Mieux vaut doubler que prier ou couper

Rédigé le 11 mars 2015 par | Apprendre la Bourse, Toutes les analyses Imprimer

Quelle est votre stratégie face à une position perdante ? Vous priez pour qu’elle remonte ? Vous prenez votre perte ? Ou alors vous appliquez sans le savoir la stratégie gagnante et validée par la science qu’aujourd’hui je décrypte pour vous ? Si c’est le cas, vous pourrez surperformer jusqu’à 15% en rythme annualisé. Laissez-moi vous expliquer comment cela est possible.

Face à une position perdante, il existe tout d’abord la stratégie dite « ne rien changer et attendre que ça passe ». Elle donne de meilleurs résultats lorsqu’elle est pratiquée sur une longue période, comme le fait par exemple Warren Buffett. Cette tactique requiert du sang-froid (qui peut assez rapidement devenir suffocant). Elle a aussi l’inconvénient de ménager un suspens à peu près total (on ne sait jamais vraiment si la perte ne va pas se creuser encore et encore…)

En revanche, l’incertitude est complètement éliminée par la deuxième réaction classique face à une position perdante : prendre sa perte et passer à autre chose. On sait précisément ce qu’on perd et on sait tout aussi précisément qu’on ne perdra pas davantage (au moins sur cette transaction). Un aspect plus douloureux de cette stratégie est qu’elle élimine définitivement aussi tout potentiel de gain. L’investisseur éternellement optimiste aura donc du mal à s’y résoudre.

Ce n’est pas par optimisme, mais par opportunisme qu’est pratiquée la troisième approche possible face à une perte latente, celle qui nous intéresse aujourd’hui : le double down.

Comme son nom l’indique, cette stratégie consiste à doubler la mise sur une position perdante. En clair, à racheter deux fois plus d’une action qui a baissé. A moyenner à la baisse, si vous préférez. L’étude* que je détaille aujourd’hui montre notamment que les gérants de hedge funds surperforment lorsqu’ils exécutent un double down sur des positions qui ont évolué contre eux.

De manière plus précise, un portefeuille constitué d’actions américaines sur lesquelles des gérants de hedge funds ont renforcé leurs positions après des baisses de cours génère une surperformance annualisée comprise entre 5% et 15%, pour un niveau de risque identique.

Le plus intéressant est l’explication derrière cette stratégie. Contrairement à ce qu’on peut imaginer, les gérants ne jouent pas un simple retour à la moyenne (« ce qui a baissé finit par remonter »). La stratégie ne découle pas non plus d’informations privilégiées qui auraient permis à ces gestionnaires de miser sur une reprise.

Non, la véritable cause de cette surperformance, la voici : les gérants de hedge funds veulent conserver leur boulot. L’explication est la suivante : en renforçant leurs positions perdantes, les gestionnaires mettent davantage de poids sur des titres qui ont donné de piètres résultats jusqu’ici. S’ils le font, ils ont alors franchement intérêt à avoir raison, car le risque de perte s’accentue et la probabilité qu’il se fasse virer du coup aussi.

De fait, pour calmer les ardeurs de leurs supérieurs, la majorité optent plutôt pour du « window dressing » : ils coupent leurs positions perdantes (voir la réaction classique 2 deux ci-dessus) et se positionnent à l’achat sur des titres qui ont récemment bien performé. Et comme ça, le résultat est moins risqué à court terme et la probabilité de se faire remonter les bretelles diminue. Même si la surperformance se trouvait, au final, dans le « double down »…

Enfin, poursuit l’étude, ces gains sont d’autant plus importants que les pertes ont été profondes. Là encore, ceci est dû au fait que les gérants sont sensibles aux niveaux de baisse. Même quand une action recule pour des raisons non fondamentales (le marché est en baisse dans son ensemble, par exemple), ce qui suggère que le recul sera probablement passager, les gérants sont d’autant plus réticents à ajouter du capital à cette position perdante qu’ils ont déjà subi des pertes sur cette action dans le passé.

