Opportunité d’achat sur Total ?

Rédigé le 4 avril 2012 par | Big caps Imprimer

Total est sous le feu des projecteurs depuis mardi et l’annonce d’une importante fuite de gaz sous l’une des plateformes du champ gazier d’Elgin-Franklin. En fin de semaine dernière, le groupe tentait de temporiser et de rassurer en indiquant avoir localisé la fuite en question. Mais aujourd’hui le mal est fait : la comparaison avec le spectre de BP en 2010 est dans toutes les têtes…

Alors que la question de la réparation (voire de la remise en ordre de marche) reste posée, faut-il s’attendre à la même débâcle boursière sur Total dans les semaines qui viennent ou, au contraire, y voir une opportunité ?

Le parallèle avec BP deux ans plus tôt

Si les enjeux et les conséquences aujourd’hui semblent tout de même très éloignés par rapport à la catastrophe de Deepwater, voilà en tout cas les deux scénarios de Reuters :

  • dans le meilleur des cas (arrêt temporaire), l’impact se limiterait à quelques centaines de millions d’euros. Les analystes mettent en avant le fait que seul du gaz et des produits « légers » s’échappent du puits. Il ne s‘agit pas de pétrole : le risque de pollution est donc nettement moindre ;
  • en cas de scénario noir toutefois (arrêt voire explosion de la plateforme d’Elgin-Franklin), la facture pourrait alors dépasser les 10 milliards de dollars…

Lors de la catastrophe de Deepwater dans le golfe du Mexique en 2010, le groupe anglais avait vu sa capitalisation boursière divisée par deux dans les deux mois qui avaient suivi cette annonce. Le coût global pour le groupe britannique avait alors dépassé les 37 milliards de dollars. Pour Total, avec une chute de près de 10% la semaine dernière, cela représente déjà une perte de capitalisation d’environ 8 milliards d’euros. Depuis lundi toutefois, un rebond technique s’est mis en place, faisant suite aux dernières annonces du groupe.

Mais pour autant, en faisant un équivalent rapide avec le cas de BP (rapport entre le coût final et la perte de capitalisation boursière perdue aux extrêmes), on peut raisonnablement estimer que le marché « pricera » le pire avec une chute dépassant les 15%.

Quel scénario boursier ?

A ce stade, si l’hypothèse d’un brusque retournement haussier ne peut être exclue en cas de résolution rapide, le scénario le plus probable risque d’être une lente temporisation descendante dans les prochains jours/semaines.

Comme nous allons le voir sur le graphique suivant, une chute boursière au-delà des 15% ramènerait la valeur dans la zone des 36 euros (voire 35 euros en extension). C’est cette zone de prix qui devrait être intéressante à exploiter :

  • la région des 35,50/36 euros correspond au retracement de 50% de Fibonacci de l’ensemble du précédent mouvement haussier ;
  • surveiller le retournement à la hausse des indicateurs techniques journaliers (entrés en zone de survente, comme le RSI visible sur le graphique).

A moyen terme, vu les niveaux du pétrole ces derniers mois et les tensions politiques persistantes au Moyen-Orient, l’affaire reste belle.

Comme toujours, à terme, ce genre d’actualité sera une opportunité d’achat (BP a par exemple repris plus de 50% à ce jour depuis son point bas de juin 2010). Mais n’oubliez pas trop vite que sur les marchés, il ne faut jamais occulter l’aspect psychologique qu’une telle annonce fait peser sur les marchés à court terme.

Donnez donc le temps au marché d’intégrer l’annonce et commencez à vous positionner en baisse sous les 36 euros…

[NDLR : la série continue pour Mathieu. Mercredi dernier, c’est une nouvelle plus-value de 64% que sa stratégie a permis d’engranger, cette fois sur une matière première…. Pour en savoir plus, cliquez ici]

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Mathieu Lebrun
Mathieu Lebrun
Rédacteur en Chef d'Agora Trading

Mathieu Lebrun est analyste financier. Il commence sa carrière chez Fortis Banque pour intégrer la table de négociations sur devises au sein de la salle des marchés du groupe Natexis Banques Populaires. En 2004, il intègre un cabinet de conseil sur produits dérivés en tant qu’analyste technique et obtient son diplôme d’Analyste Technique délivré par la STA (Society of Technical Analysis).

Depuis près de 10 ans, il s’est forgé une solide expérience sur les marchés financiers. En juin 2013, il décide de créer un service de trading simple et efficace : Agora Trading. Pour ses abonnés, il combine à merveille sa lecture des différentes classes d’actifs et leur corrélation pour en tirer le meilleur. Vous pouvez ainsi vous positionner en toute simplicité, en exploitant des outils de trading ultra-efficaces, les certificats Turbos.

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