Ne jouez pas ces penny stocks

Rédigé le 10 juin 2011 par | Big caps Imprimer

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Analyste et rédacteur spécialisé sur les small caps __________________________________

Il y a quinze jours, j’avais commencé à expliquer aux lecteurs de ma newsletter Small Caps confidentiel (c’est gratuit, inscrivez-vous !) les opportunités que représentaient les penny stocks, ainsi que leurs risques. Je leur avais parlé de deux dossiers : S.T. DUPONT (FR0000054199 – DPT) et CIBOX INTERACTIVE (FR0000054322 – CIB).

Aujourd’hui, je vais vous parler de quatre autres penny stocks. Au risque de vous décevoir, je ne suis pas très « chaud » sur ces dossiers. Il semble que le marché valorise trop fortement certains titres ; remarquez, ce n’est pas nouveau.

Commençons par MINDSCAPE (FR0010257428 – ALMIN) Il existe différents éditeurs de logiciels. MINDSCAPE a décidé de se positionner sur celui des loisirs interactifs, essentiellement destinés aux consoles (70% du CA), aux PC (26%) et aux jeux en ligne et ventes de licences (4%). Vous voulez des exemples ? Eh bien si vous avez des enfants, vous connaissez certainement Lapin Malin ou Adibou. Vous avez aussi Hit Man (Blood Money) ou encore Dance Paradise. A priori, avec tous ces titres, la société devrait bien se porter… et pourtant…

Ce fut une année difficile pour l’éditeur français de logiciels et de loisirs interactifs. Son chiffre d’affaires a reculé de 15% sur l’exercice 2010/2011 à 27,3 millions d’euros (meros) alors qu’il était calculé sur une durée de quinze mois. C’est dire les difficultés dont fait preuve le groupe actuellement.

Sous l’impulsion de son nouveau président du directoire, Thierry Bensoussan, nommé il y a peu, le groupe a décidé d’arrêter son activité jeux vidéo.

Je suis extrêmement réservé sur la société, qui a creusé nettement ses pertes au S1 avec une perte nette de 13 meros. Et les résultats annuels, pas encore publiés, devraient également être très mauvais. Ajoutons à ce sombre tableau que l’action a été divisée par près de 20 par rapport à son introduction à 17,52 en novembre 2007 et vous comprendrez pourquoi je vous recommande de rester à l’écart de ce dossier.

Ne tentez vraiment rien sur l’action revenue à 0,97 euro (c’est pour cela qu’elle figure dans notre rubrique).

1855 (FR0004168243 – AL185) Ce chiffre ne vous dit sans doute rien mais c’est l’appellation boursière d’un distributeur français en ligne de vins haut de gamme à destination des particuliers. En 1855, Napoléon III classa les plus grands vins de Bordeaux – d’où l’appellation de la société en référence à cette année.

Est-ce le vin qui attise la spéculation ? Toujours est-il que l’action est très recherchée depuis le début de l’année avec une progression de 112,5% à 0,17 euro.

De plus, les volumes échangés chaque jour sont très étoffés. En cinq séances, il s’est échangé 20 millions d’actions, soit presque 9% du capital ! Il faut dire que le groupe se porte de mieux en mieux. 1855 a perdu quelque 5,4 meros en opérationnel sur les exercices 2008/2009 avant de gagner 0,53 mero l’an dernier. Reste à prouver maintenant que la société peut améliorer ses marges et être rentable en net.

Sa capitalisation actuelle est tout de même de 45 meros pour un CA estimé en 2011 de l’ordre de 20 meros selon les prévisions dévoilées il y a quelques semaines par la direction. Cette capitalisation actuelle s’explique en grande partie par les augmentations de capital à répétition (7 meros fin 2010 et 9 meros début 2010). Mais grâce à son positionnement, 1855 peut tout à fait intéresser un prédateur qui voudrait prendre place sur le marché. N’oublions pas que le groupe a une position assez complète dans le vin haut de gamme : 1855 pour les vins de luxe, Cave Privée pour les grands vignerons et ChâteauOnline sur le vin du terroir.

