Micropole reste prudent sur l’avenir (et nous aussi)

Rédigé le 11 avril 2012 par | Mid et Small Caps Imprimer

Vous savez que cela fait plus de 10 ans que je rencontre des présidents de sociétés cotées… J’en connais certains bien, d’autres très bien.

C’est notamment le cas de Christian Poyau, P-DG de MICROPOLE (FR0000077570 – MUN), un spécialiste de la business intelligence, et ex-président de Croissance Plus entre 2002 et 2004.

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Je me rappelle qu’il y a exactement 10 ans, j’étais intervenu en qualité de modérateur lors d’une réunion de cette association pour présenter un aréopage de dirigeants à un parterre de membres de Croissance Plus.

Depuis, j’ai toujours gardé de bonnes relations avec Christian Poyau, qui est très actif pour promouvoir et pour défendre nos PME… Il n’est d’ailleurs pas rare que lors de nos réunions en one to one, nous abordions aussi bien les thèmes politiques qu’économiques, et que nous râlons tous deux… Bref. Vous imaginez bien l’idée. Christian est un entrepreneur ouvert sur le monde et pas simplement centré sur son entreprise.

Nous avons donc déjeuné ensemble hier, mardi, dans un grand hôtel parisien car je voulais l’interroger sur ses résultats annuels.

Mais déjà, que je vous présente l’activité de MICROPOLE. Je vous disais plus haut qu’elle oeuvrait dans la business intelligence. Cela peut vous sembler ésotérique alors prenons quelques exemples.

Elle audite par exemple les tableaux de bord des magasins pour Decathlon, ou encore travaille à l’élaboration d’un référentiel de tarifs pour faciliter la mise en ligne des offres clients dans les meilleures conditions et les meilleurs délais pour Voyages-Sncf.com. Ses concurrents sont KEYRUS (FR0004029411) et BUSINESS ET DECISION (FR0000078958), dont je vous ai souvent parlé.

MICROPOLE présentait donc ses résultats annuels. Ils sont assez quelconques je dois dire, sans pour autant être catastrophiques. Le résultat d’exploitation a progressé de 5% à 6,6 millions d’euros mais dans le même temps le chiffre d’affaires a augmenté de 18% à 120,8 millions d’euros.

Cela veut dire que la marge opérationnelle est passée d’un an sur l’autre de 6,2% à 5,5%, en baisse donc. « Nous avons une croissance de nos effectifs de 1,3% avec une baisse de 0,7% de notre taux d’activité et un recul de 0,8% de notre taux journalier moyen, le fameux TJM. C’est ce qui explique notre dégradation de la marge opérationnelle » m’explique Christian.

Le résultat net a chuté pour sa part de 12% à 3,7 millions d’euros, entraînant un recul de la marge nette de 4,1% à 3,1%. « Cette dégradation est due à des écarts de change importants ainsi qu’une augmentation de la charge d’imposition sur la France » conclut-il, finalement assez décontracté et pas inquiet de la chute de son titre en Bourse.

MICROPOLE a en effet perdu 10,2% hier à 1,15 euro dans un volume représentant à peine 0,7% de son capital. Autant dire qu’il n’y a absolument pas eu de ventes paniques. J’appelle une vente panique une baisse de 15% à 20% avec des volumes énormes, quand les gérants, par exemple, se mettent à vendre à tout-va.

Pour le futur, MICROPOLE maintient sa stratégie sur l’international, qui représente environ 25% de son chiffre d’affaires. Des emplettes ont été réalisées l’an dernier en Belgique mais également en Chine avec l’acquisition en juin dernier d’Easteq, devenue Micropole China.

MICROPOLE a encore largement de quoi faire des emplettes avec une situation financière très saine : des capitaux propres de 58 millions d’euros et une dette nette de 3,9 millions d’euros — un gearing* de 6,6% en somme, ce qui, vous en conviendrez, est très faible.

Alors oui, 2012 a démarré de façon difficile. Il y a eu des retards de paiement de la part des grands clients, que sont essentiellement les grandes entreprises : « Sur janvier et février, notre encours clients dépassait les 5 millions d’euros ce qui est beaucoup » souligne le P-DG.

De plus, il y a des retards sur certains projets d’investissement. Il faut dire que MICROPOLE est très présent dans la banque assurance (32% de son chiffre d’affaires) ou encore dans les médias télécoms (14% de son CA)… deux secteurs qui souffrent en ce moment. Est-ce de là qui vient le danger pour la société ?

« Je me refuse à donner des guidances sur l’exercice car il y a trop de paramètres à prendre en compte » indique Christian Poyau, qui se veut prudent. Avec sa baisse d’hier, MICROPOLE est revenue à une valorisation boursière de 29,9 millions d’euros ; son PER ressort maintenant à 8 aussi bien sur 2011 que sur 2012.

Je pars en effet du principe que les résultats du groupe seront stables cette année, ce qui est assez conservateur mais prudent étant donné la conjoncture actuelle. Si l’on prend maintenant le ratio VE/ROC qui est l’un des ratios les plus utilisés dans le secteur, on retombe sur un niveau inférieur à 6.

Bref, voilà un titre pas très cher, mais avec peu de perspectives sur l’année et une activité fortement présente dans des secteurs en difficulté… Je ne suis pas super optimiste, même si c’est une belle société. Donc si vous souhaitez la jouer, attendez quand même que les marchés actions stoppent leur glissade pour entrer au plus bas. A noter que le flottant atteint 65% car les fondateurs de MICROPOLE n’ont que 21% du capital.

* Décryptage : gearing
Le gearing est le ratio d’endettement sur fonds propres. C’est un très bon indicateur pour juger de la solidité d’une entreprise. Plus ce ratio est élevé, plus l’entreprise est endettée, plus elle doit payer des frais financiers et plus elle peut être bridée dans sa stratégie de croissance externe.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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6 commentaires pour “Micropole reste prudent sur l’avenir (et nous aussi)”

  1. Bonjour Monsieur, merci pour ce billet. Il y a un sujet sur lequel j’aimerais beaucoup votre éclairage: la balance commerciale de la France s’est dégradée de façon dramatique, et d’aucuns mettent cette évolution négative sur le compte de l’euro. Pourtant au niveau microéconomique, quand on parle aux chefs d’entreprise, la plupart semblent attachés à l’euro. Quel est l’avis de ceux que vous cotoyez? El le votre?
    Bien cordialement,

  2. […] Je rencontre la direction à midi pour faire un point précis sur le groupe. AKPC_IDS += "10588,"; […]

  3. […] le P-DG de MICROPOLE (FR0000077570), Christian Poyau, se refusait à donner la moindre guidance la semaine dernière […]

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  5. […] vous ai présenté ce spécialiste de la business intelligence à l’occasion de la publication de ses résultats annuels. La prudence était de […]

  6. […] spécialiste de la business intelligence, que je vous ai présenté il y a quelques semaines suite à la publication de ses résultats annuels, perd encore 4,8% et se retrouve ainsi à 0,99 […]

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