Nous sommes le 11 octobre 2007 (si, si !)

Rédigé le 13 novembre 2014 par | Analyses indices, Autres indices, US Imprimer

J’évoquais le 6 novembre dernier une splendide (et rare) structure en porte voix qui traduit la versatilité des marchés… et qui nous hurle fuyez. Le Dow Jones s’attaquait alors à la résistance graphique des 17.450 points, qu’il a maintenant allègrement franchie en  inscrivant encore un record, au-delà des 17.600 (à 17.638… provisoirement ?).

Force est de constater qu’il n’y avait pas lieu de se précipiter vers la sortie : le Dow Jones a clôturé quasi stable hier (disons qu’une perte de 0,02% ne compte pas…).

Le mouvement perpétuel à la hausse amorcé le 16 octobre semble invulnérable et rien apparemment n’est en mesure de s’y opposer : ni le tapering, ni la hausse du Dollar, ni la tension progressive des taux longs.

Les sherpas de Wall-Street – et pourquoi ne pas citer nommément JP-Morgan qui négocie 45% des dettes émises par le Trésor US et rachetées par la FED – ont transformé le marché en roulette truquée  où le vert sort quasi systématiquement. Si cela se passait dans un véritable casino, le bidouillage et la tricherie paraîtrait si grotesque que le croupier, le caissier et le tenancier feraient déjà le tour de la ville assis sur un rail, couverts de goudron et de plumes, tandis que le casino  rebaptisé « Double Face » aurait été transformé en petit bois.

Mais deux phénomènes apparus ces tous derniers jours méritent d’être détaillés : le Dow (et les autres indices) enchainent les records, mais qu’est-ce que Wall Street a réellement gagné depuis jeudi dernier, ou même depuis le 3 novembre ?

Moins de 1% gagnés… en 8 séances, dont 7 ont donné lieu à de nouveaux records absolus. Autrement dit, les sherpas n’arrondissement pas leur pelote en réalisant des écarts dignes d’une transat en solitaire mais en adoptant la technique « Sergeï Bubka ».

Le grand Sergeï sait qu’il a les 6 mètres dans les jambes et les épaules mais parvenu à 5,80, il profite de chaque meeting pour demander une barre plus haute de 1 centimètre pour empocher les 100 000 € de prime à chaque fois pour un nouveau record battu : à la sortie ça fera 2 millions. Pas bête, non ?

Les sherpas eux, ce qu’ils encaissent, c’est la prime payée chaque mois, chaque trimestre, par les gérants de fonds, les caisses de retraite pour se prémunir contre l’éclatement de ce que tout le monde considère à juste titre comme une bulle boursière et obligataire –probablement la plus globale et radicale de l’histoire. Autrement dit, rien n’est plus payant que de s’enrichir du temps qui passe, sans se soucier du sens du marché. Le seul impératif est qu’il ne décale pas trop brutalement à la hausse comme à la baisse.

L’autre observation que je ferais – et c’est certainement celle qui vous intriguera le plus – c’est qu’au milieu de tous les « sans précédents » et de tous les superlatifs pour décrire une envolée de 1 780 points du Dow Jones en moins de 20 jours, un scénario graphique se signale fortement par son air de déjà vu… Et cela remonte à 2007.

Dow JOnes 2007 / 2014

Le Dow avait chuté de -10% entre le 19 juillet et le 16 août 2007 puis avait repris +11% dans la foulée pour établir un nouveau record 1% plus haut vers le 11… octobre. Une reprise en V d’une similitude quasi parfaite en terme de variation entre juillet-octobre 2007 et octobre-novembre 2014 à une petite différence près : les 11% ont été repris en moins de 4 semaines et non en 9… Mais à l’époque, les banques centrales ne se relayaient pas pour alimenter les marchés en dope monétaire.

Tout va si vite que 95% de la hausse s’est matérialisée en 3 semaines plus hauts n’ont été inscrits que pour finir d’essorer les vendeurs et ceux qui avaient joué le retour de la volatilité au cours des prochaines semaines.

Pour résumer mon propos : la volatilité a été remise sous camisole et sous neuroleptique  tandis que le Dow Jones et les principaux indices US semblent nous rejouer la séquence juillet/octobre 2007…

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