Cependant, un petit bémol : il est compliqué d’avoir un rendez-vous avec la direction en dépit de nombreuses relances téléphoniques. D’habitude, les dirigeants sont ravis de parler de leur société, surtout qu’ils savent que je suis susceptible d’en parler sur BFM. Etrange donc. Vous savez qu’avant tout conseil dans ma méthodologie, je désire voir les P-DG pour me faire une idée précise de la stratégie, qu’ils me la formulent d’eux-mêmes. Donc, je suis un peu refroidi sur ce titre.

_______________________________Pour vous aider dans vos trades________________________________

Il y a quelques jours, Total a annoncé une OPA sur Sunpower…

Conséquence immédiate : les investisseurs positionnés sur Sunpower ont gagné +50% !

Vous voulez faire pareil ? Ca tombe bien… nous avons déniché pour vous trois opportunités de fusions-acquisitions qui pourraient se révéler tout aussi profitable…

Pour vous positionner sans attendre, continuez votre lecture ! __________________________________________________________________________

AVENIR TELECOM (FR0000066052 – AVT) Dans le monde de la téléphonie, le groupe est très connu. C’est en effet l’un des principaux distributeurs européens de produits et de services de téléphonie mobile. Une activité qui semble toutefois marquer le pas. AVENIR TELECOM a en effet enregistré un chiffre d’affaires de 564,1 meros sur l’exercice 2010/2011, en repli de 1,2%. Les résultats (non publiés à ce jour) devraient marquer une nette amélioration par rapport à 2009/2010, qui avait été la première perte annuelle depuis six ans en raison de nombreuses dépréciations.

Au S1, le résultat net part du groupe s’est établi à 3,1 meros, en hausse de 33,7%. L’action, malgré un rebond de 26,6% depuis le 1er janvier, affiche un recul de 27,5% sur trois ans. Mais même à ce niveau, le titre me paraît encore très cher. En imaginant que le bénéfice net atteigne 7 meros sur l’exercice (hypothèse hausse), on obtiendrait un PER de 14, ce qui est excessif compte tenu de la faible rentabilité du groupe. En effet, avec 7 meros de bénéfice net, on obtiendrait une marge* nette de l’ordre de 1,2%. Bref, pas de quoi pavoiser… Restez à l’écart !

ADOMOS (FR0000044752 – ALADO) J’ai souvent parlé d’ACHETER-LOUER dans mes news sur small caps, mais rarement de son actionnaire principal ADOMOS. D’ailleurs, les deux sociétés ont le même P-DG : Fabrice Rosset.

ADOMOS est le leader francais dans la distribution par Internet d’immobilier d’investissement locatif à destination des particuliers. Une activité qui a connu un vrai trou d’air l’an dernier avec une perte nette de l’ordre de 3,2 meros et une perte d’exploitation de l’ordre de 1 mero. Comme me l’a indiqué Fabrice Rosset « Il nous a manqué une centaine de réservations pour atteindre l’équilibre d’exploitation. » C’est sûr que les interrogations et les incertitudes sur le programme fiscal n’ont pas aidé. Depuis l’annonce de ces pertes fin avril, l’action a perdu 23,8%, ce qui porte à 41,5% sa baisse depuis le début de l’année. Mais l’action se stabilise depuis quelques séances dans une fourchette entre 0,45 et 0,50 euro. Avant un nouveau redémarrage ?

Il est sans doute trop tôt pour jouer une reprise du titre. « Adomos réduit fortement ses coûts comme annoncé dans notre dernier communiqué. Nous espérons redevenir bénéficiaires au S2 » m’a confié Fabrice Rosset en début de semaine lors d’un entretien téléphonique. J’attends de voir…

*Décryptage : marge La marge correspond à la différence entre le prix d’achat et le prix de vente d’un bien ou d’un service.

 

Article publié pour la première fois dans Small Caps Confidentiel le 3 juin 2011.

 

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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