Le Nasdaq : une nouvelle version de 9 semaines et demie ?

Rédigé le 7 mai 2009 par | Autres indices Imprimer

Puisque chaque jour qui passe renforce les investisseurs dans leur croyance en une perpétuation illimitée de la hausse (l’appétit pour le risque est à son zénith après huit semaines consécutives de progression), il nous est apparu logique de nous intéresser au Nasdaq qui cumule désormais un gain de +39,5% (soit 8% de plus que le CAC40) depuis son plancher des 1 265 pts du 9 mars dernier.

Le mouvement en cours est le plus puissant qu’ait connu ce marché électronique sur un laps de temps aussi court depuis sa création : en étant très optimiste, on pouvait tabler sur la matérialisation d’un rebond de +38,2% qui correspond à un des plus classiques des dérivés du ratio de Fibonacci… Mais c’était faire preuve de manque d’ambition puisque le Nasdaq Composite flirte désormais avec les +40%.

S’il apparaît clairement que l’ex-zénith du 4 novembre 2008 à 1 780pts constitue un rendez-vous graphique majeur avant que l’indice ne puisse s’attaquer à la résistance des 1 896 pts, le Nasdaq reste fragilisé par un gap laissé béant à 1 654 pts le 23 avril et ce dernier risque d’exercer sa « force de rappel ».

Les gains du Nasdaq des neuf dernières semaines écoulées sont seulement comparables aux rally haussiers de fin septembre à fin novembre 2001 (+45% en 11 semaines de progression dont 2 de consolidation) puis de mi-octobre à début décembre 2002 (+38% en neuf semaines de hausse, dont une seule de stagnation).

Et puisque nous en sommes aux comparaisons, les deux références historiques mentionnées ci-dessus sont de parfaits exemples de l’incapacité du Nasdaq à préserver des gains trop rapidement accumulés dans un contexte de dégradation conjoncturelle durable.

Les deux pics indiciels de fin 2001 et fin 2002 ont à chaque fois précédé un retour en force de la récession et du chômage aux Etats-Unis dans les six mois.

Mais restons optimistes. Lors de la rechute de mars 2003, le Nasdaq n’avait effacé que 50% de ses gains (contre -120% entre janvier et octobre 2002) bien que le PIB américain ait continué de reculer jusqu’au début de l’été 2003.

Si le même scénario se répétait, la correction ramènerait les cours vers 1 515/1 520 pts, c’est-à-dire bien au-dessus des planchers du 25 mars au 1er avril dernier.

[Ndlr : Philippe a une véritable mémoire des marchés, une expérience de plus de 20 ans qui en font un analyste hors pair, et qui lui permettent d’anticiper des tendances et des mouvements que les systèmes, outils et autres modèles mathématiques ne vous donneront jamais. Le 19 juin prochain, il vous exposera ses perspectives pour le deuxième semestre… et confrontera les fondamentaux de l’économie mondiale à ce que nous disent les outils techniques. Réservez votre place dès maintenant et découvrez le programme de cette journée de l’AT ici]

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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