OENEO : fin du goût de bouchon !

Rédigé le 9 février 2010 par | Big caps Imprimer

Alors que, comme à l’accoutumée chaque dimanche, je faisais un petit tour de l’ensemble des valeurs françaises pour analyser avec un peu de recul la chute de ces dernières séances, la configuration graphique d’un titre a retenu mon attention : Oeneo. Vous connaissez, non ? Ceux qui comme moi préfèrent le vin au Coca-Cola et autres boissons chimiques en auront forcement entendu parler. Pour les autres, patriotisme économique oblige, permettez-moi de faire une petite piqûre de rappel… nécessaire.

Oeneo en deux mots : tonnellerie et bouchage

Oeneo (ex Sabate Diosos pour ceux qui l’ont connu), figure parmi les tout premiers acteurs mondiaux de la tonnellerie, d’une part, mais également du bouchage de vins.

Ces deux activités constituent le coeur de métier de la société. En regardant l’évolution des comptes depuis plusieurs trimestres, on constate que l’activité de bouchage prend une place croissante dans la stratégie et dans les résultats du groupe. Cette évolution se comprend d’un point de vue financier (les marges de cette activité étant bien supérieures) et tient en un mot : « Diam ». Cette appellation est en effet le nom donné à la nouvelle gamme de bouchon lancée par Oeneo il y a quelques années. Pour mieux comprendre l’engouement autour de ce type de bouchon, disons que d’un point de vue pratique, il conserve toutes les qualités de ses homologues traditionnels en liège, sans les inconvénients (je pense notamment au fameux « goût de bouchon » auquel nous avons tous été confrontés au moins une fois).

Revenons une seconde sur les chiffres d’activités communiqués le 26 janvier dernier. Au cours du dernier trimestre de l’exercice 2009/2010, sur un total de ventes de 32,3 millions d’euros, l’activité bouchage a contribué à hauteur de 13,4 millions d’euros tandis qu’à l’inverse, la branche tonnellerie représentait 18,9 millions d’euros. La première affichait une hausse séquentielle de 4,5% tandis que la seconde se rétractait de 16,2%. Au-delà de ces évolutions absolues, l’analyse des évolutions relatives de chaque activité apporte également son lot d’informations. En effet, la tonnellerie ne représentait plus que 58% du chiffre d’affaires total (contre 64% au quatrième trimestre 2008) alors que, dans le même temps, la contribution de la branche bouchage progressait de 5 points, passant de 36% à plus de 41% des ventes totales.

Le bouchage prend donc une importance croissante… et ce n’est que le début.

Surveillez la publication de ce vendredi…

L’élément clé de mon analyse, ce qui m’a mis la puce à l’oreille, tient plus à la tournure des mouvements. En effet, ladite publication du 26 janvier n’a pas soulevé l’enthousiasme. Au contraire, le jour même le titre perdait plus de 4%, et lâchait encore près de 2% le lendemain. Rien de très encourageant donc. Sauf que, sur les séances qui ont suivi de très forts volumes ont été constatés à l’achat alors que la société annonçait un accord clé quant à la commercialisation de ses bouchons « Diam » en Amérique du Nord. Alors, la question légitime que l’on peut se poser est la suivante : pourquoi une telle prise de risque des investisseurs, alors que l’on constatait simultanément un violent mouvement de baisse sur l’ensemble des places financières, et que l’on attend la publication des résultats annuels de la société ce vendredi même ?

Eh bien, nous avons ici le signe que ce mouvement n’est pas seulement de nature technique (effet d’annonce) mais qu’il risque bien de constituer les prémices qu’une hausse de plus grande ampleur. Je m’explique… graphique à l’appui.

Une configuration qui en dit long…

Graphique de OENEO

Techniquement, depuis plusieurs semaines, le titre consolidait au sein d’un trading range horizontal compris entre 1,10 euro et 1,30 euro. Or début février, le titre est parvenu à sortir par le haut de cette zone de réflexion. De plus, deux autres éléments techniques méritent d’être soulignés. Tout d’abord, la présence d’un gap le 29 janvier.

De plus, des volumes de transaction historiquement très élevés sont apparus au cours des dernières séances. Désormais, il y a donc fort à parier que le mouvement constaté la semaine dernière ne soit que le début d’une impulsion haussière de plus longue durée.

En effet, désormais tant que nous ne revenons pas sous les 1,20 euro, les objectifs sont situés à 1,60 euro puis 1,70 euro en extension. Le premier niveau correspond tout d’abord à la cible théorique de sortie dudit range, à savoir la projection de l’amplitude de la figure reportée depuis le point de sortie (deux flèches sur le graphique).

En extension, l’objectif suivant se situe à 1,70 euro, niveau qui correspond cette fois à la projection de Fibonacci de 100% de la vague de hausse réalisée entre les 2 mars et 2 juin 2009 reportée depuis le point bas de la mi-juillet à 1,05 euro. Aux cours actuels (zone des 1,25/1,30 euro), il y a donc plus de 20% à prendre pour un risque de moins de 5%. Intéressant, non ? En résumé, il se pourrait bien que l’ouverture du marché nord-américain aux très rentables bouchons « Diam » conduise la direction à renforcer son optimisme pour les mois à venir… ce qui risque à coup sûr de susciter un nouveau courant acheteur. Rendez-vous donc en fin de semaine.

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Mathieu Lebrun
Mathieu Lebrun
Rédacteur en Chef d'Agora Trading

Mathieu Lebrun est analyste financier. Il commence sa carrière chez Fortis Banque pour intégrer la table de négociations sur devises au sein de la salle des marchés du groupe Natexis Banques Populaires. En 2004, il intègre un cabinet de conseil sur produits dérivés en tant qu’analyste technique et obtient son diplôme d’Analyste Technique délivré par la STA (Society of Technical Analysis).

Depuis près de 10 ans, il s’est forgé une solide expérience sur les marchés financiers. En juin 2013, il décide de créer un service de trading simple et efficace : Agora Trading. Pour ses abonnés, il combine à merveille sa lecture des différentes classes d’actifs et leur corrélation pour en tirer le meilleur. Vous pouvez ainsi vous positionner en toute simplicité, en exploitant des outils de trading ultra-efficaces, les certificats Turbos.

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2 commentaires pour “OENEO : fin du goût de bouchon !”

  1. Bonjour Mathieu,
    le gout de bouchon ne vient pas seulement du liège, mais aussi de produits de traitement des bois de charpentes des chais, voir avec Google le lien »le gout de bouchon »

  2. Super Analyse!!!Je dévore chacun de vos articles depuis début.

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