Messieurs les patrons de small caps, ne donnez pas le bâton pour vous faire battre !

Rédigé le 17 avril 2012 par | Mid et Small Caps Imprimer

Si vous lisez souvent mes analyses ou mes news – que ce soit sur le site ou sur twitter – vous remarquez que j’emploie souvent le terme de « guidance » qui est un anglicisme assez utilisé dans notre jargon financier.

De quoi s’agit-il ? Tout simplement des prévisions ou encore des perspectives émises par les sociétés lors de leurs traditionnelles réunions d’analystes ou de leurs présentations de résultats, par exemple.

A quoi servent-elles ? Lorsque vous êtes coté en Bourse, vous êtes attendu au tournant, bien sûr lors de la publication de vos résultats mais également sur vos perspectives. Aux Etats-Unis, par exemple, les grandes entreprises publient en marge de leur publication de résultats leurs prévisions chiffrées et calibrées de leurs activités et bénéfices futurs. La France a moins ce culte de la prévision et nos small caps ne font pas exception à cette règle française. Elles sont nombreuses à ne pas vouloir trop s’avancer.

Ainsi, le P-DG de MICROPOLE (FR0000077570), Christian Poyau, se refusait à donner la moindre guidance la semaine dernière lors de notre rencontre ; la raison ? Une conjoncture trop difficile à cerner. C’est un acte de prudence, que je comprends largement ; d’ailleurs, je vais vous faire un aveu… lorsque j’étais chez Euroland Finance, je disais aux dirigeants de boîtes que je coachais d’en dire le moins possible sur leurs perspectives afin que la transparence ne se retourne pas contre eux par la suite. Car, supposons une entreprise qui prévoit une marge opérationnelle de 10% sur l’exercice en cours. Finalement, en raison d’événements exogènes, elle ne réalise que 8%… La sanction risque d’être terrible. Primo, l’action va dévisser en Bourse. Secundo, le chef d’entreprise aura perdu une bonne partie de sa crédibilité alors qu’il voulait faire preuve de transparence !

Vous allez me dire que je suis bien gentil avec mes exemples mais que franchement, 2% de marge en plus ou en moins… qu’est ce que cela change ? Et bien cela change beaucoup de choses dans la mesure où la modélisation boursière n’est plus la même quand on dégage 8% ou 10% de marge. La valorisation boursière peut alors varier. C’est donc pour cela que je préconisais de ne rien dire à la communauté financière en termes de prévisions… Aux gérants, aux analystes ou aux journalistes de faire leurs calculs en fonctions des éléments fournis ! mais ne donnons surtout pas de prévisions chiffrées, surtout dans le monde des small caps qui n’est pas celui des grandes entreprises.

Prenez une société comme CYBERGUN (FR0004031839), le leader mondial dans la réplique d’armes factices. Elle n’a pas atteint ses objectifs de chiffre d’affaires annuel (85 millions d’euros contre 90 millions d’euros annoncé) et verra son EBITDA* se situer dans une fourchette comprise entre 7 et 9% contre 10% initialement prévu. La sanction a été terrible en Bourse avec une chute du titre supérieure à 20% la semaine dernière. Je connais très bien Jérôme Marsac, le P-DG de la boîte… Je ne pense en aucun cas que c’est un menteur ou un manipulateur… Simplement il a voulu bien faire en étant le plus précis possible et tout cela s’est retourné contre lui car il est extrêmement difficile de vouloir maîtriser l’avenir, surtout quand il s’agit de prévisions chiffrées.

Si vous dites qu’il fera sans doute beau sur la Côte d’Azur en août, vous avez peu de chances de vous tromper. Si vous vous engagez à prévoir qu’il fera 32°C le 13 août, vous avez plus de chances de vous tromper. Donc plus vous rentrez dans la prévision chiffrée, plus vous vous heurtez à des éléments endogènes et exogènes qui peuvent être très vite caduques.

Le problème est le même pour nos gouvernements qui font des prévisions de croissance intenables et provoquent des dérapages budgétaires importants.

Messieurs les dirigeants (je parle des dirigeants de small caps, pas de ceux qui nous gouvernent), si vous me lisez, ne donnez pas le bâton pour vous faire battre ! Donnez peut-être des évolutions conjoncturelles mais ne rentrez pas dans des données chiffrées. Cela peut vous être préjudiciable et, croyez-moi, il est très difficile de retrouver de la crédibilité lorsqu’on a déçu une fois… très difficile.

_____________________Pour vous aider dans vos investissements
« Les petites valeurs pourraient bien être les grandes gagnantes des plans de rigueur.
Les mesures pleuvent sur la Bourse mais ne douchent pas à égalité grosses et moyennes valeurs. Tout cela nous permet donc d’envisager l’avenir sereinement… « 

Notre spécialiste Jean Chabru a en effet toutes les raisons d’être optimiste car il a élaboré une méthode exclusive qui vous permet de vous positionner exclusivement sur les 15% de leaders du marché des mid&small caps.

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* Décryptage : EBITDA
Abréviation du terme anglo-saxon « Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation, and Amortization » (résultat avant frais financiers, impôts, dotations aux amortissements et provisions). Comme son nom l’indique, il met en évidence le profit généré par l’activité sans tenir compte des conditions de son financement (les charges financières), de la fiscalité (impôts et taxes diverses), du renouvellement de l’outil d’exploitation (amortissements) et des risques (provisions). L’EBITDA se rapproche de l’excédent brut d’exploitation utilisé en France, sauf que ce dernier intègre la fiscalité.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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4 commentaires pour “Messieurs les patrons de small caps, ne donnez pas le bâton pour vous faire battre !”

  1. […] Mais, franchement, dans la conjoncture actuelle, si vous affichez des objectifs trop hauts, vous passez pour un rigolo et on se demande si vous n’êtes pas plus un joueur de poker qu’un chef d’entreprise… On est donc prudent chez SOLUCOM ou l’on prévoit également une croissance organique légèrement positive. Comme je vous l’ai expliqué, c’est une bonne stratégie que de ne pas s’avancer sur des résultats. […]

  2. […] de communication est un exercice de haute voltige. Comme je vous l’ai déjà dit, l’exercice est à double tranchant. Si en septembre, vous avancez des prévisions de marge opérationnelle et que six mois après vos […]

  3. […] je vous donne des niveaux sur fin 2013, je suis bien trop hostile aux prévisions à douze mois. Si j’ai toujours critiqué le principe des guidances, ce n’est pas pour m’employer aujourd’hui à ce genre de prévisions qui, selon […]

  4. […] je vous donne des niveaux sur fin 2013, je suis bien trop hostile aux prévisions à douze mois. Si j’ai toujours critiqué le principe des guidances, ce n’est pas pour m’employer aujourd’hui à ce genre de prévisions qui, selon […]

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