Marchés actions : ne commettez plus ces deux erreurs !

Rédigé le 14 septembre 2011 par | Big caps Imprimer

Ce n’est pas parce que l’actualité boursière reste déprimée qu’il faut baisser les bras. Voici deux petits conseils – ou plutôt deux erreurs à ne pas commettre ou à ne plus jamais commettre.

PREMIERE ERREUR : « le marché est très bas, il faut acheter » A entendre bon nombre de « spécialistes », il paraît que puisque les marchés actions ont fortement corrigé, ils seraient bon marché.

En fait, ils n’ont pas corrigé. Ils se sont brutalement et impitoyablement reconnectés à une tendance structurellement baissière depuis juin 2007 et l’ancien plus-haut des 6 168 points sur le CAC 40.

N’écoutons plus ces « spécialistes » qui voyaient le CAC à 10 000 points en septembre 2000. Ces spécialistes se sont obstinés depuis dix-huit mois à situer l’évolution du CAC entre 4 500 (pour les plus pessimistes) et 5 500 pour les plus optimistes. Je parie de mon côté, depuis septembre/décembre 2010, sur un niveau d’indice à 2 500 points fin 2011 et au-delà. Cela correspondrait à retour sur les niveaux de mars 2003 et mars 2009. Je prépare d’ailleurs en ce moment un papier qui confortera ces anticipations baissières à la lumière d’explications économiques et extra-économiques.

En réalité, les marchés continuent à se tromper lorsqu’ils considèrent que la prime de risque des actions est suffisamment importante aujourd’hui. Ceci conduit naturellement de nombreux spécialistes de la valorisation actions à nous parler – et plus encore aujourd’hui avec la baisse des marchés – de « l’attractivité des actions » car la prime de risque supportée par cette classe d’actifs serait devenue colossale. En gros : le risque serait déjà intégré dans les cours, et les actions sont trop peu chères.

Rappelons que la prime de risque est la différence entre le rendement anticipé des actions et du taux d’intérêt sans « risque ». Il est vrai qu’avec des taux longs d’emprunts d’Etat entre 2% et 2,5% servant à étalonner les bénéfices futurs, on ne peut que conclure naïvement à la sous-évaluation des actions. Le problème, néanmoins, est de savoir quel est le taux long qu’il faut utiliser pour valoriser une action de la zone euro en 2011.

Si l’on prend des taux à terme (dits forward) ou encore des taux à terme avec une prime de risque liée à l’aversion au risque, ou si l’on prend le taux moyen des emprunts d’Etat de la zone euro, voire celui des obligations émises par les banques ou par des entreprises très cycliques, l’histoire n’est plus la même et la sous-évaluation n’est plus si flagrante.

Et, à ce stade, vous n’avez même pas encore pris en compte les évolutions réglementaires et prudentielles qui vont décourager l’investissement en actions. Ceci va certainement continuer à peser sur l’offre de certaines actions des secteurs banques et assurances compte tenu des besoins de recapitalisation attendus.

PREMIERE CONCLUSION : non décidément, et en dépit de la violente baisse constatée depuis un mois, je ne suis pas sûr que les actions soient si bon marché.
SECONDE ERREUR : les marchés se trompent de modèle de croissance pour les bancaires J’ai déjà souvent écrit que l’idée selon laquelle l’investissement en actions s’inscrit dans la durée (car vous achetez des perspectives bénéficiaires d’entreprises qui finiront bien par générer un retour sur investissement) est tout simplement devenue absurde. Alors exit les conseils que l’on prodigue à tout nouvel investisseur en Bourse en lui faisant comprendre que l’on finit toujours par revoir son cours !

Demandez aux investisseurs de la bulle technos-médias-télécoms ce qu’ils pensent de leurs investissements en 2000 sur Alcatel (plus-haut historique de 97 euros contre 2,4 euros aujourd’hui), sur France Télécom (plus-haut historique de 219 euros contre 13 euros aujourd’hui) et sur Vivendi (plus-haut historique de 140 euros pour un cours de 16 euros aujourd’hui).

Quand les marchés se trompent sur la valorisation du modèle de croissance et donc sur les valorisations des entreprises phares de ce modèle, il n’ y a, au contraire, aucune chance de revoir son cours.

L’erreur des marchés au début des années 2000 a été de croire que l’économie virtuelle allait remplacer l’économie béton, industrielle et de services traditionnels.

Les marchés se sont également trompés dans leur valorisation du secteur bancassurance en 2004/2006 en sous-estimant dramatiquement les risques systémiques : ils n’ont pas anticipé l’impact des subprime en 2006/2007, ni des risques souverains périphériques en zone euro en 2009/2011 et ils ne voient pas les risques qui pèseront peut-être demain sur d’autres souverains non-périphériques en zone euro et hors zone euro.

Aujourd’hui, ils ignorent complètement les évolutions réglementaires (accélérées d’ailleurs par l’accroissement du risque systémique) Bale 3 et Solvency 2 qui mettront sous pression le business model bancaire par exemple avec une baisse des positions de transformation, une hausse du coût de la liquidité et des fonds propres. Tout ceci va ralentir la progression du produit net bancaire et donc celle du résultat net courant.

De la même façon que les TMT qu’étaient Alcatel, Vivendi et France Télécom ne reverront jamais plus leurs cours de 2000 (pour cause d’erreur sur la valorisation du modèle économique de l’époque), les grandes valeurs bancaires ne retrouveront jamais plus leurs cours de 2006/2007 pour cause là aussi d’évolution du contexte économique et réglementaire dans lequel les banques sont désormais rentrées depuis 2008.

SECONDE CONCLUSION : contrairement à une idée répandue, il se peut qu’un investisseur en actions ne revoit jamais ses cours d’entrée. Et je connais un nombre important d’actions qui sont très vraisemblablement dans ce cas.

_______________________________Pour vous aider dans vos trades________________________________

ATTENTION : IL NE VOUS RESTE QUE 16 HEURES !

Dès ce soir, les inscriptions seront closes…

Le 16 septembre 2011 marque notre Jour de l’Or, avec de nombreux intervenants dans tous les domaines de l’investissement aurifères : or physique, or papier, minières, pièces, risques, fiscalité… nous ne laisserons rien au hasard.

Le nombre de places pour cet événement exceptionnel diminue de jour en jour : n’attendez pas pour réserver la vôtre !

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Mory Doré
Mory Doré
Economiste

Mory Doré est un professionnel des marchés financiers depuis plus de 20 ans ayant exercé différentes fonctions dans plusieurs grands groupes bancaires : économiste de marché ; trader et arbitragiste sur produits dérivés de taux d’intérêt ; trésorier et responsable de l’allocation des excédents de fonds propres ; responsable gestion financière.

Aujourd’hui, il est responsable du département des risques financiers dans un grand groupe bancaire mutualiste.

Durant ces 10 dernières années, il est un interlocuteur privilégié de la gestion financière et des risques financiers de son établissement auprès de différentes instances et institutions : commissaires aux comptes, Commission bancaire, Comité d’audit et Comité d’entreprise.
Il possède un diplôme de statisticien économiste de l’école nationale de la Statistique et de L’Administration économique ainsi qu’une maîtrise d’Econométrie de l’Université de Bourgogne (Dijon).

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