Que se passe-t-il vraiment dans l’économie aujourd’hui ?

Rédigé le 1 septembre 2010 par | Apprendre la Bourse Imprimer

Inimaginable. Et pourtant…

Le bilan de la séance US qui s’est déroulée lundi a quelque chose de déroutant voire de surréaliste. Comme me l’expliquait ce mardi Mathieu Lebrun, notre analyste CFD « sur le NYSE, 121 valeurs ont fait un nouveau plus haut de 52 semaines tandis que seulement 37 inscrivaient un nouveau plus bas.« 

Oui mais encore ? Jusque-là rien d’extraordinaire. Néanmoins, un élément nous laisse pantois, les bras ballants et les yeux hagards. Comment est-il possible que 121 valeurs marquent des plus hauts alors même que les places américaines clôturent en baisse de plus de 1% ? Effectivement, la logique aurait voulu que, dans ce cas de figure, les plus bas soient dominants.

C’est à n’y rien comprendre. Que se passe-t-il VRAIMENT dans l’économie aujourd’hui ? C’est la question que s’est posée Bill Bonner dans la Chronique Agora vendredi dernier. La presse s’en mêle aussi et Bill a rapidement passé en revue les pensées de chacun :

« C’est une Grande Récession, disent certains.
Ce n’est pas une récession, c’est une dépression, dit David Rosenberg.
C’est une’Dépression contenue’, titre un article de Seeking Alpha.
La récession n’a jamais pris fin, dit un autre titre.
Les actions chuteront à 5 000 [sur le Dow Jones], titre CNBC.
Bloomberg adopte un ton plus modéré : ‘Les commandes de biens durables et l’immobilier signalent un risque de récession’.« 

Intéressant non ? En l’espace de quelques mois le vocabulaire a changé. Reprise et croissance laissent la main à dépression et récession. Des mots qui enfin concordent avec les nouvelles macro-économiques du moment et entraînent des réactions de circonstances. Les Bourses décrochent — ce mardi à la mi-séance le CAC40 perd 0,9% et le Japon a clôturé en baisse de 3,55%. Le yen se renforce. Et comme l’explique Isabelle Mouilleseaux dans l’Edito des Matières Premières & Devises à ce sujet :

« Qu’est-ce qui fait ainsi courir la devise nippone ? Le yen est tout simplement une valeur refuge. Il s’envole, comme le franc suisse et l’or en ce moment. Peu importe la croissance économique japonaise, sa dette, ses exportations, son déficit budgétaire… Les investisseurs ont PEUR. Et quand ils ont peur, ils achètent du yen. C’est comme ça. »

Et Simone Wapler de MoneyWeek d’expliquer dans les colonnes de L’Investisseur Or et Matières :

« Les marchés doutent. Ils savent maintenant que la reprise américaine est un fantôme. Ils n’ont en revanche pas encore réalisé que le krach obligataire rode. »

Revenons donc à notre question de départ. Que se passe-t-il vraiment dans l’économie aujourd’hui ? Selon Bill Bonner :

« La dette de cartes de crédit américaine a atteint son plus bas niveau en huit ans. Voilà qui nous dit que le désendettement du secteur privé est réel… et continu. Et tant qu’il dure, vous pouvez oublier toute idée de ‘reprise’.

A la place, attendez-vous plutôt à une récession par intermittence… avec une hausse du chômage, une chute des prix des actifs, des ventes faibles et un déclin des revenus.

Alors que le secteur privé se désendette, le secteur public, lui, s’endette. Cela finira par avoir le résultat que tout le monde attend… les obligations s’effondreront, et le dollar chutera… mais tout ça ne se produira probablement qu’une fois que les gens auront cessé de l’attendre. »

Et pour la suite ?

Faut-il vraiment que je vous en parle maintenant ?

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3 commentaires pour “Que se passe-t-il vraiment dans l’économie aujourd’hui ?”

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  2. bonjour,

    sur le krach obligataire, je m’interroge ?! en fait, une chose est certaine, on peut qualifier de bulle les dettes souveraines, qui enflent à grande cadence, mais y a t-il une bulle obligataire pour autant ?! il faudrait établir un tableau des taux de couverture des dettes par pays ou entreprise, car les obligations des pays bien gérés, qui peuvent honorer leurs engagements sont sures….les autres ?! c’est en quelque sorte ce qu’aurait mesuré l’agence Dagong…

    enfin, un krach c’est un bref moment ou sur el marché, il n’y a plus d’acheteurs…rien n’interdit les banques centrales d’acheter les obligations, elles ont la planche à billets !

    il est convenu, bien souvent que seule la Fed peut faire marcher la planche à billets, mais je ne vois pas…la BCE ou d’autres peuvent également s’y mettre de manière systématique…d’ailleurs, il est probable, qu’un mécanisme soit déjà en place pour assurer la liquidité sur le marché obligataire…

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