En cas de dérapage, Michelin pourrait gommer 60% de sa hausse

Rédigé le 3 juillet 2009 par | Big caps Imprimer

Un journaliste vedette de CNBC, qui s’enthousiasmait fin juin pour la multiplication apparente des signaux de reprise et voyait les bourgeons (les green shoots) se teinter d’un vert éclatant, n’évoque plus désormais « que de tout petits signes » (some very tiny little signs).

◊ Ces petits signes qui en disent long…

Nous aussi nous détectons « de tout petits signes » : il s’agit de la propension de nombreuses valeurs du CAC40 à dessiner l’ébauche d’une configuration baissière de retournement de tendance bien connue et qui a pour nom tête/épaules.

Nous n’aurions que l’embarras du choix puisqu’une bonne douzaine de poids lourds du SRD ont déjà enclenché la marche arrière et se trouvent confrontés au risque d’un dérapage imminent à la baisse… Mais nous avons en quelque sorte la chance de pouvoir relier les signaux baissiers à des éléments fondamentaux qui apportent de la densité au scénario de consolidation potentiel.

Nous avons évoqué « poids lourds, marche arrière, dérapage »… Il va être question, vous pouviez le deviner, du manufacturier de pneumatiques : MICHELIN.

◊ Moins de kilomètres parcourus, donc moins de pneus vendus !

La conjoncture dans le secteur des utilitaires est carrément dépressionnaire. Avec une chute spectaculaire du nombre de kilomètres parcourus dans le monde, et plus particulièrement aux Etats-Unis (de l’ordre de -15 à -17%), les ventes de camions et de semi-remorques sont en chute libre (de l’ordre de -80% chez General Motors).

Sur le front des véhicules légers, la barre psychologique des 10 millions d’immatriculations n’a pas été atteinte au mois de juin aux Etats-Unis. Les ventes de GM se sont effondrées de 33,6%, celles de Chrysler de 42%, celles de Nissan de 23% et celle de Toyota (le leader mondial ainsi que sur le continent américain) de 32%. Les stocks d’invendus demeurent pléthoriques et s’ils sont en cours de résorption, c’est aux prix d’un chômage technique massif.

Michelin est donc loin d’avoir achevé sa convalescence et demeure à l’état végétatif. La reprise du rythme des ventes de pneus va s’avérer très lent aux Etats-Unis et le marché plus lucratif du renouvellement risque de stagner à des niveaux historiquement très bas. Logique, quand 25% de la flotte ne circule et que le kilométrage parcouru par les particuliers ne cesse de se réduire.

◊ Michelin a été suracheté

Michelin a vu son cours doubler entre 22,7 euros et 45,4 euros entre le 9 mars et le 2 juin et cette hausse excède de très loin les retombées positives de l’amélioration prévisible du secteur automobile.

Le titre a plafonné à quatre reprises sous les 41 euros (résistance technique formée par la MM50) avant d’entamer un pullback en direction du récent plancher des 38/38,6 euros (du 26 au 30 juin).

Une E/T/E (épaule/tête/épaule) baissière inscrite sous 46,20 euros (zénith intraday du 2 juin) pourrait être rapidement validée par une cassure du plancher des 38 euros (établi le 23 juin) avec les 35 euros (MM100 et MM150) en ligne de mire.

◊ Les bancaires : indicateur avancé du marché

Mais aujourd’hui, après plusieurs mois de purge, comment se porte le secteur bancaire ?

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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