MAUNA KEA : mon rendez-vous avec Sacha Loiseau

Rédigé le 3 mai 2012 par | Apprendre la Bourse Imprimer

Malgré la hausse de 155% de son chiffre d’affaires au T1, MAUNA KEA a chuté lourdement récemment, passant de 11 euros à un plus bas de 9,11 euros.

-17% en quelques séances sans aucune mauvaise nouvelle pourtant : la consolidation des marchés est à l’oeuvre. Mais comme vous allez le voir, j’attends un beau rebond sur le titre.

Comme je vous l’avais promis, j’ai donc passé un long moment la semaine dernière avec les dirigeants de MAUNA KEA TECHNOLOGIES (FR0010609263). L’état-major est très bon et les produits de qualité. Cela peut être une vraie success story. Voici le compte-rendu de ma réunion, ainsi que mon analyse.

« Nous sommes issus d’une famille de créateurs d’entreprise. Mon grand-père a créé les téléviseurs Schneider, mon père a eu un groupe de presse avec notamment Psychologie Magazine ».

C’est par ces mots que se présente à moi Sacha Loiseau, fondateur et directeur général de MAUNA KEA TECHNOLOGIES. L’homme n’est pas à proprement parler un autodidacte — il a, à son palmarès, un doctorat d’astrophysique agrémenté par un diplôme de Polytechnique… Et, en 2000, il décide de créer MAUNA KEA — qui est une medtech au même titre que CARMAT ou encore STENTYS.

Mais si vous me lisez régulièrement, vous savez que je ne suis pas fan de ces titres pour lesquels j’ai du mal à estimer la valorisation et le potentiel.

Cette valeur biotech pourrait vous rapporter jusqu’à 300% de gains !

Elle s’apprête en effet à commercialiser une nouvelle molécule au second trimestre 2012, et cela pourrait révolutionner le traitement du cancer. Nos spécialistes sont formels : ACHETEZ !

Tous les détails sur cette molécule qui pourrait aider des millions de patients souffrant de certaines formes de cancer, vous attendent ici…

MAUNA KEA a créé le Cellvizio, le plus petit microscope au monde basé sur une minisonde, et utilisé lors d’endoscopies afin d’obtenir une imagerie microscopique.

« Pour l’instant, le Cellvizio est utilisé essentiellement en gastro-entérologie pour déceler les cancers correspondants, mais l’idée est également de le développer pour les problèmes pulmonaires ou l’urologie »précise Sacha Loiseau qui a déjà installé 218 Cellvizio dans le monde.

Car oui, à la différence de CARMAT ou de STENTYS, le produit de MAUNA KEA est déjà commercialisé… « Notre potentiel est colossal car j’estime que notre marché de base est de l’ordre de 100 000 unités réparties dans le monde entier. »  Avec 218 microscopes installés, le potentiel de progression est ENORME donc.

Et MAUNA KEA est déjà un groupe international. Son chiffre d’affaires est réparti entre les Etats-Unis (58%), l’Europe (28%), le Moyen-Orient (10%) ou encore l’Asie (4%).

L’activité semble vraiment décoller même si elle reste encore assez faible. L’an dernier, son chiffre d’affaires a progressé de 24% à 5 millions d’euros… Mais le début d’année est tonitruant : son activité progresse de 155% sur le premier trimestre à 1,5 million d’euros. MAUNA KEA est bien sûr pour l’instant déficitaire avec une perte de 7,9 millions d’euros.

Mais c’est normal dans ce genre d’activité, surtout que la société est en plein phase de développement, et engage beaucoup de dépenses en R&D (46% du chiffre d’affaires) tandis que le poste marketing et ventes atteint 125% du chiffre d’affaires.

Mais le dirigeant est conscient et réaliste : « Nous allons encore perdre de l’argent cette année mais nous devons encore structurer l’équipe commerciale avec l’embauche d’environ 25 commerciaux. Par ailleurs, il faut également financer de nouvelles études cliniques sur des applications existantes et futures » m’explique-t-il, avant de me préciser qu’il n’a pour l’instant dépensé que 4 des 56 millions d’euros levés lors de l’introduction en Bourse l’an dernier.

Je ne sens pas d’ailleurs une frénésie de dépenses inconsidérées dans la bouche des dirigeants, que ce soit de la part de Sacha Loiseau ou bien d’Eric Cohen, son vice-président en charge des finances — que j’ai bien connu lors de l’introduction en Bourse d’HYBRIGENICS dont il était alors directeur financier.

Avec une marge brute de 68%, le groupe a beaucoup d’atouts pour réussir.

Et un événement est passé inaperçu ces dernières semaines, ce que ne comprend pas Sacha Loiseau : « Nous avons obtenu trois codes CPT pour l’utilisation du Cellvizio dans les voies digestives aux Etats-Unis, ce qui veut dire tout simplement qu’un remboursement est très probable aux Etats-Unis pour les actes sous Cellvizio ». Oui, cette très bonne nouvelle n’a pas été saluée par le marché.

Avec la levée de fonds et l’entrée d’investisseurs institutionnels au capital, Sacha Loiseau ne détient plus que 6% de la société qu’il a créée. Creadev, qui n’est autre que le fonds de la famille Mulliez, détient 18% de la medtech, idem pour Psilos, un fonds américain et Seventure en détient 5%.

Le titre pèse actuellement 132 millions d’euros sur l’Eurolist B.

« L’action est même éligible au SRD long only. Le volume moyen échangé par jour est de l’ordre de 38 723 titres » indique Sacha Loiseau. Vous allez me dire… Une capitalisation de 132 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros… C’est énorme. Je suis d’accord avec vous, sauf que c’est une medtech et il ne faut donc pas raisonner sur 2011 mais sur 2014 ou 2015 (c’est là toute la difficulté de l’exercice d’ailleurs). Et là le potentiel peut-être important.

« Vous voyez, Eric, dans notre secteur, les transactions se font sur des multiples de 10 fois le chiffre d’affaires »me rappelle Eric Cohen, le directeur financier. Il me semble donc, dans ces conditions, que le pari est intéressant car cette medtech a déjà du chiffre d’affaires et a déjà vendu des appareils.

Encore une fois, ce que j’aime c’est que nous ne sommes pas comme dans CARMAT avec une valorisation stratosphérique sans aucun chiffre d’affaires. MAUNA KEA me semble être une société d’avenir et qui commence à faire du chiffre.

Première parution dans Small Caps Confidentiel du 26/04/2012.

 

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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