Quand nouvelle réglementation rime avec profit

Rédigé le 17 janvier 2014 par | Apprendre la Bourse, Autres indices, Indices, sociétés et marchés Imprimer

Connaissez-vous EMIR, AIFMD ou MiFID ? Ces acronymes barbares désignent les nouvelles réglementations qui sont supposées remettre un peu d’ordre dans la finance mondiale… à un horizon qui reste encore à définir. Même si tout n’est pas encore très clair, elles auront assurément un impact sur le fonctionnement des marchés et sur les sociétés cotées. Et donc sur votre portefeuille. Heureusement, vous pouvez vous faire une idée de ce qui vous attend grâce à la recherche académique. Comme à mon habitude, je mets à disposition toutes ces recherches sur notre site*.

Un bon coup de SOX : voilà comment les autorités américaines ont répondu aux grands scandales comptables du début des années 2000, du type Enron. SOX, c’est le petit nom de la loi Sarbannes-Oxley de 2002, qui voulait lutter contre les fraudes financières en améliorant notamment la transparence des entreprises.

Une première étude* s’est penchée sur les effets de la section 404 de Sarbannes-Oxley, qui oblige les dirigeants à évaluer les systèmes de contrôle financier en place dans leur entreprise et à faire valider leur évaluation par des cabinets d’audit indépendants. Ces derniers n’hésitant pas à facturer des honoraires en monnaies sonnantes et trébuchantes. L’auteur démontre qu’un investisseur ayant détenu, entre 2002 et 2004, des actions de petites et moyennes capitalisations américaines soumises à cette obligation a dégagé une performance boursière inférieure de 17% à ce qu’il aurait gagné s’il avait investi dans des sociétés exemptées de SOX. L’impact était donc substantiel et bien significatif, selon cet auteur.

Le droit de polluer moins cher

Mais n’allons pas généraliser cette conclusion en affirmant – comme le font systématiquement les banquiers – que toute nouvelle réglementation se traduit par une explosion des coûts, une baisse de la sacro-sainte rentabilité et une mutilation de la liberté des affaires. Une nouvelle loi peut aussi offrir des opportunités de gain pour les sociétés concernées, et donc pour l’investisseur. C’est ce que démontre ce deuxième papier*.

Lancé en 2005, le Système Communautaire d’Echange de Quotas d’Emission (SCEQE ou EU ETS en anglais) est une bourse du droit de polluer, également appelé crédits-carbone. Dans le cadre du protocole de Kyoto, cet outil vise une diminution globale des émissions de dioxyde de carbone en permettant aux entreprises d’échanger des droits de polluer. Celles qui polluent moins que leurs quotas peuvent vendre leurs excédents à des sociétés qui ont besoin de dépasser leurs quotas. Les prix de ces certificats d’émission évoluent ainsi selon la loi de l’offre et de la demande. Evidemment, comme tout marché boursier, celui des droits de polluer n’est pas à l’abri des krachs ; il en a subi un mémorable le 26 avril 2006. Les auteurs de cette recherche se sont alors intéressés aux conséquences de cette chute drastique des cours. Leurs conclusions sont intéressantes, car contre-intuitives.

Cette baisse du prix des permis de polluer en 2006 a davantage pénalisé les entreprises très consommatrices de CO2 ou d’électricité qui ne faisaient pas de trading sur les certificats de CO2. Autre enseignement : dans les industries qui sont traditionnellement à court de permis de polluer, les sociétés les plus propres ont perdu le plus de valeur en bourse suite à ce repli des cours. Et dans les secteurs excédentaires en droits de polluer, l’impact négatif a été le plus fort sur les sociétés qui recevaient le plus de crédits.

Conclusion : la nouvelle réglementation a offert des opportunités de profit supérieures à certains types de sociétés (et donc à leurs actionnaires).

Cris d’orfraie et noms d’oiseaux

Parmi les cris d’orfraie et les noms d’oiseaux régulièrement déclenchés par un renforcement des réglementations, on trouve souvent le reproche qu’elles favoriseraient les crises. Ce fut notamment le cas après la crise financière de 2008, qui fut attribuée à certaines normes comptables américaines. Une loi = une crise ? Cette troisième étude* apporte une réponse précise.

Ainsi, la méthode dite de "fair value" ou de "mark-to-market" (qui consiste à évaluer des actifs au prix auquel ils pourraient être vendus à un instant t), aurait provoqué la crise financière de 2008, ou l’aurait au minimum exacerbé.

Comment ? A l’époque, tout Wall Street aurait préféré subir un contrôle fiscal plutôt que d’acheter des actifs adossés à l’immobilier américain.

Résultat, leur valeur s’est effondrée, provoquant des trous gigantesques dans le bilan des banques. Celles-ci ont donc vendu à perte, alimentant ainsi l’effondrement du système financier. Ces ventes désespérées auraient peut-être pu être évitées si ces actifs (certes toxiques) avaient été évalués dans les bilans à leur valeur d’acquisition et non à leur valeur de marché à l’instant t.

Là encore, les conclusions de l’étude sont contre-intuitives. Non seulement la "fair value" n’a pas provoqué les ventes à la casse (même si elles ont bien existé), mais cette méthode comptable n’a pas renforcé la crise financière ou provoqué d’amortissements excessifs. A l’inverse, la "fair value" a même plutôt provoqué une surévaluation des actifs parqués dans les bilans des banques, conclut donc cette étude.

Vous voyez donc que les nouvelles réglementations ne limitent pas leurs effets aux grandes banques ou aux fonds de placement. Leurs conséquences sont tout aussi vives pour l’investisseur individuel qui peut en subir les conséquences et se plaindre, ou alors se protéger pour en tirer profit. C’est du moins ce que nous prouve à nouveau la recherche académique, qui constitue également la colonne vertébrale de notre stratégie qui a gagné, rappelons-le, 66% sur le marché US l’an dernier.

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* Toutes les études mentionnées dans cet article, et bien d’autres encore, peuvent être consultées en vous enregistrant sur notre page spéciale Publications Agora

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sylvainfrochaux
Directeur de la recherche chez Straight from The Lab

Sylvain Frochaux est le directeur de la recherche chez Straight from The Labet fondateur de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/). Il est surnommé par ces pairs le « Japonais blanc » de la finance, en raison de son caractère jusqu’au-boutiste et de son parcours de vie.

Après des études brillantes à HEC Lausanne (où il finit premier de sa volée, avec notamment une thèse de master en économétrie financière), il se dirige vers le Japon pour y effectuer son doctorat. De retour en Suisse, il devient responsable de l’analyse financière et de la recherche académique pour le quotidien financier L’Agefi.

En 2009, il quitte le journalisme pour créer le groupe Straight from The Lab (https://ra113.infusionsoft.com/go/sftl/Agora/) qui a pour objectif de rendre accessible, aux investisseurs privés, les dernières recherches en finance. En 2013, après trois ans de recherche, il lance avec son équipe le service Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/), une solution d’investissement basée exclusivement sur l’analyse scientifique des marchés. Unique en son genre, cette stratégie fournit aux investisseurs un portefeuille clé en main, avec une garantie de performance (minimum 50% en cinq ans).

Toutes les études mentionnées dans les articles signés par Sylvain Frochaux peuvent être consultées en vous enregistrant sur la page commune des Publications Agora et de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so-agora/Agora/).

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