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Méfiance : les arbres ne montent pas au ciel

Par Philippe Béchade09 Mar 2012

Tous les jours, et dès 16h00 au 0899 88 20 36* Philippe Béchade analyse pour vous les marchés, les rumeurs qui animent les salles de trading, et vous propose SA stratégie pour profiter ou contrer les mouvements boursiers.

La BCE a réussi à permettre aux places européennes d’égaler la plus longue série haussière (onze semaines) inscrite par Wall Street grâce à l’action de la Fed pour doper les indices US.

Mario Draghi est un « ancien de chez Goldman ». Et cela se lit dans la confiance inoxydable affichée par les opérateurs dès qu’il est question d’une injection massive de liquidités (avec les deux LTRO successifs) dont le montant global ressort strictement conforme aux anticipations des marchés. (Quel hasard !)

En ce qui concerne la progression non stop du CAC 40, elle n’est que le reflet d’une évolution rectiligne des principaux indices US : des objectifs semblent avoir été prédéterminés et seuls certains initiés – accompagnés des suiveurs systématiques – peuvent acheter et rester en position bull à ces niveaux, et après déjà six semaines de hausse.

Jusqu’en 1996 le record était une séquence de sept gains hebdomadaires avant que ne survienne immanquablement un épisode correctif.

Vous observerez symétriquement que les séries baissières n’ont encore jamais dépassé les six semaines de suite (de début juin à mi-juillet 2008)… à l’exception du krach rampant survenu de mi-juin à fin septembre 1998 (onze semaines de repli consécutif).

Un piège baissier

La correction qui semblait s’amorcer ces derniers jours aura finalement piégé beaucoup de chartistes. les conditions techniques n’étaient pas plus suspectes ou alarmantes au soir du lundi 5 mars qu’à l’entame des cinq ou six semaines précédentes… et les gérants qui agissent majoritairement comme des day traders depuis des années ne voyaient plus aucune raison d’exclure qu’une douzième semaine de hausse ne succèdera pas à une onzième.

Les chartistes prétendent que le « marché à de la mémoire »… Mais ils ne s’étonnent pas qu’il l’ait perdue à dix reprises ces deux derniers mois : dix résistances franchies sans que le CAC 40 marque jamais le moindre temps d’hésitation, jusqu’à rejoindre les 3 514 points. Notons au passage qu’il s’agit d’un seuil qui ne constituait ni un objectif graphique (pas de résistance à ce niveau), ni technique, comme aurait pu l’être le comblement du gap des 3 522 points du 2 août 2011.

D’où le grand étonnement des opérateurs mardi en voyant le CAC 40 enfoncer d’un même élan le support court terme des 3 440 points (MM20) puis celui des 3 415 points puis le palier des 3 393 points (plancher du gap resté béant à 3 393 points depuis le 16 février dernier).

« Les petites valeurs pourraient bien être les grandes gagnantes des plans de rigueur. Les mesures pleuvent sur la Bourse mais ne douchent pas à égalité grosses et moyennes valeurs. Tout cela nous permet donc d’envisager l’avenir sereinement… »

Notre spécialiste a en effet toutes les raisons d’être optimiste car il a élaboré une méthode exclusive qui vous permet de vous positionner exclusivement sur les 15% de leaders du marché des mid&small caps !

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Que veut dire ce repli de 3,5% de mardi dernier ?

Notez qu’à l’inverse, il n’y a jamais de surprise lorsqu’un marché gouverné par la surliquidité progresse de façon somnambulique, sans respecter le moindre palier de résistance graphique et en contradiction totale avec l’actualité macro-économique ou géopolitique. Avec la routine haussière instaurée par les banques centrales, la paresse intellectuelle s’installe, le sens critique s’assoupit et les investisseurs se transforment au fil du temps en purs traders. Cette forme d’approche du marché impose de ne pas raisonner, de ne pas anticiper les retournements de tendance… et si la tendance est haussière, il faut « acheter tous les creux ». Et c’est là que réside la grande difficulté pour les gérants : comment déterminer s’il faut payer le marché chaque fois qu’il recule de 1% à 2% ou s’abstenir de le faire au nom du principe consistant à ne pas tenter de rattraper un couteau qui tombe. Et mercredi, dès l’enfoncement des 3 440 points, c’est le principe numéro 2 qui a prévalu !

Nous en tirons l’enseignement suivant : dès que le repli dépasse -1,5 ou -1,6%, le marché ne considère plus qu’il s’agit d’une « consolidation » (opportunité d’achat) mais d’une « correction » (fuir le risque, solder les positions intraday, couvrir les portefeuilles).

Le soir même, Wall Street a sorti les aérofreins pour contenir la baisse des indices US à -1,6% afin d’éviter le genre de basculement qui avait dévasté l’EuroStoxx 50. L’opération s’avère un succès puisque les indices US n’ont pas tardé à effacer la moitié de leurs pertes et « l’appétit pour le risque » a rapidement ressurgi.

Méfiance : les arbres ne montent pas au ciel

Pour le CAC 40, cela s’est traduit par l’ouverture d’un gap à la hausse au-dessus des 3 993 points… et c’est la seconde fois en moins de quatre semaines que l’indice parisien s’envole au-delà des 3 410 points en laissant un trou béant dans le continuum des bougies quotidiennes. Etrange coïncidence ! Comme s’il y avait une sorte d’attraction exercée par le seuil des 3 450 points, immédiatement rejoint ce 8 mars, tout comme le 16 février dernier.

Alors méfiance : il n’y a aucun exemple depuis 2007 de brusque correction de 3,5% survenant en fin de parcours haussier qui n’ait pas validé un retournement de tendance moyen terme se soldant par une correction de 12 à 15% au minimum.

Donc un CAC 40 remonté au contact des 3 450/3 460 points, constitue une véritable opportunité d’achever la couverture des portefeuilles avant une glissade de l’indice en direction du gap des 3 231 points du 16 janvier dernier.

*1,35 euro par appel + 0,34 euro / minute.
Depuis la Belgique : composez le 09 02 33110, chaque appel vous sera facturé 0,75 euro / minute.

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Philippe Béchade

Rédacteur en Chef de la lettre Pitbull

Philippe Béchade rédige depuis dix ans des chroniques macroéconomiques quotidiennes ainsi que de nombreux essais financiers. Intervenant quotidien sur BFM depuis mai 1995, il est aussi la ‘voix’ de l’actualité boursière internationale sur RFI depuis juin 2002. Analyste technique et arbitragiste de formation, il fut en France l’un des tout premiers ‘traders’ mais également formateur de spécialistes des marchés à terme. Rédacteur aux Publications Agora, vous trouvez chaque jour ses analyses impertinentes des marchés dans La Chronique Agora.

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