Les conclusions de cette recherche ne sont finalement pas surprenantes, n’est-ce pas ? Les pertes passent toujours mal, y compris (surtout ?) dans les hedge funds. Ça en devient même une habitude : ce qui compte, c’est le court terme. Bien sûr, c’est affligeant comme vision, mais c’est pourtant la triste vérité de notre époque où tout le monde court dans tous les sens sans se poser les vraies questions. Si on décide de se positionner à l’achat sur un titre, pour de bonnes raisons, pourquoi paniquer lorsque celui-ci perd un peu de sa superbe ? N’est-ce pas le moment idéal pour en racheter davantage à meilleur prix ?

Pour les investisseurs, ceci implique évidemment d’avoir une stratégie complète, qui se base sur des fondements théoriques solides, validés par une analyse empirique détaillée. Et ensuite, comme toujours, la clé réside dans la capacité de chacun à tenir le cap, coûte que coûte. Vous aurez beau avoir la meilleure stratégie au monde dans les mains, si vous avez la tête dans le guidon et/ou vos tripes qui vous jouent des tours à chaque soubresaut des marchés, vous n’obtiendrez rien d’autre que du stress, et au final des pertes sur la durée.

La stratégie que nous dévoilons dans notre formation repose d’ailleurs sur les mêmes bases. La discipline est le véritable moteur de la réussite. Car, pour ce qui est de la méthode enseignée, elle ne nécessite aucune connaissance particulière en finance. Il suffit d’appuyer 16 fois par an sur un bouton (achat/vente), selon un calendrier préétabli. Même un enfant de 8 ans peut y parvenir.

Et pourtant. Cette stratégie simplissime, lorsqu’elle est bien suivie, a généré une performance moyenne de plus de 20% par an sur le marché français au cours de ces 27 dernières années. Un gain qui n’est finalement que le résultat de l’application stricte d’une méthode d’investissement. Ou qui en dit long sur ce que coûte le manque de discipline de certains investisseurs.

Mais, attention, je tiens à signaler que si notre approche académique de l’investissement suscite chez vous un quelconque intérêt, je vous recommande de ne pas trop tarder. Notre offre actuelle   prendra fin le vendredi 27 mars à minuit, date à laquelle nos prix augmenteront de manière significative.

Etes-vous prêt (psychologiquement) à suivre une stratégie basée sur les dernières recherches scientifiques ? Pour y répondre, posez-vous la question : est-ce vos tripes ou votre cerveau qui parlent ?

* L’étude mentionnée dans cet article, et bien d’autres encore, peut être consultée en vous enregistrant sur notre page spéciale “Agora”.

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sylvainfrochaux
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Directeur de la recherche chez Straight from The Lab

Sylvain Frochaux est le directeur de la recherche chez Straight from The Labet fondateur de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/). Il est surnommé par ces pairs le « Japonais blanc » de la finance, en raison de son caractère jusqu’au-boutiste et de son parcours de vie.

Après des études brillantes à HEC Lausanne (où il finit premier de sa volée, avec notamment une thèse de master en économétrie financière), il se dirige vers le Japon pour y effectuer son doctorat. De retour en Suisse, il devient responsable de l’analyse financière et de la recherche académique pour le quotidien financier L’Agefi.

En 2009, il quitte le journalisme pour créer le groupe Straight from The Lab (https://ra113.infusionsoft.com/go/sftl/Agora/) qui a pour objectif de rendre accessible, aux investisseurs privés, les dernières recherches en finance. En 2013, après trois ans de recherche, il lance avec son équipe le service Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/), une solution d’investissement basée exclusivement sur l’analyse scientifique des marchés. Unique en son genre, cette stratégie fournit aux investisseurs un portefeuille clé en main, avec une garantie de performance (minimum 50% en cinq ans).

Toutes les études mentionnées dans les articles signés par Sylvain Frochaux peuvent être consultées en vous enregistrant sur la page commune des Publications Agora et de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so-agora/Agora/).

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