Marchés actions : la survalorisation redistribue les cartes

Rédigé le 16 novembre 2017 par | Actions, Big caps Imprimer

La survalorisation chronique du marché actions se poursuit… Comme je vous l’ai déjà expliqué, cela exacerbe la volatilité des small caps. Et de manière plus générale, ce sont les valeurs les plus chères qui sont, actuellement, les plus malmenées en Bourse. Et ce, même si leurs publications battent le consensus !

Legrand bat le consensus, le titre flanche

Pour preuve, prenons un cas récent : Legrand (FR0010307819), le leader mondial des infrastructures électriques et numériques.

Le 7 novembre dernier, le groupe a publié des chiffres de très bonne facture sur 9 mois : son CA a progressé de 7,7%, à 4 Mds€ pour un bénéfice net part du groupe en hausse de 11,4%, à 474,3 M€.

Au vu de ces résultats, la direction a décidé de revoir ses objectifs annuels à la hausse, tablant désormais sur une croissance organique comprise entre 2% et 3% (contre 0% à 3% initialement) avec une marge opérationnelle qui devrait s’inscrire entre 19,8% et 20,1% (contre 19,3% et 20,1% initialement).

Franchement vous connaissez beaucoup d’acteurs du monde industriel, capable de dégager une telle rentabilité ? Moi pas.

CAC40

Pourtant, après cette annonce et malgré cette révision à la hausse, le titre a flanché… Legrand était sur ses plus-hauts historiques, avec une progression de l’ordre de 113% en 5 ans. Et que dire de ses ratios ? Ils sont trop élevés, avec un PER de 25 sur 2017 ou encore de 22 sur 2018.

Survalorisation : des exemples à la pelle

Actuellement, il n’en faut pas plus pour déclencher une vague de prises de bénéfices. Et les exemples sont nombreux.

L’Oréal (FR0000120321) aussi a battu le consensus, avec ses 5,3% de croissance organique. Mais, étant donné que le titre se paye 28 fois ses bénéfices, il est difficile pour l’investisseur de jouer une nouvelle poussée haussière.

Alors, certes, en tant que leader mondial des cosmétiques, la troisième capitalisation du CAC40 (105 Mds€ de valorisation) peut tout à fait se payer sur des multiples très élevés, mais nous entrons dans ce cas de figure dans des modèles de survalorisation.

Bref, gardez donc bien en tête que, dans le contexte actuel, le comportement des opérateurs a changé : ce n’est parce qu’une publication est bonne, ou même très bonne, qu’elle poussera nécessairement son titre à la hausse. Actuellement, la tendance profite aux prises de bénéfices.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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