L’OCDE nous refait le coup des « surlendemains qui chantent » avec la croissance mondiale

Rédigé le 9 novembre 2015 par | Toutes les analyses Imprimer

Vous connaissez le principe, depuis 6 ans que nous vivons en régime de faux monnayage : les perspectives mirobolantes anticipées cette année subissent un léger contretemps, mais c’est pour mieux rebondir l’an prochain. C’est toujours cette même litanie qu’on nous ressort :  « la hausse de l’an prochain » n’est pas non plus au rendez-vous, les prévisionnistes deviennent plus prudents, « ce sera donc pour l’année d’après » !

Brillante démonstration de ce principe avec les nouvelles perspectives dévoilées par l’OCDE, qui vient à nouveau d’abaisser ses prévisions de croissance économique mondiale, non seulement pour 2015 (de +3% vers +2,9%, mais on s’en fiche, la BCE va nous faire plus de « QE ») mais également pour 2016 (de 3,6% vers 3,3%… et ce sera certainement révisé à 3% d’ici les prochaines prévisions de janvier prochain.

L’OCDE met en évidence le ralentissement de la croissance dans les émergents, avec des échanges commerciaux dont les volume ne devraient progresser que de 2% cette année avant d’accélérer à 3,6% en 2016 (bien sûr… malgré une croissance réduite au total de 3,8% à 3,3% en quelques mois) et elle exploserait de +4,8% en 2017.

Vous voyez bien l’astuce : ce ne sont pas les lendemains mais les surlendemains qui chantent.

L’Europe n’échappe pas au procédé avec une anticipation de croissance réduite de +1,6% à +1,5% cette année.

Elle est maintenue à +1,8% en 2016 (avant une prochaine révision à la baisse comme tous les ans depuis 5 ans)… mais cela devrait précéder une légère accélération à +1,9% en 2017.

Idem pour l’Allemagne avec +1,5% contre +1,6% en 2015, avant un coup de frein de -0,2% (de 2% à +1,8% en 2016) avant une ré-accélération à +2,0% en 2017.

Enfin, s’agissant des États Unis, les chiffres fantastiques – et, plus prosaïquement, surréalistes – de l’emploi publiés vendredi, l’OCDE abaisse, par anticipation d’une future hausse des taux,  de 0,1% la croissance américaine en 2016 (à +2,5%) et de +2,6% à 2,4% en 2017 (Janet Yellen a bien raison de monter ses taux dès le mois de décembre… parce qu’après, il lui faudra surtout envoyer le « QE4 » !).

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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