La BCE agite le chiffon des taux toujours plus négatif : les « bulls » s’emballent

Rédigé le 12 novembre 2015 par | Cac 40, Toutes les analyses Imprimer

Super Mario (Draghi) vient de s’exprimer depuis Bruxelles : les premiers mouvements de ses lèvres ont fait repasser en quelques secondes (j’exagère à peine) le CAC intraday de -0,8% à +0,2%. Sans plaisanter : le rebond des indices s’est accéléré dès qu’il a confirmé que les signaux conjoncturels se dégradaient, notamment au niveau de l’inflation qui « émet de nouveaux signes de fléchissement » qui l’éloignent des objectifs de la BCE (qui vise les 2% d’inflation).

Alors que l’économie européenne manifeste une certaine forme de « résilience » (sur fond de « redressement très progressif » ce qui veut dire, sans  langue de bois : « désespérément lent »), super Mario confirme que « la BCE va réévaluer sa stratégie en décembre »… et que le « QE » est voué à être étendu dans le temps si l’objectif des 2% d’inflation n’était pas atteint.

Or, cet objectif ne le sera pas, sauf colossale flambée du pétrole et des matières premières au cours des prochains mois, et encore, ce n’est même pas certain : par exemple, le Japon n’a même pas renoué avec les 2% d’inflation en 2008, quand le baril s’était envolé vers les 148$.

La patron de la BCE évoque la mise en œuvre de « nouveaux outils »… et tout le monde comprend qu’il s’agit de ressortir de la boîte celui dont il n’était plus question de faire usage, c’est à dire la fuite en avant vers des taux de prise en pension toujours plus négatifs.

Cela n’a jusqu’alors jamais eu aucune forme d’efficace sur l’inflation. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder ce qui se passe en Suisse alors que la BNS (la Banque Nationale de Suisse) a 3 longueurs d’avance sur la BCE en matière de taux négatifs : pas le moindre début de frémissement de l’inflation.

User compulsivement de cet outil monétaire (qui consiste surtout à spolier les épargnants tout en détruisant sa devise) est aussi efficace contre l’inflation que d’augmenter le nombre de coups de fouets pour faire chauffer une marmite.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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