je ne suis pas convaincu. Comment l’indice peut-il prétendre mettre les entreprises familiales à l’honneur alors que personne ne le connaît ? Tenez, j’ai contacté une dizaine de gérants pour savoir ce qu’ils en pensaient. Si une très grosse majorité avoue ne pas s’intéresser à cet indice, trois d’entre eux ne le connaissaient même pas !

De plus, et c’est peut-être le point le plus important, pour l’instant les performances ne sont pas au rendez-vous… Certes, réaliser 11,4% de hausse en l’espace de neuf mois peut vous sembler correct. Mais ce n’est vraiment pas terrible. Surtout quand, dans le même temps d’autres indices, parmi les plus classiques, ont fait mieux. L’indice CAC Small par exemple, qui depuis le 21 février a engrangé 12,5% quand, dans le même temps, l’indice CAC Mid & Small s’est apprécié de 17%…

Bien sûr, tout peut être différent dans quelques mois, mais force est de constater qu’il est permis de se demander si la création d’un tel indice s’imposait. Je n’en suis pas certain. La démarche est louable, et je ne peux que l’applaudir, mais il y a encore du travail pour porter haut et fort les couleurs des entreprises familiales. C’est dommage, elles le méritent.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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