CRASSEDAQ: ange ou démon?

Rédigé le 14 septembre 2009 par | Autres indices Imprimer

Marc Mayor est expert en investissements éliminant le risque de marché. Retrouvez-le sur www.lecoindesinsiders.com/profits-garantis.html

En 2007, j’avais annoncé une chute probable des marchés, expliquant mon raisonnement. Ceux que j’appelais les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse se nommaient AMAZON.COM (AMZN sur le NASDAQ), APPLE (AAPL sur le NASDAQ), GOOGLE (GOOG sur le NASDAQ) et RESEARCH IN MOTION (RIMM sur le NASDAQ). Au cours de l’année en question, les deux premiers avaient doublé, le troisième avait progressé de plus de 50% et le dernier avait même triplé.

Outre ces folles progressions et évaluations, les pondérations respectives de ces quatre titres justifiaient, à elles seules, une bonne partie des gains d’indices plus larges.

Pourquoi les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse?

En raison des personnages dont la Bible prédit qu’ils chevaucheront avant la fin du monde. Sans trop entrer dans le détail, certains (dont je ne saurais faire partie) vont plus loin.

Le cavalier qui chevauche un cheval blanc serait le symbole de l’Antéchrist ; or APPLE, dont le symbole reste le fruit défendu (croqué), avait vendu son premier ordinateur, baptisé 666 (le nombre de la Bête), au prix de 666,66 dollars. Plus près de nous, l’iPhone (six lettres) a été lancé en juin (le sixième mois) à six heures du soir. Pourquoi ?

Enfin, le logo d’Apple Genius (fonction qui permet de trouver des chansons similaires à celles dans votre iPod, iPhone ou ordinateur Apple) ressemble comme deux gouttes d’eau à celui d’athéistes américains.

Au-delà de ce qui est probablement une série de coïncidences sans lien, sachons rester cartésiens et limitons-nous à dire que, lorsque les indices progressent parce qu’un petit nombre d’actions fait le bonheur de quelques traders tandis qu’une majorité d’autres fait moins bien que les indices, ce n’est en général pas très sain pour l’avenir.

La descente aux enfers annoncée aura finalement bien lieu. Le 29 septembre 2008, le jour de la fête de tous les anges et archanges selon mon calendrier (mais quelle importance?), l’indice Dow Jones chuta d’abord de 777 points (nombre divin pour celui se réfère aux saintes écritures); puis, en mars dernier, le Standard & Poor’s 500, indice phare des actions américaines, atteindra le prix plancher de 666, encore une fois par le plus pur des hasards, jusqu’à preuve du contraire.

Avant de prier les infirmiers de l’hôpital psychiatrique le plus proche de m’aider à enfiler une camisole, laissez-moi vous expliquer en quoi ces divagations sur les Quatre Cavaliers de la technologie vont peut-être nous aider à jauger les marchés actuels.

Les Quatre Cavaliers de la technologie : vision ou prémonition ?

Le 15 septembre 2008, le jour de Notre-Dame des sept Douleurs (en référence aux sept Douleurs éprouvées par la Vierge Marie), LEHMAN (six lettres, mais baste!) annonce qu’elle est en faillite, à la plus grande douleur des marchés. Ce sera le début d’un effort colossal de la part des responsables politiques et économiques de la planète en général, et des Etats-Unis en particulier, pour sauver le système bancaire global.

Depuis, aucun jour ne passe sans que le public soit averti du gouffre que représentent American International Group (AIG), Fannie Mae (FNM), Freddie Mac (FRE), Citigroup (C), CIT Group (CIT) ou encore Bank of America (BAC)…

D’où l’idée de créer un nouvel indice, le CRASSEDAQ, sorte de NASDAQ des titres financiers pourris comprenant un nombre égal d’actions de chaque société mentionnée ci-dessus. Loin de toute prophétie, nous voilà de retour dans un univers mathématique. Or, comme on le voit sur le graphique ci-dessous, ce nouvel indicateur a aussi bien permis, jusqu’ici, d’annoncer la chute que les rebonds consécutifs.

Le Crassedaq

Le CRASSEDAQ : l’indice de demain Pourquoi vous en parler aujourd’hui ? Tout simplement parce que le CRASSEDAQ, après avoir quadruplé en six mois, semble doucement s’essouffler.

Tout comme nos Quatre Cavaliers de l’Apocalypse, les titres composant le CRASSEDAQ représentent désormais plus d’un tiers des actions échangées sur le NYSE. Vendredi 28 août dernier, pour ces seuls six titres, il s’est échangé 2.53 milliards d’actions, soit environ 40% du volume de la vénérable Bourse de New York.

Qu’il s’agisse des traders qui jouent exclusivement ces titres et/ou les autorités qui tentent de soutenir le marché, tout cela ne présage rien de bon ; un retour vers le plancher de 666 points (correspondant à une chute de 36% depuis le niveau actuel) est-il à l’ordre du jour ?

N’étant ni ange ni démon, je ne suis pas dans le secret des dieux. Toutefois, un investissement éliminant le risque de marché semble se justifier plus que jamais, tout comme un money management se basant sur la science est à préférer à toute approche « pifométrique », une fois de plus. [Ndlr : vous pouvez aller plus loin dans la stratégie en lisant l’article de Marc Mayor sur les risques de marché et voir comment vous en débarrasser]

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Marc Mayor
Marc Mayor

Marc Mayor est le fondateur et président d’Inside ALPHA, une entreprise helvétique spécialiste des approches financières éliminant le risque de marché (investissements dits « ‘neutres au marché »). Depuis plus de 10 ans, Marc analyse avec humour et sagacité le comportement des initiés de la Bourse, notamment dans les colonnes de sa rubrique hebdomadaire « Le Coin des Insiders », qui paraît chaque vendredi dans le quotidien financier L’Agefi (Suisse).

Auteur à succès, il préside aussi un cycle régulier de conférences réunissant des investisseurs, tant professionnels que privés, notamment sur le thème des métaux (de base ou précieux) et de l’énergie (fossile, nucléaire ou renouvelable).

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