Nouveau record pour le Dow Jones, mais rien n’est gagné

Rédigé le 13 juillet 2017 par | Analyses indices, US Imprimer

Les chaînes d’info financières se sont empressées mercredi après-midi de mettre à la une un nouveau record absolu pour le Dow Jones. Sous-entendu, « ça y est, Janet a débloqué la situation ».

Qu’il était tentant d’y croire puisqu’en même temps que les géants historiques du DJIA, les jeunes pousses et les midcaps du Russel 2000 inscrivaient leur deuxième meilleure marque de l’histoire, à 1 431 contre 1 433 points mi-juin. Les grosses, les petites… tout le cheptel boursier semblait se transformer en bulls bien déterminés à progresser loin vers le nord et ses vertes pâturages.

Mais pas d’emballement, le « verbe magique » de Janet Yellen est probablement très surestimé : le marché lui est surtout reconnaissant de ne pas avoir osé répéter devant le Congrès que les actifs sont surachetés et constituent une menace pour la stabilité financière.

En réalité, le Dow Jones n’a pas vraiment marqué de point. Pour emprunter une métaphore de saison (Wimbledon bat son plein à Londres), la balle est tombée « pleine ligne ». Et ce n’est ni une balle de set et encore moins balle de match… car rien n’est joué.

Le Dow Jones a certes inscrit l’espace de quelques secondes un nouveau record à 21 580 points mais s’il affiche sa meilleure clôture de tous les temps, c’est de l’épaisseur du trait, à 21 535 contre 21 529 points le 19 juin. L’indice peine toujours à s’extraire par le haut de l’interminable corridor de consolidation horizontale 21 290/21 530. Et même s’il y parvenait, cela ne libérerait qu’un potentiel haussier mécanique de 250 points, ce qui l’amènerait autour des 21 780 points.

Et même si les permabulls espèrent beaucoup plus, avec une Fed qui navigue à vue et une croissance atone, cela tiendrait du miracle.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

2 commentaires pour “Nouveau record pour le Dow Jones, mais rien n’est gagné”

  1. Après 6 années de trading, j’ai retenu cette leçon: « si un scénario vous paraît impossible, alors c’est celui-là qui arrivera ». Tant qu’il y aura 1 vendeur sur la planète finance, les actions monteront. C’est l’effet d’un algorithme trivial, qui stipule que celui qui peut obtenir des liquidités de manière infinie peut prendre les positions inverses qu’il voit dans le carnet d’ordre, et récupérer la mise de l’adversaire une fois le stop déclenché.
    On notera par ailleurs que même en arrivant à acheter les indices dans les creux de long terme (2009 le dernier), les gains à levier 1 restent limités à des +200% à vie, correspondant à la résistance très long terme déflatée. En valeur absolue, un salarié gagne largement plus… en travaillant.

  2. Nasdaq 100: 1ère résistance oblique cassée. Prochaine résistance oblique 5820 (correspond au support baissier 5631-5575). QID à 16,48 proche du 1er stop 16,33.

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