Nouvelles small caps au SRD long only : la spéculation va exploser

Rédigé le 14 février 2012 par | Biotechs et Medtechs, Mid et Small Caps Imprimer

Semaine après semaine, jour après jour, les petites capitalisations continuent de surperformer les grandes avec des écarts impressionnants. Depuis le 1er janvier, l’indice CAC 40 affiche une reprise de 7,1% tandis que les indices CAC Small et CAC Mid & Small font nettement mieux avec des progressions de l’ordre de 15,2% et 13,3%.

Le rattrapage a donc bien eu lieu avec, sur un an, un net avantage pour les deux indices petites et moyennes valeurs.

Depuis que j’ai envoyé ce message spécial pour la première fois, il y a trois semaines, la valeur que je vous recommandais d’acquérir à pris plus de 18,7%.

Si vous n’en n’avez pas profité, sachez que cette biotech recèle toujours un potentiel de hausse de +300%…

Je ne sais pas combien de temps je pourrai diffuser ce message – si vous souhaitez profiter de cette valeur : c’est maintenant ou jamais !

 

Je ne reviendrai pas sur les raisons qui expliquent la corrélation étrange que nous avons eue l’année dernière entre les small caps et les blue chips… puis la reprise des small en ce début d’année. Je vous en ai déjà longuement parlé dans un précédent article. Mais hier, un gérant d’Alta Invest me disait encore que la fin d’année avait été difficile : confrontés à des clients anxieux qui voulaient à tout prix récupérer leur argent, les gérants ont vendu à l’aveuglette fin 2011, avant de racheter les bons dossiers en ce début d’année.

Mais, désormais, tout va bien en ce début d’année pour nos small caps. J’ai même l’impression que les autorités boursières ont envie que le monde des small caps soit mieux traité sur les marchés. J’en veux pour preuve la volonté de développer le segment SRD long only en y intégrant de nouvelles small caps… Sauf que là, je suis furax contre le choix des titres intégrés. Si vous m’avez écouté hier, à 17h15 sur BFM Business, vous avez du m’entendre pester contre le fait que certains titres déjà ULTRA-SPECULATIFS comme ARTPRICE, LEXIBOOK, STENTYS et autres intègrent le SRD long only. C’est de la pure folie ! Je vous explique.

En mai dernier, je vous ai présenté le SRD long only. Le SRD (service à règlement différé) permet aux investisseurs de profiter d’un effet de levier classique. C’est-à-dire qu’avec 10 000 euros vous pouvez acheter pour 50 000 euros d’un titre. Vous avez un effet levier de 5. Pratique non ? Oui, mais attention : si le titre perd 10% dans la séance (ce qui arrive assez régulièrement sur les small caps), vous perdez 10% de 50 000 euros puisque vous avez choisi d’être exposé pour 50 000 euros, soit 5 000 euros… mais comme vous avez réellement mis sur la table 10 000 euros, c’est en réalité la moitié de votre mise que vous avez perdu !

Alors quand vous êtes sur des blue chips, vous prenez relativement peu de risque car des chutes de 10% en séance sont rares (sauf sur Alcatel que je déconseille formellement d’acheter en SRD). Mais sur les small caps comme ARTPRICE, LEXIBOOK… c’est quasiment tous les jours que l’on voit ces variations !

En plus il n’y a également pas de capitalisation minimum pour être éligible, ce que je trouve aberrant, comme je l’expliquais en mai dernier. Et la cote va encore s’enrichir avec l’arrivée de nouvelles valeurs le 24 février prochain… Parmi les nouveaux arrivants figurent de sociétés comme S.T. DUPONT, ARTPRICE.COM, LEXIBOOK… des biotechs comme INNATE PHARMA ou AB SCIENCE et même des medtechs comme STENTYS ou encore MAUNA KEA. Bref, des dossiers extrêmement spéculatifs déjà très volatils*. Le SRD ne va rien arranger !

Donc permettez-moi de vous répéter que je trouve cela extrêmement dangereux. Mettre de telles valeurs au SRD ne peut que favoriser une spéculation désordonnée sur des titres qui sont plutôt à l’état de pari boursier pour le moment.

ARTPRICE.COM, j’en ai parlé abondamment, ne réalise qu’un chiffre d’affaires de 5,4 millions d’euros et vaut 317 millions d’euros en Bourse. MAUNA KEA, le spécialiste des outils et des systèmes d’imagerie médicale, vaut 157 millions d’euros et ne réalise également que 5 millions d’euros de chiffre d’affaires. A la moindre mauvaise nouvelle, la sanction peut être terrible. Bien sûr, la vente à découvert est interdite, ce qui est normal. Mais gare si vous êtes positionné au SRD avec levier !

Vous pouvez me dire que mon argument est fallacieux, dans la mesure où il s’applique également aux blue chips. Je suis d’accord, mais comme je vous le disais plus haut, sur les grosses capitalisations, il n’y a pas ce genre de variations intraday. Et ce qui est paradoxal dans les décisions prises par Euronext, c’est qu’elle élimine de la liste (à partir du 24 février) des valeurs qui ont une vraie histoire boursière comme AUDIKA ou encore LDC, une société dont je vous ai souvent parlé.

Certes, la volatilité de ces deux titres est assez faible avec souvent peu de volumes. Mais AUDIKA est quand même le premier réseau français spécialisé dans la correction auditive et LDC est tout de même le numéro un français de la production et de la commercialisation de produits de volaille avec plus de 2,5 milliards de chiffre d’affaires. Bref, on se sépare quand même dans ce segment des fleurons des PME françaises.

Avec plus de vingt-cinq ans d’expérience sur les marchés, je reste franchement assez hostile à tout ce qui peut engendrer une spéculation désordonnée sur les marchés et le SRD long only en fait partie pour certains titres.

* Décryptage : volatilité
mesure le risque que l’on prend en achetant un titre. La volatilité calcule les variations du cours d’une action, sur une durée déterminée (une semaine, un mois, un an…). Le calcul aboutit à un écart type. On utilise cet outil car on considère que les variations passées peuvent donner des indications sur les variations futures : plus un titre est risqué, plus son cours est volatil. Par exemple : une action A vaut 100 euros en janvier et 110 en décembre. Mais entre temps, elle a fluctué entre 50 et 150 euros. Une action B a connu la même évolution, mais n’a oscillé qu’entre 90 et 110 euros. Si vous achetez pour spéculer, mieux vaut jouer l’action A, si vous voulez du long-terme sûr, investissez dans la B.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

En savoir plus sur La Lettre PEA et Mes Valeurs de Croissance.

3 commentaires pour “Nouvelles small caps au SRD long only : la spéculation va exploser”

  1. […] parution dans Small Caps Confidentiel le 14/02/2012. AKPC_IDS += […]

  2. […] De nouvelles valeurs font leur entrée dans le SRD Long only ce qui devrait déclencher beaucoup de spéculation comme je vous l’expliquais dans un précédent article. […]

  3. […] L’action prend 4,1% à 5,13€ dans un important volume de 89 000 titres — soit environ 3% du capital échangé. Le fait que la valeur soit éligible au SRD accentue la spéculation, comme je vous l’ai expliqué il y a quelques semaines. […]

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