Non à la double peine PACEO !

Rédigé le 13 mars 2018 par | A la une, Actions, IPO, OPA, opérations financières Imprimer

Quand il s’agit de permettre aux entreprises de renforcer leurs fonds propres, la technicité des banquiers n’a pas de limites . Augmentation de capital (avec ou sans maintien de droits de souscription), émission d’obligations convertibles, émission de bons de souscription… Ces modes de financement sont relativement classiques et ne méritent pas qu’on s’y attarde. Non. Ce qui me gêne, c’est la méthode PACEO, beaucoup plus vicieuse…

En fort développement, ce mode de financement s’adresse particulièrement aux PME qui peinent, pour une raison ou pour une autre, à lever de l’argent sur les marchés.

Une augmentation de capital moyennant décote

Pour pallier cela, les intermédiaires financiers leur proposent un montage alternatif. Et je ne cesse de le critiquer, au point de refuser de m’intéresser aux dossiers qui y ont recours. Son nom ? Le PACEO. Les puristes, eux, préfèrent parler d’equity line. Derrière ces obscures appellations, se cache un programme d’augmentation de capital extrêmement vicieux dans sa conception.

Sur le papier, il s’agit ni plus ni moins de mandater un intermédiaire financier dans la perspective de réaliser des augmentations de capital, en plusieurs fois selon une période déterminée. Dans les faits, il confère à l’intermédiaire en question le droit de traiter l’opération avec une décote de l’ordre de 5% à 10%… Et c’est là que réside toute la perversité de ce montage…

Car il permet à ces « professionnels », sans scrupule aucun, de revendre dans la foulée les titres sur le marché, en récoltant, au passage, une plus-value certes faible en pourcentage, mais importante en valeur (le nombre de titres concernés est souvent très élevé).

Le petit actionnaire première victime du PACEO

Résultat ? Les petits actionnaires se retrouvent automatiquement dilués tandis que le titre est soumis à une forte pression baissière. C’est la double peine donc. Conséquence dramatique que ne mesurent pas forcément les boîtes qui y ont recours (Delta Drone, Abivax, Metabolic Explorer, Stentys, etc.).

Pourtant, il ne faut pas sous-estimer l’importance des petits porteurs, très souvent acteurs principaux de la vie boursière des petites capitalisations. Certes, l’AMF, a tenté de réguler ce procédé en émettant quelques recommandations mais, à mon sens, cela ne suffit pas. Il faut faire plus ! [Pour plus d’infos inédites sur les small et mid caps, c’est par ici!]

Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias, conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management, responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance, consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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Un commentaire pour “Non à la double peine PACEO !”

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