1 047$ : l’or pulvérise son record de mars 2008

Rédigé le 8 octobre 2009 par | Matières Premières Imprimer

A défaut de les comprendre, je crois bien que je vais finir par aimer ces marchés. Comment ne pas tomber sous le charme ? TOUT monte en PERMANENCE… n’est-ce pas formidable ?

Le CAC s’est adjugé +2,59% mardi, et une vague verte s’est abattue sur l’ensemble des places financières de la planète. Ça faisait longtemps….

Mais la PALME revient à l’or

L’or qui, hier, a pulvérisé son record de mars 2008 (1 030$ l’once) et qui est venu se poser sur les 1 046$ à Londres sur le marché spot. L’indice des valeurs aurifères HUI faisant, lui, un bond de presque 7% en 1 heure !

Cours de l'once d'or en dollar US

Cours de l’once d’or en dollar US

Notre analyste Marc Dagher (qui épaule Simone Wapler avec ses vues technique sur les matières dans L’Investisseur Or & Matière) avait vu juste. Non seulement il avait prévu la soudaine envolée de l’or fin août (sortie du triangle par le haut, nous vous en avions parlé dans ces lignes) mais en plus il répète à ses lecteurs depuis fin août que la barre des 1 000$ l’once sera franchie, avec un objectif de cours à 1 032$. Et depuis 15 jours il annonce qu’une fois ce cap passé, il faudrait viser les 1 070$.

Pourquoi tant de hausse ? Essayons d’y voir plus clair…

Noyés dans l’argent…

Je crois sincèrement que les marchés sont littéralement « noyés » dans les liquidités. Les Banques centrales ont inondé la planète financière d’argent. De l’argent quasi gratuit étant donné les taux d’intérêt extrêmement bas pratiqués.

Or ces flots de liquidités, il faut bien en faire quelque chose. Et comme en plus on les a « pour pas cher », on peut se permettre de prendre des risques !

Alors voilà. Ils sont investis partout, sur tout. Et font monter tous les actifs en même temps : actions, obligations, matières premières, devises… tout ce qui est susceptible de monter, monte.

Oubliez la raison, Descartes, l’esprit critique, le questionnement…

Car peu importe si tout cela défie parfois la raison (a-t-on déjà vu des marchés actions et obligations monter en même temps !).

Et peu importe si on prend le risque de créer des « bulles ». Parce que vu la rapide montée des marchés, il va maintenant falloir que les fondamentaux de l’économie s’alignent. Vont-ils s’aligner ? Qui sait….

Oubliez la raison, Descartes, l’esprit critique, le Discours de la méthode, le questionnement permanent… parce que malgré toutes les incohérences, le marché aura toujours raison. Contre vous. Dites vous bien qu’il vaut mieux vaut jouer avec lui que contre lui.

Vous voulez jouer ? Alors suivez l’arbitre…

Avant de commencer, surtout n’oubliez pas que tous les marchés sont interconnectés. Nous avons à faire à un grand jeu de vases communicants à l’échelle de la planète. La moindre « news » entraîne une migration immédiate des capitaux d’une classe d’actifs à l’autre. Le bonheur des uns faisant le malheur des autres.

Mais il y a un arbitre : l’aversion au risque. Elle est aux commandes du jeu. C’est elle qui dicte la conduite des investisseurs, et donne la tendance. A coup de points gagnants validés ou de carton jaune imposé.

Prenons un exemple.

Mardi matin, la RBA remonte ses taux !

La Banque centrale australienne a été mardi la première à dégainer son arme en remontant de 0,25 % son taux directeur. Jérôme Revillier vous en a déjà parlé. Le message a été clair : le risque de contraction économique est derrière nous, confortant ainsi les investisseurs dans leur opinion : la crise est finie !

Conséquence : les investisseurs s’emballent. L’euphorie s’impose, le risque s’évapore…

Le risque s’évapore ? L’impact est immédiat :

– les marchés actions grimpent en flèche ;

– le dollar, qui sert de valeur refuge à la moindre remontée de l’aversion au risque, est lâché ;

– l’or et les matières montent en dollar ;

Quelle que soit la news au départ, l’enchaînement est là… Hier nous avions en plus une cerise sur le gâteau :

Une réunion secrète se serait tenue entre nations du Golf

Objectif : remplacer le dollar par un panier de devises INCLUANT L’OR pour payer les livraisons de pétrole.

Conséquence immédiate :

– le dollar plonge contre toutes les devises. Chacun se rappelant que notre bon vieux billet vert se fait bien vieux et qu’il est en train de perdre son statut de valeur de réserve et de référence ;

– l’or adore et a culminé à 1 047$… pour l’instant !

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marc-dagher
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