Miliboo : le pari de l’alliance du design et du high tech

Rédigé le 12 juillet 2017 par | Actions, Biotechs et Medtechs Imprimer

Les vacances ont à peine débuté que le bal des serviettes, accessoire indispensable en ces temps estivaux, bat déjà son plein sur les plages. Mais cette année, parmi tout ce flot de matière spongieuse, peut-être trouvera-t-on, pourquoi pas, un spécimen plus high tech qui permettra à votre voisin du jour de recharger son smartphone tout en écoutant tranquillement le dernier hit de l’été.

Si mon exemple est volontairement de saison, il s’inscrit toutefois dans une tendance beaucoup plus large et à la croissance bien nourrie : l’Internet des Objets (IdO). En effet, pour le bureau d’études Gartner, on comptera 8,4 milliards d’objets connectés d’ici à fin 2017 – soit +31% par rapport à 2016 – et ils seront plus de 20 milliards en 2020.

Une stratégie axée sur les meubles connectés

Et, comme tout bon dénicheur de tendance de croissance qui se respecte, j’ai bien entendu cherché à en savoir plus. Le sujet est vaste, donc, pour commencer, j’ai choisi de rencontrer Guillaume Lachenal, le P-DG et fondateur de Miliboo (FR0013053535), un spécialiste de la vente en ligne de meubles contemporains.

Nous avons donc parlé de meubles mais surtout de meubles connectés. Pour Guillaume Lachenal, le pari de Miliboo est simple : devenir un spécialiste du secteur. Et, pour ce faire, il compte notamment sur Ekko, son miroir intelligent. Hors tension, il ressemble à n’importe quel autre miroir… mais une fois allumé et connecté au Wi-Fi, il vous propose de nombreuses autres fonctionnalités (météo, musique, vidéos, entre autres).

Ce produit, dont je vous laisse le soin d’apprécier l’utilité, a reçu un « Innovation Award » lors du dernier CES – événement majeur en matière d’innovation technologique grand public qui se tient chaque année à Las Vegas. Il y a quelques semaines, il était également présent au salon Vivatech, à Paris porte de Versailles – rien à avoir avec le salon maison et décoration donc.

Si le sujet des meubles connectés est intéressant, il faut bien le reconnaître, dans le cas de Miliboo ce positionnement a un coût, essentiellement lié à un accroissement des dépenses marketing. Sur l’exercice 2016-2017 par exemple, il a fallu notamment payer différentes campagnes d’affichage dans le métro parisien…

La rentabilité en ligne de mire

Si les coûts sont conséquents, la direction, comme me l’a assez martelé Guillaume Lachenal, reste tout de même très concernée par sa rentabilité : « Nous voulons rapidement dépasser l’équilibre avec une montée en gamme de nos produits, notamment grâce à un miroir connecté, nouveau produit sur lequel nous fondons beaucoup d’espoir. »

Pour ce faire, et compte tenu de sa structure de coûts, Miliboo doit dégager plus de 20 M€ de CA – c’est sur ce niveau qu’il commence à rentrer dans ses frais et gagner de l’argent. Mais, problème, le secteur de l’ameublement est extrêmement concurrentiel, les marges y sont assez faibles ; particulièrement sur Internet… Du coup, le groupe est encore assez loin du compte.

Pour se donner les moyens d’y parvenir et renforcer son maillage sur le territoire français, le spécialiste de la vente en ligne a ouvert une boutique, physique, à Paris rue Réaumur. Il devrait en ouvrir une seconde à Lyon d’ici à la rentrée. L’idée ? Répondre à la demande des clients qui souhaitaient juger ses produits sur pièce. Ne vous attendez donc pas à des ouvertures en pagaille, ce n’est absolument pas l’idée. Pas de franchises non plus à espérer : « Nous n’avons pas vocation à nous ouvrir à la franchise. Nous souhaitons simplement posséder quelques boutiques en propre. Et c’est tout. »

Pour l »international, Miliboo prévoit des lancements commerciaux au Royaume-Uni et en Allemagne ainsi que l’ouverture d’un bureau aux Etats-Unis. Le groupe par ailleurs bien géré : sa trésorerie nette, de l’ordre de 3,5 M€, lui permettra certainement de mener à bien les quelques axes de développement en ligne de mire.

Mili… GO ?

Tout porte donc à croire que Miliboo est bien engagé pour corriger ses comptes. D’ailleurs, sur l’exercice 2016-2017, on relève déjà une certaine amélioration : le CA a progressé de 13,4%, à 17,5 M€ (donc sous les 20 M€ dont je vous ai parlé plus haut) alors que la marge brute est passée de 51,9% à 58,3%…  Mais, et c’est bien là le problème, les pertes sont encore d’actualité : la perte d’exploitation s’est réduite de moitié, passant de 2,3 M€ à 1,1 M€, mais le marché a retenu une perte.

Du coup l’action reste en berne. « C’est évident, l’évolution de notre cours de Bourse est assez décevante », note Guillaume Lachenal. Introduit à 4,21€ en décembre 2015, le titre cote actuellement sous les 3€…

Scor en données hebdos Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Malgré tout l’intérêt qu’il peut avoir, le dossier n’intéresse pas vraiment les investisseurs. Il faut dire que sa capitalisation de l’ordre de 13,5 M€ et son faible flottant (à peine 10%), ne plaident pas en sa faveur.

Le flottant est vraiment problématique, raison pour laquelle je ne peux même pas la recommander dans mes lettres. Malgré tout, avec une VE/CA inférieure à 0,5 aux cours actuels, il a tout de même un bon potentiel de rattrapage boursier.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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