OPEN, TROP AMBITIEUX

Rédigé le 22 mars 2011 par | Mid et Small Caps Imprimer

Cher lecteur

NEWS 1 : Mardi 22 mars 2011 – 09h45

OPEN, TROP AMBITIEUX

C’est au Royal Monceau autour d’un déjeuner que OPEN (ex-GROUPE OPEN) a convié quelques membres de la communauté financière pour faire le point sur les résultats 2010. La société informatique, dont l’activité se décline entre l’ingénierie applicative (71% de son CA), l’infrastructure et les services (28%) et les conseils (1%) est sur la voie de la recovery, mais je pense qu’il est trop tôt pour se positionner, voici pourquoi.

Après un exercice 2009 que je n’hésite pas à qualifier de catastrophique, marqué notamment par une perte nette de 23,6 mero (il faudra vous habituer à cette abréviation, que j’utilise pour million d’euros !), OPEN va mieux. Sa perte nette est limitée à 1,1 mero en 2010.

Mais vous en conviendrez, ce n’est pas encore Byzance, même si la rentabilité opérationnelle courante a quasiment doublé pour atteindre 3,1%. N’oubliez pas que le chiffre d’affaires du groupe a encore baissé l’an dernier, de plus de 10% pour atteindre 260,4 mero et que lors du déjeuner OPEN n’a pas confirmé un retour de la croissance. L’un des co-présidents du groupe, Guy Mamou-Mani, a même avoué qu’il n’était pas sûr qu’il y aurait une croissance au premier semestre 2011 par rapport au premier semestre 2010. En fait, quasiment 60 minutes de la réunion ont été consacrées aux plans stratégiques sur 2011-2013, visant à améliorer tous les fondamentaux du groupe.

Leur objectif est désormais de réaliser 5% de croissance organique par an (pas évident on l’a vu) et de dégager une rentabilité opérationnelle de 8% à cette date. Des objectifs ambitieux qui passent par une croissance externe ciblée de l’ordre de 30 mero et par l’amélioration des standards du secteur. A savoir améliorer son taux d’activité (actuellement de 87,1%) et bien sûr son taux de facturation par jour, qui est actuellement beaucoup trop faible (de 393 euros).

Pour l’instant, donc, on en est qu’aux voeux pieux. Il faudra voir dans les prochains mois si les objectifs sont tenables. La SSII dispose d’une situation financière saine avec un gearing (ratio endettement sur fonds propres) de l’ordre de 7%, ce qui lui laisse des marges de manoeuvre en termes de croissance externe.

Ne vous précipitez pas sur le dossier car j’ai besoin de preuves plus tangibles sur le retour à la croissance et surtout sur la capacité du groupe à retrouver une rentabilité plus importante.

Par ailleurs, la hausse du titre de 27% depuis le 1er janvier me conduit à vous recommander la plus grande prudence. Il y a des groupes beaucoup plus rentables et beaucoup plus attractifs dans le secteur, même si on ne peut nier les efforts importants de la direction pour tenter de rassurer une communauté financière, sans doute encore échaudée par des exercices 2009 et 2010, encore quelque peu difficiles.

Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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