16 000$ l’once d’or ? N’exagérons pas… (mais rêvons un peu)

Rédigé le 18 novembre 2009 par | Matières Premières Imprimer

Eh bien, avec un peu de recul, ces marchés sont vraiment d’un ennui mortel. Autant depuis juillet 2007, on s’amusait un peu, dans un sens ou dans un autre… autant depuis début septembre, nous sommes coincés dans un range 3 540/3 860 soporifique.

J’ai l’impression de revenir début 2004 quand nous avons passé l’année entre les 3 500 et les 3 800 points. Aujourd’hui, vous décalez le tout de 50 points à la hausse, et vous avez notre nouveau range. Support… résistance… support… résistance… L’impression d’être dans un match de tennis de fond de cours qui n’en finit pas.

Sous les 3 860, nous jouons la baisse ; au-dessus des 3 544/3 630, nous jouons le rebond.

Quand la balle va-t-elle enfin sortir des lignes ?! Un peu d’action, que diable !

Le seul actif qui éveille désormais notre intérêt est l’or. Eh oui ; cette vieille relique barbare « qui est juste psychologique et qui ne sert à rien », me disait mon père — juste avant de m’envoyer, début octobre, un petit mail me demandant comment, finalement, acheter de l’or. Dire que cela fait depuis 2004 (l’once était autour des 400$ !) que je lui conseille d’en acheter !

Car l’once a touché les 1 143$ au plus haut. C’était lundi. Vendredi, Marc Dagher vous disait dans ces lignes de viser les 1 185$. A mon avis, ils seront rapidement atteints. Mais à mon avis également, l’once va — non, elle DOIT ! — subir une consolidation.

Depuis début septembre, je vous parle de la hausse de l’or, et je vous conseille de vous positionner sans attendre. J’avais commencé par vous en parler au moment de la sortie du triangle (en rouge, dans le graphique ci-dessous). Mais maintenant, devez-vous encore vous positionner ? Comment savoir ?

A défaut de savoir, essayons de réfléchir. Nous n’avons, évidemment, aucun référent historique, donc difficile de fixer des objectifs au niveau technique.

Ce qui est troublant, c’est que nous sommes encore à 20 euros du plus haut de l’or en euro, lors de la chute de Bear Stearns.

Graphique du Gold

Le fondamental prend alors le dessus et là, OUI, de manière évidente, il faut continuer à emmagasiner de l’or. Pourquoi ? Je viens de lire un excellent article de Chris Mayer. Voici ce qu’il y explique :

« Il y a ce graphique sur le prix implicite de l’or. A l’époque de l’accord de Bretton Woods, les pays devaient avoir un certain ratio d’or adossé à leur devise. Le prix implicite de l’or vise à vous montrer combien coûterait une once si les devises étaient indexées sur l’or.

Donc, pour les Etats-Unis, le prix implicite de l’or correspond aux titres de la Fed (les réserves de banques) plus l’argent en circulation, divisé par les détentions d’or des Etats-Unis. Sur le graphique, vous pouvez aussi voir le prix de l’or au comptant.

Prix implicite de l'or

Ce qui compte ici, c’est que vous voyez que les quantités massives de monnaie papier créées n’ont presque pas eu d’impact sur le prix de l’or — jusqu’à maintenant. L’or est fondamentalement bon marché par rapport à toute la monnaie papier ajoutée au système ces derniers mois.

Comme l’écrivent Paul Brodsky et Lee Quaintance du fonds de couverture QB Partners :

« Si l’on tient compte ne serait-ce que d’une minuscule probabilité d’un système monétaire futur qui serait basé sur de l’argent plus honnête, plus concret, alors un rapide coup d’oeil au graphique ci-dessus vous permet facilement de conclure que l’or au comptant est fondamentalement bon marché. Même si c’est encore trop loin pour les intervenants, sceptiques à l’idée un changement si radical dans la politique monétaire, il est raisonnable de conclure que le prix de l’or au comptant et le prix implicite de l’or devraient se retrouver au même niveau d’une façon ou d’une autre dans le futur.« 

Ils remarquent que le prix de l’or au comptant n’a jamais été si bas comparé au prix implicite de l’or. Pour que l’équilibre soit respecté, l’or devrait se vendre à 16 000$ l’once. Personne ne prédit l’or à 16 000$ l’once. Quoi qu’il en soit, cela vous montre le risque qui existe à détenir de la monnaie papier — et des obligations — à l’aube d’une dévaluation massive du dollar. Peut-être que les Banques centrales de Russie, du Venezuela et d’Equateur comprennent tout ça mieux qu’ils veulent bien l’avouer, et c’est pour ça qu’ils achètent de l’or.

16 000$ l’once ? Oh oh ! Ne soyons pas si gourmands (ou rêveurs). J’imagine que si nous arrivons un jour à 16 000$ l’once, cela veut dire que nous aurons bien d’autres soucis que de prendre nos gains sur le métal jaune. (Mais bien sûr, nous serons quand même ravis de les prendre).

De notre côté, nous avons un objectif beaucoup plus raisonnable : nous visons les 2 000$ l’once. [NDLR : pour en savoir plus sur cet objectif, cliquez ici]

Un lecteur me demandait de donner des objectifs de temps pour ces 2 000$ l’once. Comment vous répondre ? Encore une fois, difficile de faire une projection et d’utiliser l’analyse technique quand il n’y a aucun référent. Si une énorme crise, une guerre, une décision monétaire survient cette nuit, demain, dans une semaine, l’or atteindra ces 2000$ — et même plus. Si le système se dissout mollement, l’or ira tranquillement vers ces sommets, avant de s’emballer. Tout dépendra de la vitesse à laquelle notre système s’effondre — ou pas.

Donc non, je ne peux pas vous donner de timing pour voir l’once à 2 000$. Cela n’arrivera pas demain. Peut-être et sans doute même reverrons-nous l’once sur les 1 000$. Mais encore une fois, ce serait sans doute une des dernières occasions de vous positionner.

Bons trades et à très bientôt !

J’espère vous voir sur le salon Actionaria. Nous donnons des conférences sur notre stand : découvrez vite le planning ci-dessous.

Nathalie Boneil

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Nathalie Boneil
Nathalie Boneil
Directrice de la rédaction aux Publications Agora

Nathalie Boneil est Directrice de la rédaction aux Publications Agora. Elle a travaillé dans l’univers de la Bourse plus de 4 ans – mais c’est depuis toute petite que son grand-père lui parle des marchés et de l’investissement. Aujourd’hui, elle travaille avec nos rédacteurs et analystes sur les marchés actions pour qu’ils vous proposent les meilleurs services, les meilleures idées d’investissements, de manière la plus simple et la plus profitable qui soit pour vous.

Son rôle est tout simple : rendre les idées, les méthodes, les stratégies de nos analystes professionnels facilement compréhensibles et directement applicables pour vous. Elle met l’analyse technique à votre portée, vous montre les opportunités, les pièges à éviter, et vous explique les moyens de vous positionner sans vous noyer dans un jargon d’experts.

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