Nikkei : que nous apprend Kobé ?

Rédigé le 16 mars 2011 par | Autres indices Imprimer

Depuis le séisme de vendredi, les marchés décrochent. Après l’arrêt de plusieurs centrales nucléaires, l’épée de Damoclès d’un accident nucléaire plane au-dessus de l’archipel. Les politiques ne sont guère encourageants ; pour le Premier Ministre japonais, il s’agit de « la pire crise qu’ait connue le Japon depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. » Sachant que l’accident de Kobé avait coûté à l’époque 100 milliards de dollars, certains pensent même que la situation actuelle pourrait coûter 10 fois plus…

Après vous avoir mis en garde mardi matin sur l’évolution du S&P 500, un point sur la situation du Nikkei et sur la devise nippone me semble urgent.

◊ Le yen et l’obligataire : les valeurs refuges reprennent du service L’aversion au risque fait son retour. Qu’il s’agisse du yen ou encore de l’obligataire, tous les indicateurs vont dans le même sens.

Commençons par le Forex. Que sa contrepartie soit en dollar en ou euro, les implications sont les mêmes pour le yen : une forte remontée.

Graphique: EURJPY (en données journalières)Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Graphique: USDJPY (en données journalières)Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Par le jeu du carry trade, le yen risque d’accélérer à la hausse. En effet, 80% des cambistes débouclent leurs ventes de yen et provoquent un rachat massif de la devise. Cela peut vous sembler bizarre par rapport à la situation économique future du Japon, mais cette hausse est due uniquement à ce carry trade. Ce ne sont pas des achats francs, mais le résultat est le même : le yen remonte par rapport aux autres devises. Le potentiel d’appréciation est selon moi compris entre 5% et 10% par rapport aux niveaux actuels.

Sur l’obligataire, dans ce contexte à risque, la demande de papier devrait également se poursuivre à court terme. En conséquence, le rendement du 10 ans japonais (qui évolue en sens inverse des prix) devrait se détendre et revenir tutoyer le seuil des 1,05/1%.

Graphique: rendement du 10 ans japonaisPour agrandir le graphique, cliquez dessus

◊ Quel potentiel de baisse sur le Nikkei ? Le cas de Kobé en 1995… Un petit retour en arrière sur la situation de Kobé en 1995 apporte différents éclaircissements. Le premier constat est que le Nikkei avait chuté de plus de 20% dans les trois mois qui avaient suivi. En janvier 1995, le Nikkei s’échangeait autour des 19 500 points. En juin de la même année, il était revenu sur les 14 500 points !

Graphique: Nikkei (en données hebdomadaires)Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Pour autant, et c’est l’élément important : l’indice japonais parvenait à clôturer l’année proche des 20 000 points. Le creux de milieu d’année avait alors constitué une forte opportunité d’achat !

◊ Qu’en est-il aujourd’hui ?

Graphique: Nikkei (en données hebdomadaires)Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

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A l’heure où j’écris cet article, le Nikkei vient de chuter de plus de 16% depuis le début de la semaine. La sortie de range horizontal donne, selon moi, un objectif proche des 7 500 points. Le potentiel de baisse reste donc compris entre 10% et 15%. Pour autant, s’il ne faut évidemment pas se précipiter, je pense qu’il s’agira comme en 1995 d’une belle opportunité de revenir sur l’indice. Si l’histoire se répète, une clôture annuelle proche des 11 000 points est loin d’être impossible !

[Ndlr : +182% de performance cumulée au cours du seul mois de janvier 2011… 75% de recommandations gagnantes. Des gains de 49,6%, 23%, 30,5%, 31% en deux jours maximum par transaction…. Ne passez pas à côté de cette stratégie ultra-performante. Pour en savoir plus, cliquez ici]

Mathieu Lebrun
Mathieu Lebrun
Rédacteur en Chef d'Agora Trading

Mathieu Lebrun est analyste financier. Il commence sa carrière chez Fortis Banque pour intégrer la table de négociations sur devises au sein de la salle des marchés du groupe Natexis Banques Populaires. En 2004, il intègre un cabinet de conseil sur produits dérivés en tant qu’analyste technique et obtient son diplôme d’Analyste Technique délivré par la STA (Society of Technical Analysis).

Depuis près de 10 ans, il s’est forgé une solide expérience sur les marchés financiers. En juin 2013, il décide de créer un service de trading simple et efficace : Agora Trading. Pour ses abonnés, il combine à merveille sa lecture des différentes classes d’actifs et leur corrélation pour en tirer le meilleur. Vous pouvez ainsi vous positionner en toute simplicité, en exploitant des outils de trading ultra-efficaces, les certificats Turbos.

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