Bons baisers de Hong Kong

Rédigé le 18 novembre 2010 par | Autres indices Imprimer

Tous les jours, et dès 16h00 au 0899 88 20 36* Philippe Béchade analyse pour vous les marchés, les rumeurs qui animent les salles de trading, et vous propose SA stratégie pour profiter ou contrer les mouvements boursiers.

Nous y sommes ! Les places occidentales viennent d’effacer en moins de 10 jours le terrain gagné depuis le 19 octobre dernier. Présentée comme cela, la correction boursière pourrait donner le sentiment que les bulls ont perdu tout espoir et décidé de « lâcher l’affaire ».

Les marchés s’accrochent à Bubble Ben
Même si nous sommes largement convaincus que la Fed orchestre sciemment le gonflement d’une série de bulles d’actifs, nous ne sommes pas convaincus d’assister à un véritable basculement de la tendance en vigueur depuis fin août/début septembre.

En effet, le marché ne va pas renoncer si facilement au mirage de la hausse éternelle des actifs que « Bubble Ben » tente d’entretenir avec son quantitative easing.

Prenons le Nasdaq, dont il était question lors de mon précédent Billet. Après six séances de consolidation, et malgré un repli de 1,75% mardi soir, l’indice électronique se stabilise juste au-dessus des 2 470 points, sauvant au cours du dernier quart d’heure son support oblique moyen terme.

Ce n’est pas un cas isolé. Le S&P a également lâché -1,62% le 16 novembre… Mais en clôturant à 1 178 points, il s’épargne in extremis l’enfoncement des 1 175 points, c’est-à-dire le plancher de son canal ascendant inauguré fin août.

La tendance haussière court terme (mi-octobre/début novembre) a cessé d’exister depuis notre précédente analyse, c’est un constat sans ambiguïté. Mais la tendance de fond, celle qui prévaut depuis le 25 août dernier n’est pas invalidée. Et pour cause : la Chine montre la voie, et les trading programs la suivent docilement.

La bulle haussière n’est pas encore remise en cause par les ordinateurs
Les trading programs veillent scrupuleusement à ce qu’une telle mésaventure ne se produise pas : quel que soit leur niveau de sophistication, ils respectent tous l’axiome selon lequel il est toujours plus payant d’entretenir la tendance sous jacente que d’anticiper un retournement. [Ndlr : ceci étant dit, en tant que contrarien, nous savons pertinemment que ce n’est pas comme cela que l’on s’enrichit. C’est au contraire en prenant les devants et en devançant les scénarios possibles que vous pouvez vraiment gagner de l’argent.]

Pour peu que le système financier procure indéfiniment des liquidités en excédent — ce qui est le cas depuis deux ans — le prix des actifs s’engage dans un processus de hausse somnambulique quasi irréversible.

Les algorithmes permettent de calculer l’angle optimal de progression des cours compte tenu des liquidités disponibles et de prédéfinir les niveaux d’intervention afin que les bornes du canal ne soient pas remises en cause en fonction des caprices de l’actualité du moment (sauvetage de l’Irlande, brusque repentification de +50 points de la courbe des taux sur les T-Bonds US) et qui n’est plus que l’écume des choses. C’est un univers de fous !

Les Chinois misent et relancent tant qu’ils gagnent
Mais l’essentiel se joue déjà ailleurs, avec une Amérique surendettée qui choisit la « fuite en avant » avec un recours dans des proportions suicidaires à la planche à billets. Car pour les marchés, l’essentiel c’est l’attitude du principal créancier des Etats-Unis : la Chine. Et c’est cela qui les intéresse en ce moment.

Les occidentaux oublient souvent à quel point les investisseurs chinois prennent la spéculation boursière pour une forme légale de jeu de casino. Mais, en même temps qu’un stock de dollars colossal, les Chinois semblent avoir hérité du même genre d’optimisme que les traders anglo-saxons. « Tout monte tant que… tout monte. »

Ces derniers voient toujours le verre boursier à moitié plein et considèrent que « le meilleur moment pour investir en Bourse, c’est quand on a de l’argent »… et nous savons tous qu’ils en regorgent. Mais cela ne garantit en rien qu’ils en fassent un usage plus avisé que les traders new yorkais.

Nous avons souvent attiré votre attention sur le fait que les indices chinois — ou ceux dont le comportement s’avère similaire en Asie — constituent de bons précurseurs de la tendance sur les places occidentales avec parfois deux ou trois mois d’avance.

Les excès spéculatifs ayant tendance a y être corrigés beaucoup plus tôt, comme si la connexion au réel était plus efficiente en Asie qu’en Occident.

Nous aurions donc pu consacrer notre Billet à l’indice SSE (le baromètre de la Bourse chinoise de Shanghai). Mais après la violente cassure des 15 novembre (-5%), 16 (-4%) et 17 novembre (-2%) et une chute verticale de -11% en une poignée de séances, l’essentiel du mouvement est fait — même s’il subsiste un potentiel de repli supplémentaire entre les 2 825 points et le support moyen terme des 2 725 points (MM100).

Graphique: SSE CompositeCliquez sur l’image pour l’agrandir.

L’évolution de l’indice Hang Seng (Bourse de Hong Kong) nous apparaît par contre plus intéressante parce que moins excessive et plus proche des standards occidentaux. Il pourrait bien nous montrer le chemin.

Suivez aussi le Hang Seng de près
Après une envolée de +22,5% entre 20 400 et 20 980 points, le Hang Seng a corrigé de -7% autour des 23 200 points, refermant au passage le gap des 23 222 points du 29 octobre. Il retrouve ainsi un bon palier de soutien graphique qui correspond à trois clôtures successives à ce niveau entre le 27 et le 30 octobre dernier. De son côté, le SSE de Shanghai ne retrace en revanche aucun support identifiable, si ce n’est peut-être la MM50 qui gravite vers 2 830 points… et c’est également le cas pour Hong Kong.

Graphique: Hong Kong

Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Tout comme les indices US évoqués en préambule, l’indice Hang Seng n’a pas enfoncé le plancher de son canal ascendant moyen terme (en traçant une oblique unissant les sommets d’août, d’octobre et de novembre puis une droite parallèle passant par le plancher du début du mois de septembre).

Un rebond en direction des 23 860 points (ex-zénith du 14 au 26 octobre) semble possible et c’est à partir de cette zone qu’une surveillance attentive devra être exercée.

Toute rechute du Hang Seng sous les 23 250 points validerait une structure de type « tête/épaules » avec un premier objectif à 21 800 points (MM100 et ex-zénith du 9 août) puis de 21 000 points.

C’est un objectif majeur, prédéterminé par la règle du balancier et qui correspond à un retracement classique de 50% de la hausse amorcée sur le palier des 19 000 points dès le 25 mai dernier. A quelques mois près, les indices occidentaux ont suivi le même shémas.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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