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Qui du match Macron/Le Pen a convaincu les marchés ?

Rédigé le 4 mai 2017 par | A la une, Europe Imprimer

Qui a remporté la confrontation des idées ? Qui a su convaincre de sa stature présidentielle ?

La réponse aurait pu provenir des transactions hors séance (sur les futures) après le débat… Mais les cotations ont repris à 0h01 avec un CAC40 parfaitement inchangé à 5 300 points.

Cela dit, il se peut que les spectateurs étrangers aient décroché dès la neuvième minute, une fois le débat placé sur le terrain du dénigrement réciproque, des éléments de langage bien appris, et des « c’est celui qui dit qui est ».

Oui, ces 10 premières minutes avaient placé la barre très bas… Les deux protagonistes n’ont eu de cesse d’abaisser le niveau au cours des 2h30 suivantes.

Cette confrontation fut un calvaire, tant sur le plan technique où chacun a débité son lot de contre-vérités ou de présentation partiale ou partielle des problématiques, que sur le plan formel (c’est-à-dire l’image que chacun a cherché à renvoyer de l’autre).

Si seulement le quart du tiers des accusations de malhonnêteté intellectuelle, de mépris des intérêts des citoyens, de complaisance pour ce que notre pays peut produire de plus vil et de plus rance sont vraies, alors la France est assurée de perdre toute crédibilité économique, diplomatique, philosophique… Fort heureusement, la question des compétences culinaires n’a pas été abordée, sans quoi la France aurait également perdu toute crédibilité gastronomique.

Les commentaires d’après débat témoignent de l’ampleur d’un naufrage politique, éthique et intellectuel sans précédent depuis 40 ans.

Si les marchés arboraient une telle sérénité après le débat, c’est peut-être grâce à la conviction que finalement, ni l’un ni l’autre ne gouvernera, soit parce que pas élu, soit parce que privé de majorité aux législatives. Il en résulterait une situation « à la belge » où le pays ne fonctionna jamais aussi bien que privé de majorité et de gouvernement capable d’appliquer un programme.

Toujours sur la base des commentaires couvrant l’ensemble du spectre politique sur les réseaux sociaux, on peut redouter que le futur premier magistrat du pays tombe sous la barre des 10% de satisfaits avant la Toussaint, partant d’un capital d’adhésion réel ne dépassant pas 20% auprès de l’électorat appelé à se déterminer au second tour.

Tout ce qui précède ne constitue nullement une invitation à s’abstenir ou voter blanc… mais plutôt à se préparer à un scénario politique qui va requérir perspicacité, esprit analytique et « vision large ».

Tout le contraire de ce qui a constitué l’essence du débat de mercredi soir…

Côté marchés, puisqu’il faut en parler aussi…

Pas de huitième record d’affilée pour le Nasdaq, pas de tendance à Wall Street, et pas de message de la part de la Fed. Le communiqué final du FOMC n’évoque pas la réduction de la taille de son bilan (4 500 Mds$) et minimise le tassement à 0,7% de la croissance US au premier trimestre (qui devrait n’être que temporaire, bien évidemment).

Comme souvent lorsque les investisseurs renoncent à prendre position, l’activité du marché se concentre sur les GAFA.

Quatre fois par an, et immanquablement au lendemain de la publication de ses trimestriels, la plus titanesque des GAFA (Apple) devient l’épicentre incontournable de l’activité boursière et pèse souvent plus de 10% des échanges en termes de capitaux négociés à Wall Street.

La règle a été respectée une fois de plus : 45 millions de titres Apple ont été échangés, soit 6,6 Mds$ de transactions… Le titre finit quasi inchangé, ce qui « sauve » le Dow Jones, ressorti du rouge à quelques minutes de la clôture.

Faute de directionnel sur les marchés US, faute de flux… l’inspiration aurait pu jaillir d’une fulgurance d’un des candidats à la présidentielle… mais nous n’avons eu que du vide.

DEBAT

Cela dit, vu l’orientation du CAC40 ce matin (+0,70% à 5 335 points à 10h00) et de l’OAT (le 10 ans est stable), cela ne fait nul doute dans la tête des opérateurs que Macron est déjà le grand gagnant.

Donc rien ne change fondamentalement par rapport à l’analyse de Franck Rougeot, d’hier, que vous pouvez lire de nouveau ici.

Plus que 3 jours… Dans quelques jours, nous irons voter… et il sera trop tard pour vous positionner sur les 3 valeurs « spécial Présidentielles » sélectionnées par Eric Lewin.Allez-vous manquer cette opportunité ? Jusqu’à +190% de gains potentiels sont à la clé : agissez vite — cliquez ici.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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